Rien à perdre est sorti dans les salles de cinéma le 22 novembre 2023. Le film raconte le destin tragique d’une mère (Virginie Efira) auquel on retire la garde de ses enfants. Nous avons rencontré la réalisatrice, Delphine Deloget, dont c’est le premier long métrage.
Delphine Deloget aborder la complexité de l’aide à l’enfance
Bulles de Culture: Rien à perdre est votre premier long métrage de fiction. Vous avez réalisé de nombreux documentaires, voyageant dans plusieurs pays du monde. Dans ce cadre, vous avez déjà appréhendé la thématique de la protection de l’enfance. Qu’est-ce qui a motivé de passer du documentaire à la fiction?
Delphine Deloget: La fiction n’était pas une rupture, mais une évolution naturelle de mon travail dans le documentaire. J’avais de plus en plus recours à la mise en scène dans mes films documentaires. Mon désir de fiction est né d’un désir d’écriture, de scénariser davantage, de pousser les histoires plus loin. Travailler avec des acteurs et explorer des scènes impossibles dans un documentaire, comme des scènes d’action, a également suscité mon intérêt. Je voulais aller au-delà des limites du documentaire, atteindre une universalité dans le récit.
Bulles de Culture: Les thématiques de vos documentaires ont-elles influencé le sujet de “Rien à perdre“?
Delphine Deloget: Pas directement. Le point de départ était l’histoire d’une famille en désintégration. J’étais intéressée par les portraits d’une mère et son fils dans une situation explosive. Les thématiques de placement d’enfants sont venues ensuite, offrant le meilleur moyen de raconter cette désintégration.
“J’ai voulu explorer les déraillements, sans tomber dans le manichéisme”
Bulles de Culture: Quelle a été votre approche pour dépeindre la complexité de la situation de placement d’enfants en France ?
Delphine Deloget: J’ai été attirée par la façon dont la société, et pas seulement l’ASE (aide sociale à l’enfance), réagit face à la peur. Cette réaction déclenche parfois des processus qui dépassent tout le monde. J’ai voulu explorer les déraillements, sans tomber dans le manichéisme. Mon objectif était de montrer la complexité d’une telle procédure, où personne n’est le parfait bourreau, ni la victime idéale.

Bulles de Culture: Votre film évite une représentation manichéenne des assistants sociaux et de la mère. Comment avez-vous construit ce récit équilibré?
Delphine Deloget: Il était crucial d’éviter les stéréotypes et de chercher une complexité narrative. “Rien à perdre” n’est pas un film sur l’ASE, mais sur la réaction face à un problème. J’ai voulu montrer que même dans les institutions bien intentionnées, les choses peuvent mal tourner.
Bulles de Culture: Le film contient des moments de légèreté malgré son thème sérieux. Était-ce intentionnel?
Delphine Deloget: Absolument. J’avais besoin de capturer la vie dans toute sa complexité, y compris ses moments légers. Les acteurs apportent aussi leur dynamisme et de la nuance au film, enrichissant le récit.
Bulles de Culture: Quelles recherches avez-vous effectuées pour assurer l’authenticité du scénario?
Delphine Deloget: J’ai consulté une avocate spécialisée et écouté des enregistrements pour capturer le vocabulaire et l’expression authentiques des professionnels. J’ai également tiré des enseignements de documentaires pertinents.
“Les femmes seules avec des enfants sont souvent plus vulnérables”
Bulles de Culture: Votre film aborde les défis des femmes seules avec des enfants. Était-ce un thème conscient?
Delphine Deloget: Oui, c’est un aspect important. Les femmes seules avec des enfants sont souvent plus vulnérables et confrontées à davantage de défis dans la société. Ce thème reflète les réalités contemporaines.
Bulles de Culture: On ne peut s’empêcher à la filmographie de Ken Loach en regardant “Rien à perdre“. Est-ce une influence délibérée?
Delphine Deloget: Ken Loach est une référence inévitable, mais j’ai également été influencée par d’autres cinéastes comme Jude Apatow. Rien à perdre a un petit côté comédies anglaises où les personnages secondaires sont travaillés. J’essaie en tous cas de mélanger différents genres pour créer une narration unique.
En savoir plus :
- Date de sortie France : 23/11/2023
- Distribution France : AdVitam
Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
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