Deux ans après le joli succès de leur premier road trip, Golo et Ritchie reviennent le 22 juillet 2026 dans un second opus qui troque la route contre une villa avec piscine. Ce que le duo gagne en confort, le film le perd en sincérité. La critique et l’avis sur le film de Bulles de Culture.
Il y avait, dans Golo & Ritchie (2024), quelque chose d’assez rare pour être salué. Un jeune entrepreneur de Grigny et son ami d’enfance, porteur d’un trouble du spectre de l’autisme, traversaient la France à vélo, de village en village, et le dispositif documentaire épousait leur mouvement. Les rencontres avec les habitants, les agriculteurs, les anonymes croisés au bord des routes donnaient au film son souffle et sa raison d’être. Près de 435 000 spectateurs avaient répondu présent, séduits par cette amitié filmée sans fard. C’est peu dire que la suite, réalisée par Martin Fougerol et Ahmed Hamidi, dilapide ce capital.
Le principe même du premier film reposait sur le déplacement. Les Vacances de Golo & Ritchie fait le choix inverse et s’enferme. Le projet affiché, rénover un bateau en Camargue pour offrir des vacances à d’autres enfants, tient lieu d’alibi scénaristique plus que de colonne vertébrale. Le véritable décor du film, c’est une villa avec piscine dont l’imagerie évoque moins le chantier solidaire que le loft de téléréalité. On y suit des séances de sport aquatique où les deux compères peinent derrière leur coach, saynètes calibrées pour la découpe en formats courts. La caméra ne cherche plus la rencontre, elle attend le gag. Ce glissement n’est pas anodin. Il signe le passage d’un cinéma du réel à une logique de contenu, où chaque situation semble pensée pour sa viralité future plutôt que pour ce qu’elle raconte.
La dimension humanitaire, cœur revendiqué du projet, s’efface derrière les frasques de Ritchie, rejoint ici par John Café, troisième larron dont la présence accentue la dérive vers le sketch. Le plus troublant reste la place qu’occupe désormais Golo. L’ancien compagnon de route apparaît régulièrement rivé à son téléphone, et le film, sans doute malgré lui, documente un basculement. La figure du protecteur cède la place à celle du gestionnaire d’image, soucieux d’entretenir sa réputation d’homme qui œuvre à l’insertion des personnes handicapées. L’amitié devient un actif, la différence de Ritchie un argument de marque. Là où le premier film donnait à voir une relation, celui-ci donne à voir sa monétisation.
On objectera que le duo n’a jamais caché ses origines numériques, ses centaines de milliers d’abonnés, son économie de créateurs de contenu. Certes. Mais le premier opus avait précisément réussi à s’en affranchir, à faire du cinéma avec cette matière-là. Le second y retourne tête baissée, et le discours altruiste qui l’enrobe rend l’opération plus gênante encore. Un film ouvertement commercial assumerait sa nature. Celui-ci se drape dans la vertu tout en fonctionnant comme une vitrine, et ce double jeu, cette manière racoleuse de vendre de la fraternité comme on vend un placement de produit, constitue sa faute la plus grave. Les réalisateurs ont promis une trilogie. On veut croire qu’un troisième volet retrouvera la route, les villages et la modestie qui faisaient tout le prix du premier. En l’état, ces vacances-là ne méritaient pas d’être filmées.
Critique / “Golo et Ritchie” (2024) de Ahmed Hamidi et Martin Fougerol
Notre avis ?
En cherchant à proposer un spectacle plus ambitieux et plus « cinématographique », Les Vacances de Golo & Ritchie perd finalement ce qui constituait son identité. Un faux pas décevant, dont l’emballage promotionnel paraît souvent plus convaincant que le contenu.
En savoir plus :
- Date de sortie France : 22/07/2026
- Distribution France : Apollo Films
