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La nuit du 12 Affiche film critique avis

Critique / « La Nuit du 12 » (2022) de Dominik Moll

Dernière mise à jour : juillet 16th, 2022 at 04:05

Habitué à la sélection officielle du Festival de Cannes avec Lemming ou encore Harry, un ami qui vous veut du bien , Dominik Moll a présenté La nuit du 12 en sélection Cannes Première au dernier rendez-vous sur la croisette. Le thriller policier captivant suivant l’enquête d’un féminicide non élucidé est sorti dans les salles de cinéma le 13 juillet 2022. La critique et l’avis de Bulles de Culture

Synopsis :

À la PJ chaque enquêteur tombe un jour ou l’autre sur un crime qu’il n’arrive pas à résoudre et qui le hante. Pour Yohan (Bastien Bouillon) c’est le meurtre de Clara (Lula Cotton-Frapier). Les interrogatoires se succèdent, les suspects ne manquent pas, et les doutes de Yohan ne cessent de grandir. Une seule chose est certaine, le crime a eu lieu la nuit du 12.

La nuit du 12 : dénonciation du machisme ambiance de la société moderne

Avec La nuit du 12, Dominik Moll signe son septième long-métrage qui se veut très singulier par rapport aux autres, après notamment Seules les bêtes en 2019. Le réalisateur du film Le Moine adapte librement une partie de l’ouvrage de Pauline Guena, 18.3 : une année à la PJ. La journaliste a passé un an en immersion dans un service de police judiciaire.

Pour son film, Dominik Moll s’est intéressé à un fait divers particulier, présent en fin de livre, lui permettant de traiter les violences faites aux femmes. Le cinéaste ne fait pas que montrer l’atrocité d’un meurtre d’une jeune fille immolée dans la rue en sortant de soirée, mais souhaite mettre en avant le machisme ambiant qui règne dans la société actuelle, y déplorant par exemple qu’une femme ne puisse pas encore sortir la nuit en mini-jupe sans craindre une agression. Interrogé par la police, la meilleure amie de la victime en dit long sur les travers modernes de l’inégalités des sexes : « elle a été tuée parce que c’est une femme ».

La nuit du 12 photo film critique avis 2
© Haut et Court

Une enquête très bien documentée

A côté, Dominik Moll filme minutieusement, et avec détails, une enquête très bien documentée en ayant travaillé des personnages incarnés, usés par leur lutte acharnée de recherche de la vérité. Bastien Bouillon convainc dans ce qui est l’un de ses grands premiers rôles au cinéma. Toujours avec douceur, celui qui est également dans Seules les bêtes joue avec plus de solennité ce flic investi. Bouli Lanners apparait avec la fragilité qui le caractérise, juste après avoir interprété l’amnésique dans le drame amoureux qu’il a lui-même mis en scène, L’ombre d’un mensonge. A noter, l’apparition de la trop rare Anouk Grinberg, qui avant de la découvrir dans un rôle de comédie chez Louis Garrel pour L’innocent à sortir en octobre prochain, incarne une juge charismatique déterminée à résoudre l’enquête.

La nuit du 12 adopte cet angle réaliste et montre un service public tel qu’il est, avec ses faiblesses et ses terribles manques de ressources. On y voit des hommes exténués à ne plus attendre qu’on leur paye leurs heures supplémentaires. Chacun semble hanter par les affaires qu’ils couvrent, gardant en eux un traumatisme profond à chaque cold case.

Sans fracas ni scènes d’action à outrance, La nuit du 12 est un polar saisissant sur le fonctionnement de la police judiciaire prônant une inégalité entre les sexes.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 13/07/2022
  • Distribution France : Haut et Court
Antoine Corte

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