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THE POWER OF THE DOG

Critique / « The Power of the Dog » (2021) de Jane Campion

On l’a bien compris, de part la liberté créative octroyée, Netflix est devenu le terrain de jeu favori des réalisateurs. Ainsi après Fincher, Scorsese ou encore Cuarón, c’est Jane Campion qui sort de sa réserve avec The Power of the Dog. La première femme à avoir gagné la palme d’or en a-t-elle profité pour nous livrer un de ces bijoux dont elle a le secret ? L’avis et la critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Un éleveur à l’autorité charismatique, Phil Burbank (Benedict Cumberbatch), tente d’intimider la nouvelle épouse (Kirsten Dunst) de son frère (Jesse Plemons) et le jeune fils de celle-ci (Kodi Smit-McPhee). Mais des secrets bien gardés refont surface.

The Power of the Dog : poor lonesome cow-boy

THE POWER OF THE DOG
© KIRSTY GRIFFIN / NETFLIX 2021

Phil Burbank n’a que deux points communs avec le célèbre poor lonesome cow-boy que la solitude et la rapidité. Mais, à la place de son arme, ce sont les « amabilités » que Phil dégaine très facilement. Un vrai « bully » dont les attentions ont pour cible principale son jeune frère Georges.

The Power of the Dog est l’occasion pour Benedict Cumberbatch d’interpréter un personnage qui n’est pas juste froid comme cela a pu être le cas tout le long de sa filmographie. Cette fois, il donne littéralement dans la méchanceté gratuite et cependant, réussit à le faire avec la classieuse sobriété qui l’habite.

Le personnage de Phil Burbank n’est vraiment pas un gentil, mais celui qui incarne Doctor Strange semble avoir fait le choix de ne pas caricaturer un Clint Eastwood, représentation la plus répandue de l’homme solitaire après John Wayne.

Est-ce une finesse de jeu qui laisse entrevoir la complexité du personnage ou la personnalité que l’on prête inconsciemment à l’acteur qui persiste ?

Toujours est-il que le soulagement ressenti, en le voyant juste enfiler des vêtements décents dans une des dernières scènes du film, laisse planer le doute. Comme si on avait hâte qu’il enlève ce costume d’épouvantail qui, à notre goût, lui va si mal…

Wild Wild West

THE POWER OF THE DOG
© KIRSTY GRIFFIN / NETFLIX 2021

Des vaches, des montagnes, des secrets, difficile de ne pas penser au chef d’œuvre d’Ang Lee (Le Secret de Brokeback Mountain) en regardant ce The Power of the Dog car il y a aussi des histoires d’amour.

Dans le film de Jane Campion, on a un amour que certains trouvent intéressé mais qui est resté secret car d’autres le condamneraient et surtout, un amour filial qui mène le jeune Peter à toutes les extrémités. Kodi Smit-McPhee, qui partage avec son oppresseur une certaine singularité dans le physique, incarne très bien cet adolescent doté de plus de ressources qu’on ne penserait.

Ainsi, au fil des 4 chapitres de l’histoire, on découvre/devine la complexité de chaque protagoniste dans un environnement où toutes les vérités ne sont pas dites. Un univers partagé entre caractères bruyants et taiseux et où les sentiments ne sont pas les plus heureux.

La sensation de mal-être ambiante est bien illustrée par une pénombre constante qui règne dans le ranch et exacerbée par les cordes lancinantes, entêtantes et parfois irritantes qui rythment l’histoire.

Le tout est filmé dans des immensités de toute beauté, avec des moments emprunts d’une inattendue et fort subtile sensualité.

Notre avis ?

Ceux qui n’aiment pas les films où l’histoire met du temps (nécessaire ?) à s’installer auront du mal à regarder The Power of the Dog. Mais pour ceux qui vivent pour ces moments de cinéma où l’on peut apprécier la finesse de la mise en scène, le choix de chaque plan et de ce qu’il dévoile de l’histoire, ce sera clairement un régal.

Les inconditionnels de Benedict Cumberbatch seront également ravis de le retrouver sous toutes les coutures , tout comme ceux de la plus rare Kirsten Dunst.

Quant à Kodi Smit-McPhee, il continue à confirmer tout le bien qu’en a dit celui qui a joué son père dans La Route (2009), un certain Viggo Mortensen. Rien que ça…

En savoir plus :

  • The Power of the Dog est disponible en streaming sur Netflix depuis le mercredi 1er décembre 2021
  • Le film a remporté le Lion d’argent de la meilleure réalisatrice pour Jane Campion à la Mostra de Venise en 2021
Fanny N.

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