Dernière mise à jour : décembre 8th, 2024 à 12:36 pm
Stanislas Merhar : cinéma britannique et introspection documentaire

Stanislas Merhar, acteur français reconnu pour sa polyvalence et son talent, a marqué le cinéma français depuis ses débuts dans “Nettoyage à Sec” d’Anne Fontaine, qui lui a valu le César de la révélation masculine. Il tourne récemment dans le court métrage « Le cœur ailleurs » de Laura Tuillier, véritable œuvre introspective où le comédien se livre. Membre du jury du Festival du Film Britannique et Irlandais de Dinard cette année, il nous donne ses impressions.
Bulles de Culture : C’est votre première expérience en tant que juré à Dinard. Comment vivez-vous cette expérience au sein d’un jury multiculturel ?
Stanislas Merhar : C’est effectivement ma première fois à Dinard, bien que j’aie déjà été juré dans d’autres festivals. Pour le moment, l’ambiance est très bonne au sein du jury. Nous sommes tous plus ou moins de la même génération, même si je suis un peu plus âgé. La vraie discussion aura lieu lors des délibérations, où nous verrons comment nos points de vue s’accordent sur les films.
Bulles de Culture : Qu’est-ce qui vous séduit particulièrement dans le cinéma britannique ?
SM : J’aime beaucoup de choses dans le cinéma britannique. S’il fallait en retenir une, je dirais que j’ai une affection particulière pour le cinéaste emblématique Peter Greenaway. Mais ce que j’aime particulièrement, c’est leur télévision que je trouve très pointue, surtout dans le genre policier. Il y a toujours cette “pâte anglaise” à laquelle je suis sensible. J’aime leur humour, leur architecture… Il y a quelque chose d’unique, de typiquement british. J’espère qu’ils pensent la même chose de nous !
Bulles de Culture : Parlons du documentaire que Laura Tuillier a réalisé sur vous. Comment ce projet est-il né ?
SM : C’est un projet qui s’est construit naturellement. J’ai rencontré Laura quand elle était l’assistante de Philippe Garrel. Après avoir tourné son premier moyen métrage avec elle, nous sommes devenus amis. Un jour, elle m’a demandé si elle pouvait venir chez moi avec des caméras. J’ai une confiance totale en elle, alors je me suis laissé faire sans arrière-pensée.
Le tournage s’est fait en plusieurs étapes. D’abord quelques jours chez moi à Paris, puis, après le décès de ma mère, nous sommes allés dans ma maison familiale. Tout ce que vous voyez dans le film s’est passé en temps réel. Laura a su capter ces moments avec une grande sensibilité.
Bulles de Culture : Comment avez-vous vécu cette expérience devant la caméra, dans un contexte si personnel ?
SM : Je n’étais pas du tout dans une posture de comédien. C’était extrêmement naturel, grâce à la confiance que j’ai en Laura. Elle tournait peu, quelques heures par jour, mais je pense qu’elle avait tout construit en amont. Elle savait quels plans elle allait faire, quelles questions elle allait me poser. Mais rien n’était discuté à l’avance avec moi.
Laura a une approche très artisanale du cinéma, un peu comme Philippe Garrel. Elle fabrique ses films avec patience et précision. Tout ce que je dis dans le documentaire n’est pas écrit, mais elle m’amène à dire ces choses-là. Elle me dirige, mais sans que je sois vraiment un comédien.
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