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Rivages image série télé fantastique thriller
Fleur Geffrier, Jean-Marc Barr, Lucia Passaniti, Younès Boucif dans la série "Rivages" © Mintee Studio - Thalie images / Beside Productions - France Télévisions

“Rivages” ce soir sur France 2 : la fin de la série avec Fleur Geffrier, Guillaume Labbé, Thierry Godard et Jean-Marc Barr

Le lundi 20 janvier, France 2 propose la fin de son thriller mêlant écologie et fantastique dans les fonds marins avec Fleur Geffrier, Guillaume Labbé, Thierry Godard et Jean-Marc Barr. L’avis et la critique série de Bulles de Culture sur Rivages de Jonathan Rio et Monica Rattazzi, ainsi que nos interviews réalisées lors du Festival de la Fiction 2024.

Synopsis épisodes 1 et 2 :

Abigail (Fleur Geffrier), océanologue, est envoyée par l’IFREMER en mission à Fécamp qu’elle a quitté quelques années auparavant suite à un drame personnel. Elle doit enquêter sur le naufrage inexplicable du Rose Davies, l’un des chalutiers de son père (Thierry Godard) avec 14 marins à bord.

Alors qu’elle mène ses recherches pour retrouver l’épave avec le gendarme Prigent (Jonas Bloquet), des phénomènes mystérieux se produisent en mer.

Synopsis épisodes 3 et 4 :

Abigail est sous le choc du tragique évènement causé par l’explosion d’une des bombes datant de la Première Guerre mondiale tapissant les fonds marins. Et Sylvia (Olivia Côte), sa belle-sœur, une activiste écologique qu’il avait prise en filature, est dans le coma.

Bravant l’interdiction de sortir en mer, la scientifique retourne sur l’eau pour comprendre et enregistrer l’activité sismique présente dans la faille au large de Fécamp.

Synopsis épisodes 5 et 6 :

En plongeant dans la faille, Abigail découvre qu’une créature inconnue hante la baie de Fécamp, ne pouvant se résoudre à abandonner son petit mort dans les filets des pêcheurs.

La ville parle de la présence d’un monstre dans la baie, et Pierre (Christophe Perez), un marin, fomente un plan pour attraper le “monstre”.

Rivages : une nouvelle série ambitieuse mêlant l’intime et le spectaculaire

Rivages affiche série télé fantastique thriller
© Louis-Adrien le Blay – Christophe Brachet – Mintee Studio – Thalie images / Beside Productions – France Télévisions
Abigael est une femme forte, indépendante, mais aussi une femme blessée qui va essayer de se réparer avec ses proches et même plus.

— Fleur Grenier

Avec un tournage en France et en Belgique, des scénarios de Jonathan Rio, Monica Rattazzi, Fanny Talmone et Mathilde Arnaud, des images de Xavier Dolléans, des décors d’Edwige Le Carquet, des costumes de Pierre Canitrot et Vanessa Deutsch, des sons de Joseph de Laâge, des montages de Jérémy Pitard et Nadège Kintzinger, une musique originale d’Audrey Ismaël et une réalisation de David Hourrègue, Rivages est une nouvelle série ambitieuse sur fond d’écologie et de fantastique, mêlant l’intime et le spectaculaire.

De retour chez elle, une océanologue spécialisée en bioacoustique (Fleur Geffrier) est missionnée par son directeur de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) (Daniel Njo Lobé) pour étudier un mystérieux naufrage survenu dans la Manche. Mais très vite, ses premières observations et d’autres phénomènes étranges survenus en sa présence l’étonnent et l’inquiètent.

Dans un milieu de la pêche hostile et en crise, Abigail est d’abord appuyée dans sa démarche par un maréchal des logis compréhensif (Jonas Bloquet) et une tante activiste (Olivia Côte) avant que ses investigations soient contrariées par l’intervention autoritaire de militaires menés par une commandante aux intentions ambigües (Valérie Dashwood). Heureusement, sa détermination à comprendre reste intact et d’autres soutiens se font jour, tels que un vieil ami marin (Jean-Marc Barr), un professeur de collège en Sciences de la vie et de la Terre (Younès Boucif), une informaticienne hackeuse (Lucia Passaniti) et un fils sourd (Ewenn Weber).

Trois ans après un terrible drame, ce comeback est aussi l’occasion pour cette femme solitaire, secrète et peu diplomate qu’est Abigail de pouvoir peut-être de renouer avec son père (Thierry Godard), sa mère (Anne Loiret), son mari (Guillaume Labbé), son enfant et la vie.

