Sur Bulles de Culture, art, cinéma, littérature, musique, spectacles, télévision... chaque jour, la culture sort de sa bulle.
AYA film photo AFFICHE OFFICIELLE

Critique / « Aya » (2022) de Simon Coulibaly Gillard

Aya est le premier film de Simon Coulibaly Gillard dans les salles de cinéma le 12 octobre 2022. Ce chemin initiatique  face à la montée des eaux est travaillé et captivant. La critique et l’avis de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Dans son village en Côte d’Ivoire, Aya voit les eaux arriver et détruire ces habitations. Alors que certains décident de fuir pour la grande fuir, la jeune fille s’attache à ses racines. Son île natale, elle ne la quittera pour rien au monde.

Aya : un film épatant

AYA photo film
©Kidam-MichiganFilms-SimonGillard

C’est muni d’une seule caméra que Simon Coulibaly Gillard a débarqué à Lahou en Côte d’Ivoire. Ce village au bord de mer est en train de disparaitre du fait de la montée de l’océan. Les vivants s’en vont, privés de maisons et de ressources. Pour ceux qui restent, dont Aya et sa mère, il faut affronter la terrible situation avec force et courage. Mais la nature est plus forte que tout. Les sépultures doivent être déterrés du cimetière pour que les villageois gardent une trace de leurs ancêtres. Les habitants se paupérisent peu à peu cause d’une économie réduite à néant dans cette petite île de Côte d’Ivoire.

Loin des études théoriques sur l’écologie, Aya montre les conséquences pratiques et désastreuses du réchauffement climatique sous le prisme de ces habitants soumis aux aléas des intempéries. Le film est une fiction du réel où les acteurs jouent leur propre rôle. La découverte de l’actrice principale, Marie-Josée DEGNY KOKORA, s’est d’ailleurs faite inopinément alors que le réalisateur filmait des pêcheurs. La jeune fille est apparue dans le cadre de sa caméra son petit frère aux bras.

Partant d’une dramaturgie spontanée sans avoir écrit de scénario, le film a le réalisme d’un documentaire et le beauté d’un récit intime. La mise en scène est pleine d’onirisme sublimant la nature avec une colorimétrie alternant rouge et bleu. Le dilemme du personnage est passionnant, marqué par le choix cornélien entre renoncer à ses attaches ou dépérir en milieu hostile. La relation au monde des morts témoigne de valeurs d’une civilisation qui attache une grande importance à l’au-delà. Le film montre en effet les hommes en train de casser des tombes pour y récupérer les corps avant qu’ils soient emportés par les vagues. L’esthétisme travaillé et le propos captivant donnent un film épatant.

En savoir plus :

Antoine Corte

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.