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Benedetta affiche film critque avis
Benedetta critique avis film 2021 photo

Critique Cannes 2021 / « Benedetta » : le miracle Verhoeven n’a pas eu lieu

Dernière mise à jour : février 28th, 2022 at 07:42

Après deux ans d’attente, Paul Verhoeven présente enfin Benedetta au Festival de Cannes en compétition officielle. Absent de la croisette depuis Elle (2016), le réalisateur hollandais s’entoure pour l’occasion d’un casting de choix avec Virginie Efira en tête d’affiche. Le film sort simultanément dans les salles de cinéma. La critique et l’avis film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Au 17e siècle, alors que la peste se propage en Italie, la très jeune Benedetta Carlini (Virginie Efira) rejoint le couvent de Pescia en Toscane. Dès son plus jeune âge, Benedetta est capable de faire des miracles et sa présence au sein de sa nouvelle communauté va changer bien des choses dans la vie des soeurs

Benedetta, provocation et luxure inutiles

Benedetta critique avis film 2021 photo
© 2020 Guy Ferrandis / SBS Productions

En matière de luxure et de provocation, on connait de Paul Verhoeven à la fois son génie avec Basic Instinct ou Elle, mais également ses plus grosses gamelles, Showgirls en tête.

Au pitch, Benedetta s’annonce comme un brûlot religieux pertinent qui revient sur l’histoire vraie d’une nonne au XVIIe siècle capable soi-disant de converser directement avec Jésus. Miracle pour certain, affabulatrice pour d’autres, cette énigme catholique a été rapportée dans un livre de Judith C. Brown, Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne.

Le réalisateur de Basic Instinct y voit tout de suite l’occasion de raconter le destin d’une femme forte et libérée, comme l’ont été ses héroïnes précédentes Catherine Tramel (Basic Instinct) ou encore Michèle Leblanc (Elle).

Mais devant ce fort potentiel, Benedetta est une vraie déception. Sous couvert d’ambiguïté autour de la sincérité de sœur Benedetta, le cinéaste s’enferme dans une idylle lesbienne à la lubricité inutile et enlevant toute force à son récit biblique.

Le film apparait davantage comme la matérialisation des désirs libidineux d’un homme âgé qui aime à filmer deux femmes qui se touchent les seins, se lèchent les parties intimes et jouissent quand elles prennent un doigt dans le vagin.

Il faut bien sûr rajouter la statuette de la Vierge Marie qui se transforme en gode pour ne pas manquer de faire ruer dans les brancards les associations catholiques qui réagiront à coup sûr.

Ces scènes de sexe innombrables sont plus de l’ordre d’une provocation gratuite pour faire le buzz autour d’un film raté, qui risquait de ne pas exister médiatiquement sans ces relais protestataires.

La mise en scène médiévale est pourtant de bonne facture et rappelle le chef d’œuvre du réalisateur, La Chair et le Sang, ainsi que le visuel du film Le nom de la rose. Paul Verhoeven se sert des excellentes prestations de Virginie Efira, et surtout de Charlotte Rampling, pour les brûler sur le bucher d’un long métrage bâclé et sans intérêt.

La seconde partie sauve un peu la mise grâce notamment à l’introduction du personnage de Lambert Wilson, en nonce apostolique perverti envoyé au couvent de Pescia pour y faire le ménage.

Notre avis ?

Benedetta est une grosse déception. Sous prétexte de choquer, Paul Verhoeven va trop loin et se perd dans la narration d’une histoire vraie, pourtant à fort potentiel cinématographique.

En savoir plus :

Antoine Corte

3 Commentaires

  1. Je viens d’aller voir le film Benedetta hier soir.
    Déjà, il faudrait signaler que c’est interdit au moins de 16/18 ans.
    De plus ce réalisateur n’a aucun respect pour les femmes .
    Violence, provocation, ….Trop de nudité inutile ! Pour les actrices, ça a dû être difficile !
    Beaux jeux d’acteurs néanmoins avec une affiche comme Madame Rampling, Madame Effira ou Monsieur Lambert Wilson et bien sûr tous les autres ….on ne peut pas se tromper.

  2. Pas de surprise avec ce mec, c’est toujours très sexué à outrance, les femmes sont dévalorisées et dénudées abusivement, pire que dans un mauvais porno et pourtant Virginie Efira a semblé se plier à ces scènes perverses sans sourciller si on lit ses interviews. Bref, à nouveau Verhoven a livré un vrai mauvais film qui ne m’a provoqué que dégoût et répugnance quant à l’image qu’il donne des femmes et le traitement qu’il leur inflige au point de quitter la projection avant la fin. Au nom du cinéma, les gens se permettent des choses odieuses mais le pire est qu’il trouve des candidates pour les subir. Sans parler de censure, il faudrait pourtant que la justice s’en mêle et punisse tous ces dérapages vus dans des films comme Love, La vie d’Adèle, Intermezzo, Titane, Mon roi, l’amant double, de rouille et d’os, les derniers jours du monde etc… La liste est trop longue. Ceci pose la question de comprendre pourquoi les actrices se soumettent à tout ça et peuvent reprendre une vie normale en couple et avec des enfants après ce genre de collaboration. Ces scènes doivent laisser des traces pour elles et aussi pour leurs entourages. Horrible !

    • Le film est top. Vous en avez une vision tellement puritaine ! On y ressent une vraie tension entre le desir charnel et l’amour de Dieu. Cela vous choque donc tant ?
      Et votre commentaire sur la vie des actrices après une scene hot, comment dire? Le sexe fait partie de la vie, le cinema est la représentation du reel….pourquoi exclure l’un de l’autre ?

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