Sur Bulles de Culture, art, cinéma, littérature, musique, spectacles, télévision... chaque jour, la culture sort de sa bulle.
Atlas Inutile de Paris livre

Critique / “Atlas inutile de Paris ” (2024) de Vincent Périat

Vincent Périat, fleuriste de son état, est avant tout un amoureux fou de Paris, un marcheur inlassable, un fouineur infatigable dans les bibliothèques, un homme qui clique avec ferveur sur internet dès qu’un site a un rapport avec Paris. En cet automne 2024, il fait paraitre chez Le Tripode un livre à la fois passionnant, réjouissant et original.

Cet article vous est proposé par Chris. L

Derrière la couverture sobre de l’Atlas inutile de Paris se cachent dix années de travail concrétisées par 100 cartes schématiques, toutes identiques dans la forme mais chacune avec un sujet propre aussi bien historique que géographique, sociologique ou urbanistique, voire inattendu comme savoir où faire ses achats le dimanche (carte 43), connaître le nombre de personnes âgées par arrondissement (carte 44). Par ailleurs l’auteur se découvre dans ses passions propres avec le Paris de Brassens (carte 60) ou les adresses de Baudelaire (carte 69). Flore, faune et nature y trouvent une large place dont notamment l’implantation des principales espèces d’arbres à Paris (carte 8), la pêche à la ligne (carte 32), les renards recensés (carte 52). Chaque carte est accompagnée de quelques mots ou lignes explicatives, voire descriptives. Sont ainsi répertoriées les 30 espèces de poissons fréquentant les eaux parisiennes, des plus nobles (brochet, sandre, truite) aux plus envahissantes (poisson-chat, silure) ou aux plus méconnues (bouvière, pseudorasbora, rotengle).

Les cartes s’enchaînent, chacune renvoyant au chapitre Sources et compléments où sont répertoriés sites internet incontournables, références bibliographiques et informations complémentaires. Au fil des pages de l’Atlas inutile de Paris le lecteur découvre le dernier passage à niveau encore existant, la dernière pissotière en service, l’ultime pèse-personne, les quelques exceptionnelles places de stationnement gratuites recensées à ce jour (denrée rare tendant à une extinction prochaine).

Paris c’est également une Histoire militaire avec ses murailles successives (carte 49), les 16 forts de défense de Paris (carte 56), les 183 points d’impact d’obus dont la capitale fut la victime durant la guerre 1914-1918 (carte 59),  le plan de la visite éclair d’Hitler le 23 juin 1940 (carte 60), les lieux sous contrôle allemand durant l’Occupation (carte 61). Autres éléments historiques répertoriés : la ville gallo-romaine (carte 84), les cours des Miracles (carte 86), le Paris révolutionnaire (carte 92), les barricades de la Commune (carte 94). Mais l’Atlas inutile de Paris c’est aussi l’Histoire de la Seine, de ses îles disparues (carte 34) aux noms oubliés comme la Motte aux Papelards, Îlot de Boute-Clou, île Merdeuse, Île Maquerelle. Ce sont des ruisseaux eux aussi disparus ou inconnus qui renaissent ici, tels le Ru de la Pissotte ou le Ru Orgueilleux (carte 31). C’est également la vie de ses quartiers pittoresques (carte 38) avec ses langages codés, ses argots (carte 66) et ses bandes et groupes sensibles (carte 93).

Le métro n’est pas oublié avec des cartes sur ses stations abandonnées, non répertoriées aujourd’hui, devenues de véritables fantômes (carte 11), ou le temps nécessaire pour un piéton pour parcourir la distance entre deux stations en temps de grève (carte 73), ce qui peut-être utile.

L’impact de Georges Eugène Haussmann sur Paris est essentiel, ce que reflète la carte 49. Paris, ce sont aussi divers sujets qui concernent son quotidien comme le ramassage des poubelles, la gestion du réseau d’égouts, l’alimentation en eau du robinet ou en électricité, que n’omet pas de traiter Vincent Périat. Chaque carte mériterait d’’être évoquée comme celle où faire pipi (carte 88) ou celle des anciens arrondissements (carte 36). Nombreuses sont encore les surprises que l’auteur réserve à son lectorat, sous certains angles inattendus.

L’avis sur le livre

L’Atlas inutile de Paris, est un petit livre qui se découvre, s’apprécie, se picore par petites touches. C’est avec gourmandise que le lecteur s’y replonge, s’attarde sur certaines cartes plus que d’autres, cherche à en approfondir certaines. Il se remémore certaines lectures, se souvient de quelques déambulations dans Paris. Un livre plein de charme, de curiosités, qui brasse moult sujets qui sauront intéresser le plus grand nombre. Un Atlas à ne pas rater.

En savoir plus :

  • Atlas inutile de Paris, Vincent Périat, Le Tripode, septembre 2024, 128 pages, 15 euros
Bulles de Culture - Les rédacteur.rice.s invité.e.s

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *