Avec un premier épisode suivi lundi soir par 4,92 millions de téléspectateurs en prime time, TF1 continue de créer l’évènement avec des fictions fortes en émotions. Sa nouvelle série L’Été 36 (époque des premiers congés payés en France) a été un travail pharaonique à réaliser, en coproduction avec Netflix. L’avis de Bulles de Culturre et notre rencontre avec l’équipe.
Synopsis :
Blanche Ackerman (Julie de Bona), Eugénie Berthier (Sofia Essaïdi), Giulia Vincent (Nolwenn Leroy) et Léonie Morel (Constance Gay) se retrouvent mêlées à un meurtre au chic hôtel Riviera à Nice en 1936. Un été où, effarée, la bourgeoisie en villégiature, habituée à la Côte d’Azur et à ses privilèges raffinés, voit débouler de nouveaux vacanciers, profitant des premiers congés payés…
Rencontre avec l’équipe de la série L’Été 36 : “C’est une époque extraordinairement inspirante”

Casting cinq étoiles (Julie de Bona, Sofia Essaïdi, Nolwenn Leroy, Constance Gay, Miou-Miou, François-Xavier Demaison, Pascal Elbé, Sam Karmann, Simon Ehrlacher ou encore Arnaud Binard) et budget d’un peu moins de 20 millions d’euros, cette série de 6×52 minutes, intitulée L’Été 36, a tout d’une saga estivale à l’ancienne.
Après les séries Le Bazar de la Charité et Les Combattantes (toutes les deux visibles sur Netflix), TF1 poursuit son exploration de destins féminins tourmentés et confrontés à des conflits de valeurs. Avec un tournage de six semaines en 2025, à Nice, Grasse et Sospel, dans le département des Alpes-Maritimes, L’Été 36 a débarqué le lundi 18 mai, en prime time, sur TF1.
C’est à l’occasion de la conférence de presse organisée par TF1 au CCI Grand Lille, lors du festival Séries Mania 2026, que Bulles de Culture a rencontré l’équipe de la série : Catherine Ramberg (cocréatrice avec Karine Spreuzkouski), Iris Bucher (productrice chez Quad Drama), Fred Garson (réalisateur), Pascal Lafa (compositeur), Julie de Bona, Sofia Essaïdi, Constance Gay, Nolwenn Leroy et Sam Karmann (comédien.ne.s).
Bulles de Culture : Pourquoi cette période et cette bascule de l’Histoire de France développée dans L’Été 36 ?
Catherine Ramberg : C’est une discussion avec TF1 qui a abouti à ce qu’on a rapidement abandonné l’idée d’une intrigue pendant la Seconde Guerre mondiale : trop de risques de doublon avec la première saison. Et puis, très vite, l’été 1936 s’est imposé.
Le murder mystery de la série puise justement son inspiration dans cette période : une bulle de bonheur pour la population ouvrière, qui découvre ses premiers congés payés. On a donc opté pour quelque chose de ludique, une parenthèse ensoleillée entre deux guerres.
Iris Bucher : C’est une époque extraordinairement inspirante. Cette bascule française est importante. On s’est amusé à connecter encore plus les femmes héroïnes entre elles par rapports aux Combattantes et au Bazar de la charité. Malgré les drames, c’est un théâtre extraordinaire.
Bulles de Culture : Nice a été reconstruit comme à l’époque !
Fred Garson : Cette série, ce sont des milliers de costumes, beaucoup de décors différents. Les affichistes ont dessiné comme on dessinait à l’époque. Un Nice qui n’existe plus a été reconstruit, dont un casino sur pilotis qui a été détruit en 1941. Notre but était de déployer le Nice riche et populaire dans les ruelles et les collines.
Pascal Lafa : Au niveau de la musique, ça a été difficile de trouver quelque chose qui fonctionne entre cette époque et aujourd’hui. Ce qui était intéressant aussi, c’était d’explorer le côté dark d’un personnage comme celui de Nolwenn Leroy (Giulia) qui a des addictions, des zones d’ombre… Cela évoque des inspirations, des thèmes musicaux. Et ça vaut aussi pour les autres.
Mais il n’y a pas que les années 30 dans la série. On touche à tout. C’était donc un grand défi. Et en plus de cela, je joue Simon, le chanteur qu’on voit à un moment sur scène dans le premier épisode.
