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les monologues du vagin au théâtre marigny affiche pièce de théâtre contemporain
Affiche de la pièce de théâtre "Les monologues du vagin" au Théâtre Marigny

“Les monologues du vagin” au Théâtre Marigny : une partie de plaisir

Au Théâtre Marigny, Aurore Auteuil, metteure en scène et comédienne, revisite une pièce emblématique d’Eve Ensler, créée en 1996, qui explore la sexualité et les expériences des femmes à travers des témoignages puissants et variés. Applaudissements garantis. L’avis et la critique de Bulles de Culture sur Les monologues du vagin.

Synopsis :

“Pourquoi reprendre Les monologues du vagin, pièce écrite par Eve Ensler et jouée dans le monde entier depuis près de trente ans ?” interroge la metteuse en scène Aurore Auteuil. L’objectif est bien sûr de dénoncer les inégalités et de sensibiliser sur la féminité, “dans un monde encore et toujours sourd et mutique, embrasé d’une bienveillance anesthésiée”.

Dans cette reprise de la célèbre pièce féministe, la metteuse en scène Aurore Auteuil, accompagnée de Galia Salimo et Camille Léon-Fucien, continue de porter la parole avec humour et beaucoup d’amour. Dans ce projet, elle met notamment en scène une comédienne transsexuelle, Galia Salimo. Elle offre ainsi une nouvelle voie, et une nouvelle voix, à ces monologues.

Les monologues du vagin : un mouvement mondial

Si renverser cinq mille ans de domination patriarcale semble être un objectif trop conséquent, la pièce d’Eve Ensler, écrite en 1997, demeure une référence du féminisme contemporain. À la suite d’une représentation de la pièce à New York, le 14 février 1998, l’auteure a créé l’association V-Day, un mouvement mondial visant à mettre fin aux violences contre les femmes et les jeunes filles, et à sensibiliser l’opinion publique à ces problèmes.

L’association permet à des bénévoles d’organiser dans le monde entier des représentations exceptionnelles des Monologues du vagin pour récolter des fonds. Les fonds sont ensuite distribués à des associations locales, nationales et internationales.

Les mystères de la féminité

les monologues du vagin image pièce de théâtre contemporain
Galia Salimo, Camille Léon-Fucien, Aurore Auteuil dans la pièce de théâtre “Les monologues du vagin” © Béatrice Livet

Dans Les monologues du vagin, Eve Ensler explore la sexualité féminine à travers des conversations sincères entre “femmes” au sujet de leurs sexes. C’est l’occasion de découvrir toutes les complexités et les mystères de la féminité. Chaque vagin est unique. Chaque vagin a sa propre sensibilité, sa propre personnalité. Les comédiennes Galia Salimo, Camille Léon-Fucien et Aurore Auteuil nous en expriment de multiples facettes plus différentes les unes que les autres.

Dès lors, rien d’étonnant qu’elles déclinent ses multiples appellations. Telle une “tirade du Nez de Cyrano”, elle nous offre une délicieuse déclinaison de synonymes de l’organe génital de la femme : moule, zézette, foufoune, minou, intimité, trou-trou, schneck, vulve, fente, chatte, motte, bijou, boutique, matrice, grotte, tire lire, touffe, fourreau, trésor, minet, fournaise, gazon, nid d’amour… et bien sûr, la liste n’est pas exhaustive.

Une partie de plaisir ?

En quelque 1h30, on en apprend beaucoup sur ce vagin, voire ces minets, et notamment que ce n’est pas toujours “une partie de plaisir” d’en avoir un. La première règle en la matière est d’en rester l’unique propriétaire et d’éviter de se laisser approcher par un individu (ou une individu) susceptible de vouloir se l’approprier. “Pas touche” sans un consentement formel, car “la chose” est fragile, secrète, et trop proche du clitoris.

Avec le clitoris, comme le souligne les trois actrices, on entre dans une autre sphère, une autre dimension, où s’exprime toute la supériorité féminine.
Oui, le clitoris est la partie du corps qui possède le plus grand nombre de ramifications nerveuses. Comparé au pénis des hommes, c’est deux fois plus !
De surcroît, sans en avoir “ni l’air” “ni l’extérieur”, le clitoris ne se comporte pas si mal en érection puisqu’il peut atteindre 10 cm.

Je me suis alors poser une question : à quoi sert ce clitoris, et pourquoi Dieu, s’il existe, l’a inventé ? La question mérite d’être posée tant il est vrai qu’il est parfois, dans certaines religions, l’objet de pratiques barbares comme l’excision.

En réalité, sa seule fonction est le plaisir. C’est donc que Dieu, logiquement, a souhaité que le plaisir soit partagé, même s’il est peut-être une incitation à l’accouplement pour assurer la reproduction de notre espèce.

Comme dirait Molière, dans Les Femmes savantes, “Les secrets les plus hauts s’y laissent concevoir / Et l’on sait tout chez moi, hors ce qu’il faut savoir ; / On y sait comme vont lune, étoile polaire, / Vénus, Saturne et Mars, dont je n’ai point affaire.”

Autant écrire “Je m’en bas les couilles des réacs”, comme exprimée par une jeune femme à l’entrée d’un théâtre.

Notre avis ?

Pas besoin de chauffer la salle, le public (deux fois plus de femmes que d’hommes) est acquis à la cause. Avec Les monologues du vagin, les trois comédiennes, Galia Salimo, Camille Léon-Fucien et Aurore Auteuil, jouent sur du velours, alternant l’humour, le sérieux, le pour, le contre, le jugement, la transe… Et chaque monologue est chaleureusement applaudi.

En savoir plus :

  • Les monologues du vagin, mis en scène par Aurore Auteuil, au Théâtre Marigny du lundi 13 octobre au mardi 23 décembre 2025. Les lundis et mardis à 20h
  • Tarifs : de 25 à 55 euros
Claude Versein

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