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Jaylin Webb, Banks Repeta dans le film "Armageddon Time" de James Gray © 2022 Focus Features, LLC.

“Armageddon Time” : une plongée nostalgique et personnelle de James Gray sur France 5

Avec Armageddon Time (2022), James Gray est revenu sur la Croisette pour la 5e fois en compétition officielle après The Yards (2000), La Nuit nous appartient (2007), Two Lovers (2008) et The Immigrant (2013). Cet ancien juré cannois aborde l’histoire de son enfance dans les quartiers de New York dans une école dirigée par le père de Donald Trump. La critique et l’avis de Bulles de Culture.

Synopsis :

Milieu des années 1980, le quartier du Queens à New York est sous l’hégémonie du promoteur immobilier Fred Trump, père de Donald Trump, le futur président des Etats-Unis. Un adolescent (Banks Repeta) étudie au sein du lycée de Kew-Forest School dont le père Trump siège au conseil d’administration de l’école et dont Donald Trump est un ancien élève.

Armageddon Time, une chronique de l’enfance autobiographique

Le réalisateur de The Immigrant quitte le registre du film d’aventure pour raconter dans Armageddon Time un épisode autobiographique de ses années lycée à la Kew-Forrest School. James Gray s’inscrit ainsi dans la mouvance de ces réalisateurs qui adaptent à l’image un bout de leur mémoire, à l’instar de Kenneth Branagh avec Belfast la même année ou d’Alfonso Cuarón avec Roma.

Ce retour vers le passé permet de réaliser un film à l’ambiance rétro d’une Amérique démocrate sur le point de basculer dans l’époque reaganienne et son Make America Great Again, non sans faire des ponts avec l’ère récente Trump. Pour cela, James Gray fait appel pour la troisième fois à son chef opérateur français, Darius Khondji, qui accompagne cette incursion dans le New York middle class des années 70 d’une lumière nostalgique.

Une oeuvre trop photographique

Armageddon Time est un film qui regorge de sensibilité. Néanmoins, comme souvent avec ces longs métrages centrés sur la vie personnelle du réalisateur, c’est également une oeuvre trop photographique où de multiples sujets d’une société en mutation sont évoqués sans jamais être vraiment creusés.

Le cinéaste parle de racisme à travers l’histoire de son meilleur ami noir, de conquête spatiale munie de sa passion pour les fusées, ou encore de politique internationale avec une menace nucléaire auquel le titre du film fait directement référence car emprunté à une chanson de Willie Williams, The Armagideon Time, sur la peur de l’apocalypse dans un monde marqué par la Guerre froide.

Cette dimension sociale se mélange avec les évènements personnels de la jeune vie du réalisateur, entretenant des relations compliquées avec ses parents, incarnés à l’écran par Jeremy Strong et Anne Hathaway, et se réfugiant dans les bras affectifs d’un grand-père compréhensif, aux traits d’un Anthony Hopkins émouvant.

Ces souvenirs, que James Gray semblent vouloir faire remonter à la surface, restent néanmoins figés, embourbés dans les méandres d’une mémoire dont le besoin de sincérité prime plus que la recherche d’une narration rythmée.

Notre avis ?

Porté par un élan nostalgique, Armageddon Time est une sorte de thérapie par l’image pour James Gray, qui y exprime ses sentiments passés. A la recherche de ses propres manques, le réalisateur n’arrive pas à sortir d’un cadre trop personnel et ne parvient pas à passionner le spectateur.

En savoir plus :

Antoine Corte

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