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Les Alchimistes

Critique / “The Flats” (2025) de Alessandra Celesia

The Flats plonge au cœur d’un quartier catholique de Belfast hanté par les séquelles du conflit nord-irlandais. En mêlant reconstitutions, thérapie et témoignages, le documentaire se perd dans une narration éclatée et une mise en scène trop sombre. La critique et l’avis de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Dans sa tour HLM de New Lodge, Joe met en scène des souvenirs de son enfance vécue durant les « Troubles » conflit armé qui déchira l’Irlande du Nord des années 60 à 1998, et fit particulièrement des ravages dans ce quartier catholique de Belfast. Jolene, Sean, Angie et d’autres voisins se joignent à lui pour revisiter leur mémoire collective, qui a façonné leur vie et leur quartier.

The Flats : un mélange de fiction et de thérapies

Réalisé par Alessandra Celesia, The Flats est un documentaire qui plonge dans l’univers sombre et complexe de New Lodge, un quartier catholique de Belfast marqué par les séquelles des Troubles, ce conflit nord-irlandais qui a déchiré la région pendant des décennies. La réalisatrice, connue pour son précédent documentaire The Bookseller of Belfast (un court-métrage centré sur un libraire contraint de fermer boutique), explore ici les traumatismes intergénérationnels et les luttes quotidiennes des habitants du quartier.

Joe McNally, un républicain vieillissant, est hanté par le meurtre de son oncle pendant les Troubles, alors qu’il n’avait que neuf ans. Pour tenter d’exorciser cette douleur, il recrée la scène de l’enterrement de son proche, ravivant ainsi son traumatisme. Il se rend chez un thérapeute et confie avoir cherché du réconfort dans l’alcool, comme sa mère avant lui. Pour fuir la zone de guerre entre catholiques et protestants, celle-ci avait d’ailleurs choisi d’isoler sa famille en s’installant dans une caravane en province.

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Les Alchimistes

À travers une série de reconstitutions funéraires, The Flats cherche à repousser les limites du genre documentaire en entremêlant fiction et thérapie. Ce dispositif, inspiré de The Act of Killing de Joshua Oppenheimer, rappelle également plus récemment celui utilisé pour le film Les Filles d’Olfa de Kaouther Ben Hania, qui joue avec le mélange des genres.

Cependant, cette originalité stylistique s’avère paradoxalement être la principale faiblesse du film d’ Alessandra Celesia. Le manque de clarté narrative est flagrant : en entremêlant le parcours de plusieurs personnages et les allers-retours entre passé et présent, le récit finit par perdre le spectateur.

De plus, en s’enfermant dans une esthétique sombre, avec des filtres bleutés et une photographie froide, le film peine à créer une véritable dynamique visuelle. Noyé dans l’intime, The Flats parvient toutefois à caractériser avec justesse l’enclavement social et psychologique de ses personnages. Plus encore que la pauvreté, c’est une prison mentale qui les enferme, où les souffrances du présent s’ajoutent au poids écrasant du passé.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 05/02/2025
  • Distribution France : Les Alchimistes
Antoine Corte

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