Dernière mise à jour : juin 2nd, 2025 à 09:45 pm
Après les déjà très réussis Le Caire confidentiel et La Conspiration du Caire, le réalisateur Tarik Saleh conclut sa trilogie sur les tourments politiques de l’Égypte avec Les Aigles de la République, présenté en compétition officielle à Cannes.
Le cinéaste suédois signe ici une œuvre tout aussi forte, engagée et prenante que les précédentes, avec toutefois une originalité supplémentaire : il nous plonge dans les coulisses de l’industrie cinématographique égyptienne. « Il faut savoir qu’un tiers de l’économie de ce pays est géré par l’armée, qui conserve donc une certaine mainmise sur le financement du cinéma égyptien », a expliqué le réalisateur en conférence de presse.
Par sa thématique, Les Aigles de la République s’affirme comme une œuvre de cinéma qui parle de cinéma et qui respire le cinéma, à travers la précision de ses cadres, sa direction artistique et musicale — cette dernière étant composée d’une main de maître par l’irréprochable Alexandre Desplat. Le compositeur français a d’ailleurs vu dans ce film le parcours d’un homme « qui vend son âme pièce après pièce ». Soit le principe même du film noir… un genre cher au cinéaste, qui y voit « une lutte existentielle où un personnage s’avère être son propre ennemi ».
C’est bien sous ce prisme que Tarik Saleh aborde ce nouveau récit, jouant habilement sur le contraste entre sa noirceur et la lumière égyptienne, qui rend l’ensemble d’autant plus subtil et élégant. Signalons d’ailleurs que, malgré le fait qu’il signe des œuvres explorant la part d’ombre de l’humanité, le cinéaste tient à rappeler qu’il demeure un infatigable optimiste, notamment en raison de sa foi dans le cinéma : “Je crois à l’avenir car je crois au pouvoir du 7ème Art. C’est important de le dire. Tout le monde a annoncé la fin du cinéma depuis son invention, or il est plus que jamais présent. C’est un art qui induit un acte d’empathie où, pendant deux heures. le spectateur va vivre la vie d’un personnage et s’identifier à lui. Je suis donc optimiste, même si cela ne voit pas dans mes films j’en conviens (rires)“.
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