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Critique / « L’Atlantique en eaux troubles » de Jean-Yves Chauve

Vendée Globe, Transat Jacques-Vabre, Route du Rhum, Figaro, parmi d’autres courses au large, n’ont aucun secret pour Jean-Yves Chauve, médecin, qui apporte assistance à distance aux participants. Par ailleurs skipper professionnel et un temps moniteur de voile, cet homme, passionné par la mer, vient de faire paraître aux Éditions Glénat, L’Atlantique en eaux troubles qui naturellement parle de bateaux, de manœuvres, de solitude, mais aussi de traîtrises, de voyous, de trafics, de vengeance. Une intrigue bien structurée, sans temps morts, qui tient en éveil le lecteur. La critique et l’avis sur le livre. 

Cet article vous est proposé par le chroniqueur Chris L..

L’Atlantique en eaux troubles est un lieu aux multiples périls

Troubles sont les eaux avec les supertankers qui sillonnent l’océan, perdant quelques containers qui augmentent les dangers. Les plastiques, à profusion, souillent et polluent la surface de l’eau et font des dégâts immenses dans la faune et la flore marine. Tempêtes, vents terrifiants, dépressions, vagues surdimensionnées agitent des tonnes d’eau qui percutent et submergent tous les bateaux, sans distinction, qu’ils soient dédiés à la croisière ou aux courses au large. Les accalmies permettent d’admirer les dauphins, accompagnateurs et joueurs, et d’assister à de somptueux couchers de soleil.

En mer, comme à terre, la vigilance est de règle. Il faut écouter vivre la coque et l’armature du frêle esquif. Et parfois le danger, la peur, sont causés par les personnes qui naviguent et qui se révèlent manipulatrices, violentes. L’Atlantique en eaux troubles est un lieu aux multiples périls.

Manu, Emmanuel Jourdan, est en plein bonheur, celui de participer à un tour du monde en solitaire au départ de Plymouth. Il a atteint son Graal. Il a pu financer son projet avec l’aide prépondérante d’Isabelle dont il est tombé amoureux. Sans aucun objectif de victoire, il attend d’affronter les mythiques quarantièmes rugissants, mais le rêve tourne court. Une terrible tempête en Golfe de Gascogne, suivie d’une mer démontée à la pointe du cap Finisterre, au nord-ouest de la péninsule Ibérique, sonne le glas de ses espoirs. Indécis sur la suite de à donner à sa relation avec Isabelle, au Pornichet, Manu se bat tant bien que mal alors que son bateau, Univervie, rend les armes progressivement.

Ce qui est intéressant également dans les chapitres consacrés au skipper trentenaire, c’est de découvrir la direction de course, avec Jack et William, amenée à prendre des décisions ultimes, en concertation avec Julien, le préparateur du bateau en perdition. Dans les moments dramatiques, les relations humaines s’enveniment souvent, et c’est ce qui arrive entre Isabelle et Julien. À l’affut de scoops, de sensationnel, les journalistes, pour beaucoup d’entre eux, tentent de piéger ceux qui connaissent, ou ont connu le mieux Manu.

Pendant ce temps, un voilier, Le Séréno, quitte les Açores, après l’embarquement de Caroline, jeune femme enthousiaste, véritable feu follet, comme coéquipière de Nicolas qui n’est pas un mauvais marin, bien au contraire. À son contact Caroline apprend beaucoup. Très vite cependant des divergences, des doutes, des soupçons, des comportements bizarres, lézardent leurs relations. Homme taciturne, fuyant, difficile à cerner, rongé par des démons, Nicolas ne  se dévoile que très progressivement.

Par ailleurs l’espace maritime très fréquenté, est attentivement survolé par les services des douanes. À partir d’informations et d’indices, recueillis parfois à des milliers de kilomètres, certains bateaux sont mis sous surveillance, justifiée ou non, comme suspects de faire des trafics illicites. Ainsi en est il du Séréno qui se dirige vers Le Crouesty.

Notre avis ?

Très original, L’Atlantique en eaux troubles, cache beaucoup de surprises que seule la lecture permettra de découvrir. Jean-Yves Chauve utilise avec discernement ses expériences de médecin et de marin expérimenté. Jamais il n’abuse de termes nautiques, restituant avec précision de nombreuses situations de course. De même les traumatismes, blessures, situations psychologiques, situations qu’il connaît bien, donnent naissance à des personnages crédibles. En conclusion, un excellent moment de lecture, dépaysant, très agité, plein de rebondissements.

L’Atlantique en eaux troubles

En savoir plus :

  • L’Atlantique en eaux troubles, Jean-Yves Chauve, Editions Glénat, mai 2021, 408 pages, 19.95 euros
Bulles de Culture - Les rédacteur.rice.s invité.e.s

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