Voir cette publication sur Instagram
“C’est un hommage aux femmes qui se battent pour leur liberté”

Bulles de Culture : Les filles, pouvez-vous nous parler de chacun de vos rôles dans L’Été 36 ?
Julie de Bona : Je joue Blanche. L’Été 36 est ma quatrième série avec Iris Bucher, la productrice. Cette fois-ci, j’ai des belles robes ! Elle m’a donné les plus belles et des paillettes.
Iris Bucher : Chaque corps de métier a été passionné par cette série, et chaque tenue des comédiennes a été réalisée sur-mesure.
Sofia Essaïdi : J’ai été très excitée par la complexité d’Eugénie, mon personnage. Cette femme est perdue entre deux mondes. Elle pensait avoir été acceptée là où elle avait décidé d’aller. Elle ne se rend pas compte de sa prison intérieure et a l’impression d’être libre. Je ne pense pas qu’on puisse être heureux quand on n’est pas entier.
Je voulais raconter les traces du conditionnement et des vingt premières années de notre vie qui nous façonnent et permettent de dire qu’on est ça, et pas autre chose. Mon personnage est perdue, dans un contrôle permanent et une retenue enseignée par ses parents.
Ce personnage est un vrai cadeau pour une actrice. Dès la lecture, je savais que je pouvais creuser plus loin et plus profondément.
Constance Gay : Je trouve que le personnage de Léonie est très, très moderne dans le sens où elle ne se pose pas trop de questions. Mais elle est intelligente à sa manière. Elle ne se pose tout simplement pas de questions sur sa féminité. C’est une femme, et elle l’assume. Elle tombe amoureuse d’un jeune garçon noir en 1936 et elle s’en fiche.
Ce n’était pas commun en 36. Mais elle, elle assume qui elle est et ce qu’elle veut. Elle représente ce que nous voulons toutes : s’affranchir du regard des autres.
Nolwenn Leroy : Je représente l’hôtel, son excellence et son luxe. Il y a une vraie dualité dans Giulia, mon personnage. On est dans la méritocratie : elle a travaillé dur pour offrir le meilleur à sa fille. Elle a gravi les échelons et elle veut y arriver. Elle ne veut pas se laisser abattre et elle est digne.
Je la trouve admirable. C’est un hommage aux femmes qui se battent pour leur liberté.
Voir cette publication sur Instagram
“C’est un voyage initiatique et une libération intérieure”

Bulles de Culture : Quel genre de modernités ont ces héroïnes de la série L’Été 36 qui puissent résonner chez les femmes de 2026, qui sont téléspectatrices ?
Sofia Essaïdi : J’ai aimé la blessure inconsciente qu’Eugénie a. Elle est libre en apparence car elle choisit son destin. Elle a quitté son milieu par conviction, par valeur, par amour et en 1936, c’était assez rare. Ce qui m’intéressait, c’était de raconter les conséquences de cela.
Quand on fuit, on est plus entier. Elle commence la série avec cette force, mais avec aussi une fragilité intérieure qu’on voit d’emblée. Elle a grandi dans un univers bourgeois, et cela l’a construit. Il y a un déséquilibre chez elle. Mais elle renie ça. Cette dualité était pour moi intéressante à montrer. C’est un voyage initiatique et une libération intérieure qui me challengeait.
Et, enfin, retourner dans une fresque historique est une chance pour un actrice. J’ai retrouvé une équipe que j’aime énormément.
Julie de Bona : Je suis aussi du côté des bourgeoises. Je suis la petite sœur d’Eugénie. La modernité de Blanche est dans le fait qu’elle ose exprimer ses émotions. Elle est authentique, alors que la bourgeoisie cherchait uniquement à montrer des choses impeccables.
Elle est présentée comme une héroïne, mais elle n’a pas de valeurs nobles tout de suite. Il y a une problématique égocentrique chez elle car elle a besoin d’obtenir et de posséder son amoureux. Elle a aussi besoin de se comparer. C’est un besoin immense d’amour qui parle. Mais ensuite, elle va aller vers une sorte de résilience et d’ouverture. Sa passion va devenir réflexion.
