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Interview / Khalil Ben Gharbia pour “Barbès Little Algérie”

Découvert au cinéma dans Peter von Kant de François Ozon, Khalil Ben Gharbia se lance dans un nouveau défi avec Barbès, Little Algérie, sorti ce mercredi dans les salles. Réalisé par Hassan Guerrar, ce long-métrage met en lumière la vie du quartier emblématique de Paris pendant le confinement, entre comédie sociale et découverte d’un microcosme culturel. Rencontre avec le comédien, qui incarne Riyad, un jeune homme fraîchement débarqué à Paris pour préparer son entrée à la Sorbonne.

Interview de Khalil Ben Gharbia

Bulles de Culture : Après Le Paradis de Zeno Graton, vous revenez au cinéma dans un registre très différent avec Barbès, Little Algérie. Comment avez-vous été embarqué dans ce projet ?

Khalil Ben Gharbia : C’est vrai que ça n’a rien à voir avec Le Paradis ! Pour Barbès, Little Algérie, tout a commencé par une rencontre avec Hassan [le réalisateur], par l’intermédiaire d’une cinéaste qui lui avait parlé de moi. Il avait besoin d’un acteur qui parle arabe, car mon personnage dans le film vient d’Algérie. Même si je ne parle pas parfaitement l’arabe, après plusieurs essais, Hassan a vu quelque chose en moi qui collait au personnage.

Bulles de Culture : Le film se déroule à Barbès, un quartier emblématique de Paris, surtout pour la communauté algérienne. Comment vous êtes-vous imprégné du lieu pour ce rôle ?

Khalil Ben Gharbia : J’ai passé beaucoup de temps à Barbès avant le tournage, à traîner, à discuter avec les habitants. Il y a une force dans ce quartier, un ancrage très fort à l’Algérie. Les gens portent en eux ce déracinement, cette envie de rester connectés à leur pays d’origine. C’est ce que j’ai voulu explorer avec le personnage de Riyad, ce sentiment d’être constamment entre deux mondes.

Bulles de Culture : En parlant de déracinement, vous avez vous-même des origines maghrébines, n’est-ce pas ?

Khalil Ben Gharbia : Oui, ma mère est marocaine et mon père est tunisien. Donc, cette notion de déracinement, je l’ai toujours ressentie. En tant que fils d’immigrés, vous grandissez avec cette question de savoir jusqu’à quel point vous pouvez assumer votre arabité sans vous sentir à l’écart. Le rôle de Riyad m’a permis de revisiter ce chemin, de me questionner sur ma propre identité.

Bulles de Culture : La notion de famille est très importante dans ce film. Est-ce que cela a influencé l’ambiance sur le tournage ?

Khalil Ben Gharbia : Oui, totalement. Barbès, Little Algérie parle beaucoup de la famille, non seulement de la famille de sang, mais aussi de celle qu’on se crée dans un quartier comme Barbès. Il y a un sentiment de fraternité très fort. Pendant le tournage, c’était pareil. J’appelais Hassan “Amou”, ce qui veut dire “mon oncle” en arabe. Il y avait une vraie relation familiale sur le plateau.

“Le film m’a permis de m’affirmer en tant qu’acteur, mais aussi en tant que personne. Il m’a décomplexé sur beaucoup de choses”.

Bulles de Culture : C’est un film qui touche à des thématiques profondes, comme l’identité, les racines. Comment ce rôle vous a-t-il fait évoluer en tant qu’acteur ?

Khalil Ben Gharbia : Je pense que c’est le genre de rôle qui vous pousse à vous confronter à des parties de vous que vous n’aviez peut-être pas encore explorées. Pour Riyad, il s’agissait de trouver sa place dans un monde où il ne se sent pas tout à fait chez lui. C’est quelque chose avec lequel je peux facilement m’identifier. Le film m’a permis de m’affirmer en tant qu’acteur, mais aussi en tant que personne. Il m’a décomplexé sur beaucoup de choses.

Bulles de Culture : Le film témoigne de la période du confinement. Cela vous a-t-il replongé dans cette période ?

Khalil Ben Gharbia : Oui, nous avons recréé l’ambiance du confinement pour le film. Durant cette période, Barbès a été un quartier toujours vivant. Pour moi, le confinement a aussi été un moment de pause, un moment pour réfléchir. À l’inverse, pour le personnage de Riyad, il est dans une phase de projection, il veut aller de l’avant. J’ai trouvé intéressant de jouer ce contraste.

Bulles de Culture : Et maintenant, quand vous repassez à Barbès, voyez-vous ce quartier différemment ?

Khalil Ben Gharbia : Complètement. Barbès, c’est un peu comme mon salon maintenant. Je m’y sens chez moi. C’est un quartier vivant, bruyant, où les gens se parlent à travers la rue. Ça me rappelle chez moi en Tunisie. Il y a quelque chose de très chaleureux.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 16/10/2024
  • Distribution France : Jour2fête
Antoine Corte

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