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Critique / « La Loi de Téhéran » (2021) : dans les arcanes noirs de la justice iranienne

Grand prix et prix de la critique au Festival du film policier de Reims 2021, La Loi de Téhéran est sorti sur les écrans de cinéma depuis le 28 juillet 2021. Le deuxième film du réalisateur iranien Saeed Roustayi évoque le phénomène méconnu de l’addition au crack en Iran, du fait notamment de la proximité de ce pays avec son voisin l’Afghanistan, plus grand producteur de drogues au monde. La critique et l’avis film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n’ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé. Bilan : 6,5 millions de personnes ont plongé. Au terme d’une traque de plusieurs années, Samad (Payman Maadi), flic obstiné aux méthodes expéditives, met enfin la main sur le parrain de la drogue Nasser K. (Navid Mohammadzadeh) Alors qu’il pensait l’affaire classée, la confrontation avec le cerveau du réseau va prendre une toute autre tournure…

La Loi de Téhéran : un polar percutant

Le cinéma iranien arrive très peu à nos portes. Le plus connu est celui d’Asghar Farhadi (Le passé, une séparation) qui est centré sur des thèmes très sociaux. En cela, la sortie de La Loi de Téhéran sur notre territoire est singulier en ce qu’il montre une nouvelle facette du cinéma iranien, qui opère ici un vrai mélange des genres : entre le polar et le film social. Issu du milieu du documentaire, le réalisateur adopte un ton didactique sur l’application de la justice envers les dealers de crack. Ces derniers sont en effet parqués en groupe dans des prisons surpeuplées, ce que montre bien le film. En plus d’être compressés, ces prisonniers, issus de la classe pauvre, sont broyés par un système judiciaire qui s’obstine à traiter davantage les conséquences des trafics, par des sanctions lourdes allant jusqu’à la peine de mort, plutôt que la cause, l’extrême pauvreté qui pousse des personnes lambdas à rentrer dans le business.

Adoptant tantôt le point du vue du narcos, pris en serraille judiciair, la narration suit également un policier embrigadés dans ses méthodes expéditives faisant de cette lutte contre le crack une bataille trop personnelle.

LA LOI DE TEHERAN photo film 2021
© WildBunch Distribution

Saeed Roustayi sait tenir en haleine. La première scène est d’ailleurs une course poursuite folle entre un agent des stups et un trafiquant, dont l’issue finale fait froid dans le dos. Le rythme de La Loi de Téhéran oscille avec efficacité entre description d’un système judiciaire enrayé et mise en abîme personnelle d’un détenu. En cela, le long métrage a des similitudes avec la série The Night Of  où un étudiant pakistanais se voit accuser à tort d’un meurtre aux Etats-Unis. Les deux acteurs principaux Payman Maadi et Navid Mohammadzadeh, également sur le premier film du réalisateur, ont un énorme talent car ils arrivent à insuffler une profonde noirceur à ce polar percutant.

Notre avis ?

La Loi de Téhéran propose une plongée fascinante dans le système judiciaire iranien. Par l’intermédiaire des deux protagonistes auxquels on s’attache, le film est à la croisée entre une fiction haletante et un documentaire édifiant.

En savoir plus :

Antoine Corte

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