Dernière mise à jour : avril 10th, 2025 à 03:55 pm
Actrice récemment remarquée pour ses magnifiques prestations dans le film L’Histoire de Souleymane et la série La Fièvre, Nina Meurisse est ce soir à l’affiche, avec Mathieu Demy, de la série d’ARTE primée et inspirée de faits réels, 37 secondes (2024). Interview Bulles de Culture de la comédienne.
Synopsis :
Le 15 janvier 2004, le chalutier breton Bugaled Breizh chavire brutalement au large des côtes anglaises. Des secours sont aussitôt dépêchés sur place, en vain : deux marins sont retrouvés noyés, trois autres sont portés disparus. Le procureur chargé du dossier conclut à une collision avec un cargo, mais Marie Madec, la belle-sœur d’un pêcheur disparu, n’accepte pas ces explications. D’autant que les autorités persistent à ignorer qu’un sous-marin a été vu dans la zone du naufrage…
Rencontre avec la comédienne Nina Meurisse pour la série 37 secondes : “La quête de Marie prend une telle ampleur qu’on l’écoute et que ça la galvanise et la montre sous un autre jour”
C’est lors du festival Séries Mania 2025, où 37 secondes a reçu le Prix de la meilleure série dans la compétition française, que Bulles de Culture a pu assister à la conférence de presse consacrée à la série d’ARTE, créée par Anne Landois et Sophie Kovess-Brun et réalisée par Laure de Butler, d’après une histoire vraie.
Dans les 6 épisodes de 52 minutes, la talentueuse comédienne Nina Meurisse, que nous avions déjà rencontrée il y a plusieurs années pour son premier grand rôle dans la série Glacé et sa participation à la reprise des pièces d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri au théâtre, incarne Marie Madec.
Ce personnage de mère de famille mariée va tout faire pour comprendre les raisons de la mort brutale et énigmatique de son beau-frère et ses collègues pêcheurs en mer, notamment en s’attachant les services d’un avocat, Christophe Costil, interprété par Mathieu Demy.
Aviez-vous déjà entendu parler du mystérieux naufrage du chalutier breton Bugaled Breizh en 2004, dont la série 37 secondes s’est inspirée ?
Nina Meurisse : Pas du tout. J’ai vraiment découvert cette histoire en lisant le scénario. Et comme c’est une histoire réelle, il y a énormément de documentation, tels que des documentaires, des podcasts… avec aussi bien des points de vue journalistiques et judiciaires que des documents beaucoup plus émotionnels, comme le ressenti des gens par rapport au procès. C’était vraiment passionnant à à travailler.
Qu’est-ce que vous vous êtes racontée sur le personnage de Marie Madec et comment l’avez-vous approché ?
Nina Meurisse : D’abord, ce que j’ai adoré, à la lecture du scénario, c’est le parcours de Marie. C’est toujours merveilleux d’avoir des personnages qui commencent à A et qui arrive à B, 10 km plus loin. C’était très riche de pouvoir jouer plein de choses différentes.
L’idée était de partir de cette femme, bien intégrée dans son milieu social et assumant ses responsabilités, mais dont le mari a récemment eu un accident. Elle porte donc déjà un peu “la maison” et elle n’est pas vraiment reconnue dans son travail. Et quand ce drame arrive, son mari s’effondre. Du coup, elle a d’abord la volonté de récupérer sa vie d’avant et de retrouver la solidité de son couple. On sent qu’il y a un amour très très fort et de longue date avec son mari.
Ensuite, il y a tout ce trajet où elle va vouloir connaître la vérité, mais en fait, cette quête prend une telle ampleur — défendre la vérité pour les victimes — qu’on l’écoute et que ça la galvanise et la montre sous un autre jour.
Et ce que j’ai trouvé intéressant aussi, c’est la relation avec l’avocat [NDLR : interprété par Mathieu Demy], dans laquelle elle est écoutée et considérée. Il y a aussi une émulsion intellectuelle entre eux, qu’elle n’avait pas forcément dans sa vie parce qu’elle n’était pas sollicitée à cet endroit-là. D’un coup, ce sont deux énergies qui se rencontrent et qui crée une ambiguïté, non pas parce que la relation à cet homme l’a fait devenir grande et forte, mais parce qu’à la base, il y a une émulsion intellectuelle.
“Tourner là-bas, à Guilvinec, a été très inspirant”
Comment vous-êtes vous préparée pour votre rôle dans 37 secondes ?
Nina Meurisse : Encore une fois, ce qui était vraiment merveilleux, c’était d’avoir tous ces reportages sur la vie du Guilvinec [NDLR : la commune du Finistère où le chalutier disparu était immatriculé] et de tourner là-bas a été aussi très inspirant. On a vraiment passé 3 mois avec des gens qui avaient traversé cette histoire. On était dans le jus, quoi.
J’ai fait aussi un peu de mareyage [NDLR : c’est l’activité de préparation et de vente des produits de la mer frais pour les poissonniers et les écaillers] pour être libérée de toute cette gestuelle et de toute cette chorégraphie pour que ça ne vienne pas peser sur mon jeu. C’était génial de comprendre physiquement les journées de Marie. J’ai également regardé la manière de parler dans les manifestations de l’époque pour la scène où Marie gueule devant les médias.
Y a-t-il une scène particulière ou marquante pour vous ?
Nina Meurisse : Ce que j’ai trouvé particulièrement joyeux, c’étaient ces scènes de mareyage avec cette équipe de filles très concernées. J’avais vraiment l’impression d’être en Bretagne, de ne pas complètement faire semblant et de rendre hommage à ces corps de métier, qui sont quand même, en général, peu représentés ou de manière caricaturale et victimaire. Là, il y avait un vrai plaisir à bien faire leur travail.
En savoir plus :
- 37 secondes est diffusé sur ARTE les jeudis 3 et 10 avril 2025 à 20h55
- La série est proposée en streaming et en replay sur Arte.tv
Bulles de Culture Sur Bulles de Culture, chaque jour, la culture sort de sa bulle !

