Suite et fin ce soir sur ARTE du haletant thriller politique The Deal (2025) de Jean-Stéphane Bron et Alice Winocour, avec Veerle Baetens. L’avis et la critique de Bulles de Culture sur cette série internationale coup de coeur, ainsi que notre interview du créateur.
Synopsis épisodes 1 à 3
Avril 2015, Genève. Alexandra Weiss (Veerle Baetens), cheffe du protocole suisse, doit organiser dans l’ombre des négociations cruciales sur le nucléaire iranien.
Synopsis épisodes 4 à 6
Alexandra Weiss propose à l’ingénieur iranien Payam Sanjabi (Arash Marandi) et au Pr Koonitz (Rich Fulcher), l’expert technique de la délégation américaine, de collaborer en secret.
The Deal : une interprétation intense, une écriture méticuleusement documentée et une réalisation brillante

Avec un scénario de Jean-Stéphane Bron, Alice Winocour, Eugène Riousse, Stéphane Mitchell et Julien-Guilhem Lacombe, une image d’Adrien Bertolle, un son de Daniel Ben Luce et Julien Momenceau, des décors de Véronique Sacrez, des costumes d’Isabelle Pannetier, des montages de Sarah Anderson et Jean-Baptiste Morin, une musique originale d’Amine Bouhafa et une réalisation de Jean-Stéphane Bron, la série The Deal revient en 6 épisodes de 46 minutes sur les négociations qui ont abouti, en juillet 2015, à l’accord historique sur le nucléaire iranien – un accord qui sera plus tard torpillé par Donald Trump.
Conçue sous la forme d’un , cette série nous plonge avec précision et tension dans les , au cœur des couloirs feutrés de la diplomatie suisse. Figure centrale et discrète de ces pourparlers sous haute tension, la , interprétée par Veerle Baetens, sert de point d’entrée à ce récit captivant.
Autour d’elle, une galerie de personnages incarnant chaque camp — et portés par une (Juliet Stevenson, Arash Marandi, Anthony Azizi, Fenella Woolgar, Alexander Behrang Keshtkar, Marie Jung et Sam Crane) — donne vie à des enjeux humains aussi poignants que complexes.
Notre avis ?
Portée par une interprétation intense, une écriture méticuleusement documentée et une réalisation brillante, la série The Deal parvient à nous embarquer dans les méandres et rebondissements secrets d’enjeux internationaux délicats, impliquant des individus profondément humains, avec leurs failles, leurs peurs et leurs espoirs. C’est un coup de coeur de Bulles de Culture.
Rencontre avec le réalisateur et créateur de la série Jean-Stéphane Bron : “L’idée de la série est de montrer ce qui se passe derrière les portes closes”

C’est lors du festival Séries Mania 2025 à Lille, où la série a reçu la Mention spéciale scénario de la compétition internationale, que Bulles de Culture a pu échanger avec Jean-Stéphane Bron, le réalisateur et cocréateur suisse de la série The Deal.
Bulles de Culture : Pourriez-vous revenir sur la genèse de cette série ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de revenir sur cet évènement historique ?
Jean-Stéphane Bron : J’habite à Lausanne et une partie de ces négociations a eu lieu dans cette ville. On a d’ailleurs tourné dans l’hôtel où a été signé le pré-accord.
Depuis très longtemps, je m’intéresse aux coulisses de la politique. J’ai passé ma vie à filmer ce qui se passe derrière les portes closes de ce monde-là. Alors, quand ces négociations ont eu lieu à Genève, ça m’a énormément intéressé. J’ai commencé à creuser, à interviewer des diplomates et des universitaires et on a décidé d’en faire une série.
Nous avons tous en tête les images récentes de l’humiliation de Volodymyr Zelensky par Donald Trump. Ce sont des images publiques. L’idée de la série, c’est de montrer ce qui s’est passé avant et ce qui s’est passé après, en termes d’émotions et de jeux de pouvoir. L’idée de la série est de montrer ce qui se passe derrière ces portes closes.
“J’avais en tête que la série devait être très physique et très rapide”
Bulles de Culture : Quels ont été vos partis pris de réalisation pour The Deal ? On peut penser à la série à À la Maison-Blanche…
Jean-Stéphane Bron : Je n’avais pas trop de séries en tête, mais comme dans mon travail, j’ai beaucoup filmé les salles de conférence de presse, les couloirs, les lobbies des parlements, etc. et que j’ai passé des années à suivre le leader de l’extrême-droite en Suisse pendant sa campagne, j’avais en tête que la série devait être très physique et très rapide avec une énergie qui vienne aussi des corps.
Avec le chef opérateur Adrien Bertolle, on a vu plein de de films avec des négociations autour d’une table. On ne les a pas imités, mais c’était quand même des références. Dans The Social Network, par exemple, presque la moitié du film se passe avec des gens assis autour d’une table.
Après il y a vraiment eu cette idée de vitesse qui est obtenue par le personnage d’Alexandra Weiss [NDLR : la cheffe de mission diplomatique suisse]. D’où le choix de la comédienne Veerle Baetens pour l’incarner. Elle a ce côté extrêmement nerveux, sec et rapide dans sa tête et dans son corps.
Ensuite, dans beaucoup de scènes, j’ai demandé aux acteurs de ne pas de jouer avec leur partenaire, mais de jouer directement pour l’objectif, afin qu’au montage, on ait l’impression qu’ils se parlent droit dans les yeux. On voulait vraiment, à certains moments, avoir des confrontations les yeux dans les yeux. Comme dans les western où il y a des regards caméra.
En savoir plus : diffusion télé, streaming et replay gratuit
- The Deal est diffusé sur ARTE les jeudis 23 et 30 octobre 2025 à 20h55
- La série est proposée en streaming et replay gratuit sur la plateforme Arte.tv
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