La 79e édition du Festival de Cannes s’est ouverte mardi 12 mai avec une cérémonie placée sous le signe de la sincérité. La comédienne franco-malienne, Eye Haïdara, maîtresse des cérémonies, a imposé sa présence avec une sobriété désarmante loin du faste parfois attendu sur la Croisette.
CANNES – Il y a des ouvertures qui cherchent l’éclat, d’autres qui préfèrent la tenue. Celle du 79e Festival de Cannes, mardi 12 mai, a choisi une voie moins tapageuse, celle d’une parole sobre, confiée à Eye Haïdara, maîtresse des cérémonies d’ouverture et de clôture de cette édition 2026. L’actrice française, révélée au grand public par Le Sens de la fête, succède à Laurent Laffitte dans ce rôle très exposé, au cœur du Grand Théâtre Lumière.
Sur l’écran noir des nuits blanches
Sur scène, elle a débuté son discours par une référence à la chanson Le Cinéma de Claude Nougaro, avant de glisser vers un registre plus politique, non sans ironie. « Chers internautes, partout dans le monde, enfin partout où l’internet n’a pas été coupé, partout où l’intelligence artificielle ne s’est pas substituée à la réalité, et enfin, à vous toutes et tous qui tentaient de résister ici et ailleurs, bonsoir et bienvenue », a-t-elle déclaré devant le parterre des invités prestigieux de la cérémonie.
Son discours, mis en scène entre théâtre et chanson, a culminé sur cette formule-manifeste : « Le seul endroit où l’on peut se rencontrer : c’est ici. »
La cérémonie a également été le théâtre d’un hommage particulièrement touché. Sous les applaudissements de la salle, Eye Haïdara a salué la mémoire de Nathalie Baye, « une femme d’une immense élégance, et d’une délicatesse infinie envers les autres », disparue le 17 avril dernier à 77 ans. Un moment de retenue sobre, cohérent avec sa façon d’habiter la cérémonie tout entière.
La soirée n’en a pas moins porté les signes attendus de la grand-messe cannoise. Le jury de la compétition, présidé par Park Chan-wook, s’est présenté au public avec Demi Moore, Ruth Negga, Laura Wandel, Chloé Zhao, Diego Céspedes, Isaach de Bankolé, Paul Laverty et Stellan Skarsgård.
Une palme d’or d’honneur pour Peter Jackson
La cérémonie a aussi rendu hommage à Peter Jackson, jamais sélectionné dans l’histoire du festival, à qui Thierry Frémaux avait préalablement rendu hommage en soulignant qu’il « a transformé le cinéma d’Hollywood et sa conception du spectacle à tout jamais ». C’est Elijah Wood, interprète de Frodon Sacquet, qui lui a remis la Palme d’or d’honneur, déclarant : « C‘est un honneur de remettre la Palme d’or d’honneur à mon ami, mon réalisateur, et l’un des plus grands cinéastes de tous les temps. »
Les chanteuses Theodora et Oklou ont repris Get Back, des Beatles, dont Peter Jackson est fan, et qui a donné son titre à son documentaire consacré au groupe britannique. Pour clore la soirée dans les règles du protocole, c’est l’actrice chinoise Gong Li et la comédienne américaine Jane Fonda qui ont déclaré ouverte la 79e édition du festival.
Le film d’ouverture, La Vénus électrique du Français Pierre Salvadori, une ode à l’illusion dans le Paris forain des années 1920, avec Pio Marmaï et Anaïs Demoustier, a été projeté à l’issue de la cérémonie.
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