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Eva en août affiche film critique avis

Critique Fema La Rochelle 2022 / « Eva en août » (2019) de Jonás Trueba

Eva en août de Jonás Trueba est diffuséau Festival La Rochelle Cinéma 2022 alors qu’une rencontre avec le réalisateur est prévue mercredi 6 juillet à 11h30 au Théâtre Verdière. La critique et l’avis sur le film. 

Cet article vous est proposé par le chroniqueur Cédric Lépine.

Synopsis :

Au mois d’août à Madrid, alors qu’une grande partie des habitants a fui la ville en raison des fortes chaleurs, Eva (Itsaso Arana) a décidé de rester et occupe l’appartement d’un ami. En quête d’elle-même, plusieurs rencontres vont accélérer son cheminement.

Eva en août : immersion dans l’esprit estivant

Au sein de la rétrospective intégrale de Jonás Trueba diffusée au sein de la 50e édition du Festival La Rochelle Cinéma, Eva en août (2019), son cinquième long métrage, est celui qui a révélé en France Jonás Trueba. Dans ce film, il se concentre pour la première fois sur un personnage féminin coécrit avec l’actrice Itsaso Arana qui interprète la protagoniste, sous l’influence tutélaire du Rayon vert (1986) d’Éric Rohmer. Le film de Trueba est une écriture à l’envers du film de Rohmer puisqu’Eva préfère rester en ville plutôt que partir comme la majorité des habitant.es de la capitale. Dès lors, son choix permet au réalisateur de faire un portrait quasi documentaire de la ville madrilène avec la réalité sociologique précise d’un été où différentes processions religieuses et des concerts de musiques laïcs occupent l’espace public.

Film Eva en août critique avis photo
© Arizona Distribution

Eva est dès lors aussi cette ville et les deux portraits, la ville et la jeune femme, sont interdépendants l’un de l’autre. Ainsi, Eva qui semble isolée socialement, ne se rattachant pas à une famille ou encore à un ensemble de personnes qui l’enracine dans un quotidien, fait d’elle un être en errance comme un être vierge de toute expérience locale à l’instar de l’innocence supposée d’un touriste. Derrière cette fausse innocence, Eva livre peu à peu ses carences émotionnelles, ses blessures profondes et notamment cette identité paradoxale d’être une comédienne pudique comme le souligne l’un des personnages.

Pourtant Eva ne cesse d’aller vers les autres mais toujours en cachant au plus profond d’elle sa personnalité qui tarde toujours à s’épanouir franchement. Le saisissement de cette personnalité inédite inscrit dans le décor documentaire de Madrid est la réussite toute en humilité des choix de mise en scène du cinéaste. Un beau film intimiste à (re)découvrir pour s’immerger dans l’esprit estivant.

En savoir plus :

La Virgen de agosto
de Jonás Trueba

Fiction
129 minutes. Espagne, 2019.
Couleur
Langue originale : espagnol

Avec : Itsaso Arana (Eva), Vito Sanz (Agos), Isabelle Stoffel (Olka), Joe Manjón (Joe), María Herrador (María), Luis Alberto Heras (Luís), Mikele Urroz (Sofía), Naiara Carmona (María), Simon Pritchard (Simon), Violeta Rebollo (Violeta), Sigfrid Monleón (le propriétaire de l’appartement), Francesco Carril (Francesco), Lucía Perlado (Lucía), David López, Julen Berasategui, Soleá Morente, Alonso Díaz, Lorena Álvarez, Pablo Peña
Scénario : Jonás Trueba, Itsaso Arana
Images : Santiago Racaj
Montage : Marta Velasco
Musique : Soleá Morente
Son : Amanda Villavieja, Eduardo Castro
Directeur artistique : Miguel Ángel Rebollo
Costumes : Laura Renau
Production : Los Ilusos Films
Producteur : Javier Lafuente
Distributeur (France) : Arizona Distribution

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