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La décision de Karine Tuil image couverture livre
Couverture du livre "La décision" de Karine Tuil

Critique / « La décision » (2022) de Karine Tuil : les affres du libre arbitre

La décision : avec ce nouveau roman, Karine Tuil nous entraîne dans le quotidien de juges d’instruction antiterroristes, au cœur de l’âme humaine, dont les replis les plus sombres n’empêchent ni l’espoir ni la beauté. L’avis et la critique livre de Bulles de Culture.

Synopsis :

Mai 2016. Dans une aile ultra-sécurisée du Palais de justice, la juge Alma Revel doit se prononcer sur le sort d’un jeune homme suspecté d’avoir rejoint l’État islamique en Syrie. À ce dilemme professionnel s’en ajoute un autre, plus intime : mariée depuis plus de vingt ans à un écrivain à succès sur le déclin, Alma entretient une liaison avec l’avocat qui représente le mis en examen. Entre raison et déraison, ses choix risquent de bouleverser sa vie et celle du pays…

Avec le ton sec de la déposition, Karine Tuil nous livre avec La décision un récit du quotidien d’une femme, juge antiterroriste, maman, amie, amante. Toutes les femmes cohabitent en elle, toutes les femmes peuvent se reconnaitre en elle.

L’histoire décrit le cheminement vers la « décision » et ses conséquences, dans un milieu peu connu, secret, celui de l’antiterrorisme. Et avec une description du réel très fine et très documentée, Karine Tuil aborde un sujet d’actualité à prendre avec des pincettes : le terrorisme islamiste.

La décision : roman du réel

Karine Tuil écrit avec La décision une tragédie moderne avec une quête de la vérité soumise à l’épreuve du réel. Elle arrive avec brio à fictionnaliser les attentats que nous n’avons hélas que trop connu.

Son écriture est précise, acérée. Elle décrit un portrait de femme, en pleine crise de la cinquantaine, dans ce qu’elle a de plus complexe.

La construction du roman, alternance de quotidien / travail d’enquête / extraits d’interrogatoires, donne un rythme rapide, propre au quotidien d’Alma Revel, l’héroïne.

Notre avis ?

La décision, ou plutôt les décisions, prises au fur et à mesure du roman, marquent une tension croissante. Les cas de conscience frôlent l’épuisement. Et la fin « à la grecque », avec un « deus ex machina » aux ficelles grossières, est un peu caricaturale mais qu’importe.

Pour le témoignage des victimes, pour l’exactitude, Erwan Larher a écrit l’excellent Le livre que je ne voulais pas écrire (2017), dans lequel on se plonge en prolongement du roman de Karine Tuil.

En savoir plus :

  • Karine Tuil, La décision, édition Gallimard, 6 janvier 2022, 304 pages, à partir de 14.99 euros
Esther L.

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