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Les choses humaines affiche film

Critique / « Les Choses humaines » (2021) d’Yvan Attal

Dernière mise à jour : décembre 8th, 2021 at 12:34

Avec Les Choses Humaines, Yvan Attal adapte le livre de Karine Tuil, Prix Goncourt des lycéens en 2019, et met en scène son fils, Ben Attal, et sa femme, Charlotte Gainsbourg, dans un film passionnant sur la question du consentement. La critique et l’avis film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Un jeune homme (Ben Attal) est accusé d’avoir violé une jeune femme (Suzanne Jouannet). Qui est ce jeune homme et qui est cette jeune femme ? Est-il coupable ou est-il innocent ? Est-elle victime ou uniquement dans un désir de vengeance, comme l’affirme l’accusé ?

Les deux jeunes protagonistes et leurs proches vont voir leur vie, leurs convictions et leurs certitudes voler en éclats mais… n’y a-t-il qu’une seule vérité ?

Les Choses humaines : la question du consentement

Souvent entouré de sa famille dans ses films, Yvan Attal les emmène cette fois-ci vers un sujet grave et actuel : le consentement.

Le livre éponyme de Karine Tuil aborde en effet avec beaucoup de nuances cette question délicate en posant des questions percutantes, que reprennent avec brio l’adaptation cinématographique.

Autour du viol, le réalisateur cherche en effet à expliquer que l’interprétation juridique des termes « relations sexuelles non consenties » est parfois complexe et délicate.

A la genèse de l’histoire, il y a surtout deux individus très différents. Lui est un fils de bonne famille promis à un avenir prometteur, elle vient d’une famille juive orthodoxe de milieu modeste. Les deux sont confrontés à des divergences dans la perception d’un acte sexuel, sacralisé pour l’une, assouvissement de fantasmes crus pour l’autre.

Les Choses humaines mélange habillement le film de société avec celui de procès.

Dans une première partie qui pose la narration, le réalisateur s’attache à mettre en avant l’importance de l’éducation, à travers d’une part le jeune homme qui évolue dans un milieu d’impunité où son père (Pierre Arditi), grand journaliste de télévision, n’hésite pas à enchainer les histoires d’un soir avec peu de considération pour la gente féminine.

Et l’autre, la jeune femme est élevée dans la foi où les premières relations sexuelles doivent se faire après le mariage.

Comme souvent dans ce type d’affaires criminelles, c’est la parole de l’un contre la parole de l’autre.

Deux perceptions qui s’affrontent

Les Choses humaines d'Yvan Attal photo film cinéma
Suzanne Jouannet et Ben Attal dans le film « Les Choses humaines » © Jérôme Prébois – 2021 CURIOSA FILMS / FILMS SOUS INFLUENCE / GAUMONT / FRANCE 2 CINÉMA

Cependant, plus que la recherche d’une vérité, Les Choses humaines va plutôt choisir de s’intéresser à la notion de point de vue, magnifiquement mis en valeur dans le prétoire de la seconde partie, là où le procès aux assises se tient, permettant de confronter la perception des deux étudiants.

Le sujet de fond du film émane de la problématique ô combien difficile des critères pour l’obtention d’un consentement.

Pour le tenir en acquis, faut-il formellement que la personne exprime un « oui » non équivoque ou peut-on se contenter d’une présomption de consentement quand la victime ne dit rien dans une sorte de principe de « qui ne dit mot consent » ?

Que se passe-t-il alors si le présumé violeur ne se rend pas compte que la présumée victime n’était pas consentante ?

Ces questionnements centraux sont très concrètement traités dans la magnifique plaidoirie de l’avocat de l’accusé, interprété par un Benjamin Lavernhe, impressionnant d’éloquence.

Entre les deux protagonistes, le film incite certes à prendre parti pour l’un ou l’autre. Cependant, parmi les deux jeunes acteurs au casting, il n’y a pas de choix à avoir entre la remarquable prestation dans l’arrogance maladroite de Ben Attal et l’intense douleur traumatique de Suzanne Jouannet.

Notre avis ?

Les Choses Humaines réussit à retranscrire la complexité du sujet de société du livre de Karine Tuil grâce à un film qui invite à un débat concret sur le consentement.

En savoir plus :

Antoine Corte

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