Rencontre avec les créateurs Jonathan Rio et Monica Rattazzi, le réalisateur David Hourrègue et les comédien.ne.s Fleur Geffrier, Thierry Godard et Jean-Marc Barr : “Il y a des promesses qui ne ressemblent pas vraiment à ce qu’on peut recevoir dans l’environnement français”

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Fleur Geffrier dans la série “Rivages” © Mintee Studio – Thalie images / Beside Productions – France Télévisions

Bulles de Culture : Pourriez-vous revenir sur la genèse de la série Rivages ?

Jonathan Rio : Je suis issu de Normandie et ce projet très poétique se passe en Normandie, sur la Côte d’Albâtre. Du côté de ma mère, il y a beaucoup de marins, marins pêcheurs et de sauveteurs en mer, donc j’ai beaucoup grandi avec leurs histoires de Normandie vers Terre-Neuve. J’ai aussi un attrait pour l’imaginaire, le fantastique et un regard sur la nature. Mélanger ces deux univers a donc donné la série Rivages.

Bulles de Culture : Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet ?

David Hourrègue : Quand on vous parle d’une histoire où une océanologue revient sur sa terre natale et va se connecter, au large, avec quelque chose d’inconnu, il y a des promesses qui ne ressemblent pas vraiment à ce qu’on peut recevoir dans l’environnement français. Il y avait une histoire de reconnexion, de promesses d’intime, de spectaculaire et d’un ralliement des deux, dans les derniers épisodes, qui vibraient déjà très très fort en moi.

Bulles de Culture : Le choix de tourner à Fécamp s’est tout de suite imposé ?

David Hourrègue : Non, Jonathan Rio était de Dieppe, donc il a milité énormément pour cette ville. Mais en arrivant là-bas, j’ai eu la conviction que ce que je recherchais devait être plus familial. A Fécamp, il y a deux falaises qui renferment cette ville et je voulais vraiment retrouver l’idée d’une petite communauté enclavée, et qui explique aussi pourquoi le GIGN ne déboule pas tout de suite et pourquoi il n’y a pas plus de personnes. Il y a quelque chose de plus intime.

“Il nous a semblé important d’avoir ce rapport au son dans chacun des personnages”

Bulles de Culture : Pourriez-vous nous parler de vos personnages et quel a été le point d’entrée pour les incarner ?

Fleur Geffrier : Fleur Geffrier : C’est l’histoire personnelle d’Abigail qui m’a d’abord beaucoup touchée, et le combat qu’elle va mener, pendant ces 6 épisodes, pour se reconnecter à son passé.

Il y avait aussi le côté épique, fantastique avec la rencontre qui se passe sous l’eau. C’était magique. L’enfant en moi s’est réveillé et s’est mis à sauter partout parce que je pense vraiment avoir réalisé des rêves d’actrices dans Rivages.

Jean-Marc Barr : André, c’est ma version française d’Ernest Hemingway.

Thierry Godard : Henri est un armateur qui doit gérer une équipe de pêcheurs avec tout ce que ça comprend de complexité, avec toutes les difficultés que ce corps de métier, les quotas… C’est dur d’être pêcheurs et en plus, il y a quelque chose qui se passe en dessous qui va les empêcher de pêcher, et c’est sa fille qui va venir enquêter là-dessus. Tout ça va donc cristalliser à la fois ce monde de pêcheurs en crise et sa relation familiale compliquée.

Bulles de Culture : Un autre élément important dans la série est le langage des signes à travers Jimmy, le frère d’Abigail…

Monica Rattazzi : Abigail est océanologue et elle travaille sur le son, c’est son outil de travail. Il nous a donc semblé important d’avoir ce rapport au son dans chacun des personnages. Et bien évidemment, quand on parle de son, on parle à un moment du silence. Donc il fallait quelqu’un qui incarne ce rapport au silence et au monde intérieur. La mer, c’est d’ailleurs le monde du silence.

Et sur qui posait cette caractéristique, ça nous a semblé évident de le mettre sur ce petit garçon et de lui faire vivre des aventures, qu’il ait sa force de vie et son langage à lui.

Bulles de Culture : Et il était important pour vous de prendre un jeune interprète, Ewenn Weber, atteint aussi de surdité dans la vie ?

David Hourrègue : Pour ne pas avoir un personnage défini par sa surdité, on est très vite tombé d’accord sur le fait qu’il fallait absolument un interprète sourd pour qu’il puisse comprendre et amener toute la véracité à cette histoire. Et quand Ewenn est arrivé à la fin d’un long casting, il avait déjà tout compris, tout capté, il était connecté et était très habitué à se débrouiller.

Bulles de Culture : Comment a été pensé les premières apparitions de cet être fantastique ?

David Hourrègue : Il y a eu beaucoup de discussions sur ce qu’on désirait voir et de ne surtout pas trop en montrer. Avec tout le risque de commencer par des premiers épisodes classiques très intimes, avec notamment un premier épisode où le twist, il est d’abord émotionnel plutôt que narratif.

