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Arieh Worthalter dans le film "Le Procès Goldman" © Moonshaker

“Le Procès Goldman” : un drame judiciaire électrisant sur Ciné+ OCS

Dans les années 70, le Procès Goldman va susciter l’attention des médias et de l’opinion publique. Accusé de vols à main armée et de meurtres, Pierre Goldman, gangster et militant d’extrême gauche, a-t-il été victime d’une erreur judiciaire et de dérives policières ? Cédric Kahn reconstitue les moments-clés du procès d’appel dans un film rediffusé sur Ciné+ OCS. La critique et l’avis de Bulles de Culture. 

Synopsis :

En novembre 1975, débute le deuxième procès de Pierre Goldman (Arieh Worthalter), militant d’extrême gauche, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Il clame son innocence dans cette dernière affaire et devient en quelques semaines l’icône de la gauche intellectuelle.

Georges Kiejman (Arthur Harari), alors jeune avocat, assure sa défense. Mais très vite, leurs rapports se tendent. Goldman, insaisissable et provocateur, risque la peine capitale et rend l’issue du procès incertaine.

Le Procès Goldman teinté de racisme et d’antisémitisme ?

L’affaire Pierre Goldman a tenu en haleine la France des années 70 pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Pierre Goldman était une figure médiatique en raison de son militantisme d’extrême gauche, mais aussi de son lien de parenté avec Jean-Jacques Goldman. Le militant et gangster est en effet le demi-frère aîné de l’auteur-compositeur-interprète. Son deuxième procès, qui s’est déroulé entre novembre 1975 et mai 1976, a attiré l’attention du public et des médias, remettant en exergue les problèmes de racisme et d’antisémitisme pouvant exister dans notre pays.

Le long-métrage Le Procès Goldman, réalisé par Cédric Kahn, retrace fidèlement le deuxième procès Goldman. Il a été sélectionné comme film d’ouverture de La Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2023. Le film se concentre sur le huis clos étouffant et passionnant du procès, dépeignant les complexités d’une figure qui dénonce les dérives d’une police/justice des années 1970.

Une affaire Dreyfus bis

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Arieh Worthalter, Arthur Harari dans le film “Le Procès Goldman” © Séverine Brigeot – Moonshaker

Par certains aspects, ce Procès Goldman nous rappelle la célèbre affaire Dreyfus, qui avait duré 12 ans. Celle-ci avait divisé la France et l’opinion publique, et pris une ampleur internationale. Scandale XXL, sans doute le plus grand de la fin du XIXe siècle et l’un des pires scandales de la République tout court, avait mêlé erreur judiciaire, antisémitisme et déni de justice. L’affaire Goldman est-elle une affaire Dreyfus bis ? C’est la question que nous pose le film de Cédric Kahn.

Car si Pierre Goldman reconnait ses trois premiers vols à mains armées, il clame haut (et très fort !) son innocence quant au meurtre des deux pharmaciennes. Condamné en première instance, l’appel se déroule dans une ambiance volcanique, entretenue par le caractère impétueux et provocateur de l’accusé.

Malgré les recommandations de ses avocats, Me Chouraki et Me Georges Kiejman (le futur Garde des Sceaux de François Mitterrand), il défie les institutions judiciaires par ses refus de répondre aux questions, ses traits d’humeur et ses traits d’humour.

Intelligent, mais aussi maniaco-dépressif, voire bipolaire, Goldman a du mal à se contenir. Il dénonce le racisme et l’antisémitisme de la police. Ovationné par des représentants des minorités, honni par les policiers, il suscite de nombreux mouvements de foule dans la salle d’audience.

Dans cette ambiance sulfureuse, le président du tribunal affiche tout son professionnalisme. Le procès est d’autant plus difficile à mener qu’il faut faire preuve de la plus grande objectivité face aux brillants avocats. L’un, Maître Garaud, ténor du Barreau, défend les parties civiles et saisit toutes les opportunités pour prouver le caractère subversif de Goldman. L’autre, Maître Kiejman, jeune avocat talentueux,  s’appuie sur l’absence de preuves formelles et sur les négligences de la police pour “sauver” son client. Il rappellera aussi, bien sûr, le grand principe du droit français sur la présomption d’innocence.

De nombreuses zones d’ombre

Au fil du Procès Goldman, le bras de fer entre Me Garaud et Me Kiejman s’intensifie. Goldman prend à parti Me Garreau et le traite publiquement de raciste et d’antisémite… au grand dam de Me Kiejman. Jusqu’à la dernière minute Me Kiejman hésite à faire jouer une corde sensible : Goldman, comme lui sont des juifs polonais d’origine, et gardent en eux tous les traumatismes de leur enfance.

Notre avis ?

Hormis une introduction décevante qui tient plus de la série TV, le film Le Procès Goldman est très réussi : des interprétations de grande qualité, des plans larges et des portraits de toute beauté. Ce huis clos plein d’enseignements nous tient en haleine jusqu’au bout.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 27/09/2023
  • Distributeur : AdVitam
  • Distinctions : César, Lumières et Magritte 2024 du Meilleur acteur pour Arieh Worthalter
  • Le Procès Goldman est diffusé sur Ciné+ OCS le samedi 3 mai 2025 à 20h50
  • Le film est proposé en streaming et en replay sur myCANAL
Claude Versein

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