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Marmaille critique avis film photo 2024
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Critique / “Marmaille” (2024) de Grégory Lucilly

Marmaille est le premier film 100% réunionnais à sortir dans les salles de cinéma en métropole. La critique et l’avis de Bulles de Culture cette chronique sociale venue tout droit des îles dans les salles le 4 décembre 2024. 

Synopsis :

Thomas (Maxime Calicharane), un adolescent réunionnais de 15 ans, n’aspire qu’à remporter un concours de breakdance et partir pour la métropole. Mais quand sa mère le met brutalement à la rue ainsi que sa sœur Audrey (Brillana Domitile Clain), leur monde s’effondre. Placés chez leur père inconnu et livrés à eux-mêmes, ils doivent surmonter l’abandon et se reconstruire.

Marmaille : premier film réunionnais

Avec Marmaille, Grégory Lucilly dévoile une facette méconnue de La Réunion, bien loin des plages paradisiaques et des clichés touristiques qui en saturent souvent l’imaginaire collectif.

Ce long métrage, tourné intégralement en créole est la première production 100 % locale à parvenir sur les écrans du continent, ouvrant une porte vers une cinématographie insulaire encore trop peu explorée.

Le film s’impose également comme une plongée dans une réalité sociale sombre et poignante, celle des enfants abandonnés, une tragédie banalisée sur l’île.

Audrey, une jeune femme déjà mère d’un bébé, et son frère Thomas, 15 ans, sont mis à la porte par leur mère. Contraints de se tourner vers leur père Christophe, qu’ils n’ont jamais connu, ils intègrent une cellule familiale recomposée où chacun lutte pour trouver sa place.

Bien que le film porte les stigmates de son budget limité, laissant parfois entrevoir une facture proche de l’amateurisme, il témoigne surtout de la détermination acharnée de Grégory Lucilly à révéler le potentiel artistique de toute une île.

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Si certaines interprétations peinent à convaincre, marquées par une gaucherie ou un surjeu, le jeune Maxime Calicharane illumine l’écran dans le rôle de Thomas. Ce breakdancer, dont la présence magnétique et le jeu instinctif transcendent les failles du film, incarne à la perfection un adolescent meurtri par l’abandon. Le réalisateur décèle en lui un talent rare et prometteur, laissant entrevoir un avenir brillant pour cet acteur en devenir.

Malgré une mise en scène vacillante et un scénario parfois maladroit, Marmaille s’impose comme un manifeste vibrant pour un cinéma réunionnais émergent, porteur d’une voix sincère et d’une énergie à saluer.

Notre avis ?

Ce premier long métrage 100 % local, tourné en créole, s’attache au destin de deux adolescents abandonnés par leur mère, Porté par la performance magnétique de Maxime Calicharane, le film révèle une jeunesse réunionnaise en quête de repères.

En savoir plus :

Antoine Corte

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