Dernière mise à jour : février 12th, 2026 à 10:45 pm
Actuellement dans les salles, le long métrage Nuremberg de James Vanderbilt fait plus que rappeler un fait d’Histoire. Le duel psychologique, qui s’y joue entre Rami Malek et Russell Crowe, révèle les recoins les plus sombres et les plus lumineux de l’âme humaine. L’avis et la critique de Bulles de Culture sur une expérience cinématographique totale, aussi immersive qu’introspective.
Synopsis :
Nuremberg nous plonge au cœur du procès historique intenté par les Alliés après la chute du régime nazi en 1945. Le psychiatre américain Douglas Kelley (Rami Malek) est chargé d’évaluer la santé mentale des hauts dignitaires nazis afin de déterminer s’ils sont aptes à être jugés pour leurs crimes de guerre. Mais face à Hermann Göring (Russel Crowe), bras droit d’Hitler et manipulateur hor pair, Kelley se retrouve pris dans une bataille psychologique aussi fascinante que terrifiante.
Nuremberg : retour vers l’horreur

Dans le film Nuremberg, les qualités de scénariste de films à rebondissements de James Vanderbilt sont bien illustrées. Pour son deuxième passage derrière la caméra, il adapte le livre Le Nazi et le Psychiatre (2013) de Jack El-Hai. Tel un professeur, qui trouve la bonne formule pour accrocher ses élèves, son approche maîtrisée du thriller a le mérite de dépoussiérer l’Histoire sans pour autant la dépouiller de sa substance.
Nuremberg est centré sur la mise en place d’un procès important et, en ce sens, se fait le devoir d’une mémoire que certains préfèrent diffamer. Ce long métrage met en lumière la force de caractère et la détermination de personnes, aujourd’hui oubliées, qui en sont à l’origine. Sa mise en scène évoque certains succès du box-office, méconnus de la génération TikTok, bien que ces films ne soient pas aussi lointains que le sujet abordé.
Une tension qui monte en crescendo, maîtrisée de main de maître, des moments chocs savamment placés, et une libération finale sans temps mort : tout concourt à donner l’impression d’un exercice cinématographique parfaitement exécuté. La mise en scène, volontairement épurée, sert tantôt d’écrin aux acteurs les plus charismatiques, tantôt révèle impitoyablement les limites de ceux qui le sont moins.
Russel Crowe vs Rami Malek

Nuremberg marque le retour de Rami Malek sur le devant de la scène, après une période où son physique — disons-le, atypique — semblait omniprésent sur les affiches des blockbusters. Cette impression de “retour” après une absence pourtant brève en dit long sur l’effet de saturation que peut provoquer, auprès du public, une succession trop rapide de projets.
Face à lui, un monstre sacré du cinéma, qui, à l’instar d’une marque de luxe, cultive la rareté comme une ligne de conduite — rien de mieux pour susciter le désir. Dans un monde où les imitations pullulent, Russell Crowe, dans Nuremberg, rappelle que la différence se niche dans les détails infimes. Un presque imperceptible changement de physionomie, sans artifice ni morphing IA, se répercute sur tout son être et transforme l’atmosphère de la scène. Même la copie la plus aboutie ne saurait reproduire ce qui relève d’un savoir-faire inné, ou, chez celui qui restera à jamais Gladiator, cette aura indescriptible, celle d’un bolide dont on devine la puissance sous le capot. Dans l’ambiance de procès du film de James Vanderbilt, on pense même au magnétisme d’un autre monstre sacré du cinéma, Jack Nicholson, dans Des hommes d’honneur (1992) de Rob Reiner.
À l’inverse, Michael Shannon, qui incarne pourtant Robert H. Jackson — l’homme à l’origine même du procès de Nuremberg — peine à imposer le charisme nécessaire pour transcender son physique si distinctif. Il se retrouve éclipsé, avalé par la présence magnétique de Leo Woodall, qui, avec ce rôle, pourrait bien devenir la nouvelle idole des jeunes filles. Son monologue, pourtant l’un des moments les plus puissants du film, ne surpasse pas la scène entourée d’un silence assourdissant, où le réalisateur nous confronte brutalement à l’horreur.
Notre avis ?
Leçon d’histoire brillamment mise en scène avec des accents de thriller, le long métrage Nuremberg offre un rappel brutal et nécessaire en ces temps incertains. Son duo d’acteurs tient toutes ses promesses. Rami Malek réussit à exister pleinement face à un Russell Crowe, toujours aussi impérial.
En savoir plus :
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- Date de sortie France : 28/01/2026
- Distribution France : Nour Films