Très rapidement, on est tombé d’accord sur la bioluminescence de cette créature. Déjà parce qu’elle existe dans les fonds marins, notamment dans les grandes profondeurs où il fait tellement sombre que certaines créatures génèrent leur propre lumière pour s’y retrouver. Et puis assez rapidement, on est parti sur des lumières et une colorimétrie très proches du milieu naturel, avec des couleurs qui existent à des profondeurs telles que dans la fosse des Mariannes, par exemple. D’où cette lumière magenta, violine, rosée qui me semblait fascinante et qui exprimait plus clairement le genre qu’une lumière froide.

Bulles de Culture : Plus globalement, quel a été votre parti prix esthétique ?

David Hourrègue : A Fécamp, on était déjà frappé par les multiples couleurs des falaises, des galets… On était aussi d’accord avec Stéphane [NDLR : le producteur Stéphane Moatti], quand nous discutions au démarrage, et avec Xavier Dolléans, notre chef opérateur, qu’on parlait d’un milieu frappé par la crise, d’une famille endeuillée profondément et on ne voulait pas d’une esthétique trop des saturée qui repousserait trop le public. On voulait montrer un monde qui sait s’accrocher, qui est connecté à la vie, malgré l’âpreté de celle-ci. On a donc fait le parti pris d’une image certes contrastée mais qui mettrait en valeur les couleurs de ce monde-là, de la SNSM [NDLR : Société nationale de sauvetage en mer], des pêcheurs…

La grande difficulté était aussi de rendre justice à la mer, à la Manche. La seule obsession qu’on avait en terme d’images, c’était qu’on sente les éléments : le vent, les embruns, le sons des galets dans les vagues… Et en tournant le film en anamorphique, un look plus cinéma mais adapté aussi à un format très télévisuel, on avait envie d’être au plus proche de ces éléments-là et d’avoir des focales qui permettraient de plonger au plus près des regards des comédiens quand ils verraient l’extraordinaire ou le plus intime.

Notre avis ?

Dans la plus pure tradition des fictions américaines de genre des années 80 où l’inexplicable et l’extraordinaire émerveillaient, Rivages est un thriller fantastique, écologique et social fascinant, émouvant et prenant, porté par une réalisation et un casting solides.

Secrets de tournage, anecdotes : le saviez-vous ?

  • La série a été créée par Jonathan Rio (ASKIP, le collège se la raconte) et Monica Rattazzi, d’après une idée originale de Jonathan Rio.
  • Les scènes de bateau ont été tournées dans la baie de Fécamp, en Seine-et-Marne (Normandie). Sous l’eau, le tournage a eu lieu à Calvi, en Corse. Ainsi que des jours dans la banlieue de Bruxelles (Belgique), dans le plus grand bassin aquatique d’Europe, Lites Studios.
    Tournage également, à Dieppe, Étretat, Saint-Jouin-Bruneval et Saint-Martin-aux-Buneaux.
  • Pour incarner le personnage d’Abigail, l’actrice Fleur Geffrier a du apprendre la plongée, la navigation et la langue des signes en un mois et demi. Elle a eu son permis bateau la veille du tournage.
  • Mal de mer, conditions météorologiques, visibilité réduite sous l’eau… le tournage particulièrement rude à Fécamp, durant l’automne 2023, a aussi servi la série, comme l’a expliqué le réalisateur David Hourrègue : “C’est ce qui confère aussi à la série des séquences incroyables : la mer ne veut pas des gens qui sont dessus, ce qui renforce l’héroïsme et le courage des personnes. Je pense notamment à la séquence d’introduction avec les sauveteurs, où c’est vraiment Jean-Marc Barr qui est devant, y compris sur les plans larges, au milieu des vagues de 5 mètres dans lesquelles il disparaît. Et Fleur Grenier, je me rappelle qu’elle n’était en très bon état quand elle est accrochée à la proue, dans l’épisode 5, et que les vagues lui fracassent le visage.”
  • Côté distinctions, la série a été projetée, en avant-première, au Festival de la Fiction de La Rochelle et au festival CreaTVty en 2024. Cette même année, elle a reçu le Grand Prix du public au festival Montréal Séries.

En savoir plus :

  • Rivages sont diffusés sur France 2 du lundi 6 au lundi 20 janvier 2025 à 21h05
  • La série est proposée en intégralité, en streaming et en replay sur France.tv
Jean-Christophe Nurbel

Un commentaire

  1. François RECHER

    Quelques invraisemblances: le maire de Fécamp n’a pas un pouvoir de police en mer pour interdire la sortie des navires de pêche.De même la gendarmerie terrestre n’ a rien à faire des problèmes nautiques…..

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