Nolwenn Leroy : Iris, notre productrice, m’a fait le plus beau des cadeaux en m’offrant le personnage de Giulia. Cette femme vient d’en bas. Elle a commencé en bas de l’échelle. Elle est devenue gouvernante en chef du Riviera. Elle est rigoureuse, beaucoup plus que moi d’ailleurs, et droite dans ses fonctions quand elle incarne le prestige et le luxe de cet hôtel.
C’est un personnage volontaire, qui se bat et relève toujours la tête car sa fille est dans sa vie, et il est important à ses yeux de lui payer le pensionnat le plus beau de la région. Le message est qu’aller à l’école pour obtenir ensuite un travail est très important. Giulia ne s’autorise pas beaucoup de plaisirs et de liberté. Il y aura cependant un vrai contraste entre le début et la fin de la série pour elle. La passion va arriver….
Et quel bonheur d’être sur une série féministe avec des actrices qui s’aiment vraiment dans la vie aussi. Elles m’ont accueillie à bras ouverts.
Constance Gay : Léonie est la plus mystérieuse de nous quatre. C’est celle qui joue le plus un rôle. Ce que j’ai vu en premier, c’est la joie de vivre qu’elle a, et l’émerveillement qu’elle ressent dès qu’elle entre quelque part. C’est une jeune femme heureuse d’être là, d’aller à Nice et d’enquêter. Et elle essaie d’avancer avec son temps.
C’est un personnage solaire qui essaie de tout voir du bon côté, tant dans les drames que dans les joies. Sans tout dévoiler, mon personnage va cependant petit à petit se refermer.
Frédéric Garson : Ces quatre femmes se rencontrent peu, surtout au début. Et le challenge, c’est d’unifier leurs histoires alors qu’elles ont chacune une intrigue. Au cinéma, c’est rare d’avoir la chance — et donc la difficulté — de chorégraphier quatre, huit, douze personnages tout en faisant ressentir les particularités de chacun et chacune.
L’avantage ici est de pouvoir montrer la femme dans toutes ses facettes, ses faiblesses et ses traits de caractère. Avec 4 héroïnes, on a la place de créer une définition de ce qu’est la condition de femme. On cible large et on peut raconter beaucoup de choses. La femme est riche et multiple. Elle ne se résume jamais à peu de choses.
Bulles de Culture : En plus de Julie de Bona, Sofia Essaïdi, Nolwenn Leroy et Constance Gay, il y a d’autres personnages à l’avant-plan mais aussi en arrière-plan. Cela n’a pas du être facile à gérer…
Frédéric Garson : L’Été 36, c’est entre douze et quatorze personnages d’avant-plan, et puis une centaine de figurants à gérer. C’est le genre de scénario qui se déploie habituellement au cinéma. On part d’une parenthèse heureuse qui n’a duré que quelques mois, et le challenge était de conduire ces quatre merveilleuses actrices dans leurs personnages si différents, leurs envies et leurs arches d’émancipation. Elles ont toutes une envie différente les unes des autres. Pas une envie de réussir mais une envie de s’accomplir. C’était ça, le défi : accomplir un récit vaste, avec un maximum d’ampleur et de souffle.
Sam Karmann : Pour cette époque, il y a des phrases construites, une langue structurelle qui irriguent le scénario. J’ai aimé être le “daron” du casting, celui qui a le pouvoir. Et dans cette bulle de joie, il y a les classes populaires. Les classes plus aisées se font toujours du souci pour leur argent. Quand on en a pas, peut-être qu’on peut mieux apprécier les choses simples.
Notre avis ?
L’énorme budget de L’Été 36 se voit dans chaque plan, qui sent bon le Sud chic. La série prend rapidement son envol grâce à des acteurs et actrices heureux et heureuses d’être dans leurs costumes. Le réalisateur Fred Garson a su exploiter chacun d’entre eux avec une grande précision. Le mensonge est le fil rouge de cette nouvelle fresque historique qui se nourrit clairement des romans d’Agatha Christie.
Voir cette publication sur Instagram
En savoir plus :
-
- L’Été 36 est diffusée sur TF1 du lundi 18 mai au lundi 1er juin 2026à 21h10
- La série est proposée en streaming et en replay sur TF1+
- La série sera disponible dès le lundi 1er juin 2026 sur Netflix
Bulles de Culture Sur Bulles de Culture, chaque jour, la culture sort de sa bulle !

