Deux ans après avoir bousculé la Croisette et remporté le prix Un Certain Regard avec Les Pires (2022), le duo de réalisatrices Lise Akoka et Romane Gueret revient avec Ma frère, une proposition solaire, prolongeant leur travail sur le casting sauvage et la frontière ténue entre fiction et documentaire. La critique et l’avis de Bulles de Culture.
Synopsis :
Shaï et Djeneba ont 20 ans et sont amies depuis l’enfance. Cet été-là, elles sont animatrices dans une colonie de vacances. Elles accompagnent dans la Drôme une bande d’enfants qui, comme elles, ont grandi entre les tours de la Place des Fêtes à Paris. À l’aube de l’âge adulte, elles devront faire des choix pour dessiner leur avenir et réinventer leur amitié.
Ma frère : chronique d’un été émancipateur
Shaï et Djeneba (Shirel Nataf et Fanta Kebe), amies d’enfance inséparables de la Place des Fêtes à Paris, ont vingt ans. L’âge des choix, mais aussi des derniers étés d’insouciance. Pour la saison, elles s’improvisent animatrices dans une colonie de vacances et embarquent avec elles une ribambelle d’enfants issus de leur propre quartier. Loin du bitume, au cœur d’une nature drômoise aussi dépaysante qu’étrangère à leurs codes, le groupe doit apprendre à faire corps. Entre les responsabilités d’adultes qui se profilent et les dynamiques adolescentes qui persistent, les deux jeunes femmes voient leur amitié indéfectible mise à l’épreuve des trajectoires individuelles.
Pour comprendre Ma Frère, il faut remonter à la genèse du travail des cinéastes. Ce film se conçoit comme une « suite libre » de leur web-série Tu préfères (2020), dont on retrouve l’énergie brute et le casting. Lise Akoka et Romane Gueret confirment ici leur méthode singulière : une écriture immersive qui puise sa force dans la personnalité même de leurs interprètes non-professionnels (ou en voie de professionnalisation).

Le projet s’éloigne de l’aspérité quasi méta-cinématographique des Pires pour embrasser un genre codifié du cinéma français : le film de colonie de vacances. Mais là où Nos Jours Heureux jouait la carte de la comédie pure, Ma Frère tente une hybridation plus ambitieuse, cherchant à capturer la réalité d’une jeunesse souvent caricaturée, tout en la frottant à une dramaturgie plus classique du récit d’apprentissage.
Le duo de réalisatrices excelle là où on l’attendait : la direction d’acteurs. Il se dégage du film une puissance comique et émotionnelle indéniable, portée par la verve de Fanta Kebe et Shirel Nataf, dont la complicité crève l’écran. Le titre même, Ma Frère, avec sa faute de grammaire volontaire, agit comme un étendard : il revendique une identité hybride, une sororité virile, un code d’honneur qui transcende le genre. L’apparition d’Amel Bent en directrice de colonie, à contre-emploi mais d’une justesse touchante, participe de cette générosité qui vise à fédérer le grand public.
Notre avis ?
Ma Frère est une œuvre attachante, une “pépite” d’humanité qui fait du bien. En passant du cinéma d’auteur radical à une forme plus populaire, Lise Akoka et Romane Gueret ont gagné en accessibilité et célèbrent le vivre ensemble.
En savoir plus :
- Pour Cinéma
- Date de sortie France : 7/01/2026
- Distribution France : StudioCanal
Bulles de Culture Sur Bulles de Culture, chaque jour, la culture sort de sa bulle !
