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Dinard Film Festival 2024 ambiance
Jean Enders

Le Dinard Festival du Film Britannique & Irlandais célèbre sa 35e édition en beauté

Dernière mise à jour : décembre 8th, 2024 à 12:36 pm

“Paul and Paulette Take a Bath” : Un bain d’émotions macabre au Dinard Festival du Film Britannique et Irlandais

Paul and Paulette film photo 2024
D.R.

Présenté pour la première fois à la Mostra de Venise 2024, Paul and Paulette Take a Bath a reçu à Dinard le prix “Talent de Demain” Ouest-France, dédié aux jeunes réalisateurs. Ce film, à la croisée du drame et de la comédie noire, raconte l’histoire de Paul, un expatrié anglais, et de Paulette, sa compagne française, tous deux obsédés par les scènes de crime. À l’occasion de cette prix, nous avons rencontré le réalisateur du film, Jethro Massey, et son actrice principale, Marie Benati.

Bulles de Culture :  Jethro, « Paul et Paulette Take a Bath » marque un tournant dans votre carrière. C’est votre premier long-métrage de fiction. Pouvez-vous nous parler de la genèse du projet ?

Jethro Massey : Oui, c’est mon premier long-métrage de fiction après plusieurs courts-métrages et documentaires. J’ai toujours rêvé de faire un long-métrage, mais il fallait trouver le bon moment. J’avais un scénario qui me tenait à cœur depuis un moment, et pour m’engager, j’ai fait une annonce sur Facebook, en disant à mes amis : « Je vais faire un film, j’ai besoin de votre soutien ». C’était une manière de me mettre la pression. Une fois que c’était dit, je n’avais plus le choix que de le faire !

LC : Filmer à Paris, c’était une évidence pour vous ?

Jethro Massey : En effet. Je suis né en Angleterre, mais je vis à Paris depuis plus de 20 ans. Cette ville a une énergie particulière. Il y a une beauté et une histoire cachée dans chaque coin de rue. C’était le lieu idéal pour ce film. Paul, le personnage principal, est un expatrié anglais comme moi. Il découvre et se confronte à l’histoire de la ville, tout comme je l’ai fait à mon arrivée ici.

Bulles de Culture : Comment vous êtes-vous rencontrés pour le projet ? avez-vous rejoint ce projet ?

Marie Benati : C’est une histoire assez simple, mais qui me rappelle à quel point les opportunités dans ce métier peuvent arriver de manière imprévisible. J’ai vu passer une annonce de casting dans une newsletter à laquelle je suis abonnée, et les trois lignes qui décrivaient le film ont tout de suite capté mon attention. Le rôle de Paulette m’a semblé complexe et mystérieux, alors j’ai postulé sans trop y croire. C’était presque par hasard, mais j’étais en quête d’un projet stimulant à ce moment-là, et celui-ci m’a semblé correspondre.

Jethro Massey : Ce n’était pas du tout du hasard ! Dès son premier casting, il était clair que Marie avait un talent exceptionnel. Il y avait une vraie alchimie entre elle et le personnage de Paulette. J’ai tout de suite su que c’était elle. Ce qui est amusant, c’est que même si tout le reste de l’équipe s’accordait à dire que Marie était parfaite pour ce rôle, c’est vraiment dès cette première audition que ça m’a frappé.

Q A Paul and Paulette Dinard Film Festival
Sébastien Guillemois

Bulles de Culture : Votre film aborde notre fascination collective pour le macabre. Qu’est-ce qui vous a poussé à explorer ce sujet ?

Jethro Massey : C’était précisément la motivation derrière ce film. Je suis fasciné par ces moments de dissonance cognitive, ces instants où nos émotions et nos actions semblent en contradiction. Prenez l’exemple d’un accident dans la rue : on tourne la tête, puis on se demande si on devrait regarder. Cette zone d’inconfort, où l’on ne comprend pas nos propres réactions, est un terreau fertile pour le cinéma. Elle soulève des questions sans réponses évidentes, poussant le spectateur à réfléchir sur ses propres comportements. Pourquoi sommes-nous attirés par le true crime ou les histoires de meurtres ? Pourquoi restons-nous scotchés devant les chaînes d’information lors d’événements tragiques ? C’est cette tension entre répulsion et attraction que j’ai voulu explorer à travers ce film.

Marie Benati : Pour ma part, j’ai été particulièrement touchée par le désir profond de Paulette de ressentir des émotions intenses. Son attirance pour le macabre n’est qu’un moyen de se reconnecter au monde, de vivre des expériences émotionnelles fortes qu’elle s’interdit habituellement. C’est un aspect que je trouve fascinant en tant que comédienne, car il fait écho à notre propre quête d’expériences variées à travers nos rôles.

Bulles de Culture : Le film a aussi une dimension visuelle très marquée, notamment avec la reconstitution de la salle de bain d’Hitler, qui évoque la célèbre photo de Lee Miller. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Jethro Massey : Cette photo de Lee Miller dans la baignoire d’Hitler a été une source d’inspiration majeure pour le film. Elle symbolise cette intrusion dans l’intime, dans l’histoire sombre. Cela m’a amené à réfléchir sur notre fascination pour le mal, pour ces espaces chargés de tragédie. Nous avons voulu recréer cette atmosphère dans le film, en jouant avec le malaise et la curiosité du spectateur.

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Antoine Corte

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