Paolo Sorrentino est de retour en salles avec son dixième long-métrage Parthenope. Un film sur une sirène sortie des eaux pour faire baver un monde d’hommes. L’avis et la critique cinéma de Bulles de Culture.
Synopsis :
La vie, tel un long voyage, de Parthenope, de sa naissance dans les années 1950 à nos jours. Une épopée féminine sans héroïsme, débordante d’une inexorable passion pour la liberté, pour Naples et les visages de l’amour. Les amours vraies, inutiles et celles indicibles. Le parfait été à Capri d’une jeunesse baignée d’insouciance. Et qui se termine en embuscade. Et puis tous les autres, les Napolitains, hommes et femmes, fréquentés, observés et aimés, désabusés et vitaux, leurs dérives mélancoliques, leurs ironies tragiques et leurs yeux un peu abattus. La vie, mémorable ou ordinaire, sait être très longue. Le cours du temps offre un vaste répertoire de sentiments. Et là, au fond, proche et lointaine, cette ville indéfinissable, Naples, qui ensorcèle, enchante, hurle, rit et sait nous faire mal.
Parthenope : du nom de la sirène
Tourné en 2023 et présenté en Compétition officielle au Festival de Cannes 2024, le nouveau film de Pablo Sorrentino Parthenope est visible en salles depuis ce 12 mars 2025.
Le personnage féminin est suivi de sa naissance dans l’eau (normal quand le réalisateur parle d’une sirène mythique qui a inspiré le film) à son départ à la gare de Naples pour aller… vers sa destinée. On ne sait pas très bien, comme pour beaucoup d’autres éléments dans le film.
Pablo Sorrentino se contente de filmer sa comédienne, la novice Celeste Dalla Porta, comme un fantasme personnifié de ce qu’est sa ville de cœur à ses yeux. Il la balade autour de la baie de Naples, et sa caméra virtuose tourne autour d’elle, des autres personnages qui l’entourent. Beaucoup d’hommes. C’est ce rapport à eux que Parthenope existe, se confronte. Mais c’est sûr, c’est un film d’homme.

Du male gaze
L’odyssée personnelle d’une créature qui va conquérir sa féminité et jouer avec les normes. Ca ne vous dit rien ? C’est un peu le script de Pauvres créatures avec Emma Stone, le côté baroque en moins mais le décor spécial publicité de parfum en plus.
Sous prétexte que Naples est éruptive, volcanique et sauvage, Pablo Sorrentino se repose sur ses lauriers et convoque des plans cartes postales dans lesquels il insère toute la beauté animale de son héroïne. Elle est pour lui muse, égérie, inspiration. Parthenope fait penser à ces femmes vénérées car elles peuvent donner la vie, car elles sont l’origine du monde. Elles sont inspiratrices, mais alors véritablement coincées entre un statut de subalterne enfermé par le regard des hommes et une figure vénérée, déifiée. Donc figée.
Et c’est en cela que ce film manque de profondeur et d’envergure.
Notre avis ?
Sans remettre en cause le talent des comédien·nes, il est évident que Parthenope semble être une publicité léchée pour une région tant aimée des touristes italien·nes. Le parcours de vie de l’héroïne manque de profondeur, et il est difficile de s’attacher à ses aspirations plutôt floues.
En savoir plus :
- Parthenope de Pablo Sorrentino
Date de sortie France : 12/03/2025 - Distribution France : Pathé
