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Affiche du film "The Shameless" de Konstantin Bojanov

Critique / “The Shameless” : entre magie et oppression indienne

Le réalisateur Konstantin Bojanov porte un regard magique, et en même temps pessimiste, sur l’Inde dans The Shameless (2024), son long métrage remarqué au Festival de Cannes 2024. L’avis et la critique cinéma de Bulles de Culture sur ce long-métrage en salles depuis le 14 mai.

Synopsis :

Au cœur de la nuit, Renuka (Anasuya Sengupta) s’échappe d’un bordel de Delhi après avoir poignardé à mort un policier. Elle se réfugie dans une communauté de travailleurs du sexe dans le nord de l’Inde, où elle rencontre Devika (Omara Shetty), une jeune fille condamnée à une vie de prostitution. Leur lien se transforme en une romance interdite. Ensemble, elles entreprennent un voyage périlleux pour échapper à la loi et se frayer un chemin vers la liberté.

The Shameless : un regard magique et singulier sur l’Inde

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Anasuya Sengupta, Omara Shetty dans le film “The Shameless” de Konstantin Bojanov © Urban Factory

Dans la catégorie Un Certain Regard – Festival de Cannes 2024, le réalisateur bulgare Konstantin Bojanov a présenté The Shameless, un film centré sur une communauté de prostituées.

Porté avec intensité par Anasuya Sengupta, récompensée du Prix d’interprétation Un Certain Regard, et Omara Shetty, ce récit au féminin puissant nous transporte en Inde à travers la lutte de deux jeunes femmes face à un système oppressif. 

Le réalisateur explique qu’en Inde, le système des devadasi nécessite une explication, car il constitue le cadre de l’histoire de son film : “Il s’agit d’une pratique religieuse vieille de plusieurs siècles en Inde, aujourd’hui interdite, où des filles prépubères sont consacrées au service d’une divinité, ce qui les condamne essentiellement à une vie de prostitution. Le dernier État à interdire cette pratique fut le Karnataka dans les années 1980. Pourtant, des jeunes filles continuent encore aujourd’hui à être consacrées à la déesse Yellamma.”

Konstantin Bojanov filme ses deux héroïnes avec magie. Comme des sorcières, ces deux femmes indépendantes ne rentrent pas dans les normes familiales et économiques traditionnelles. Hélas, dans une société où les hommes ont tous les droits, leur liberté n’est pas gagnée. Elles incarnent donc cette dernière en tombant amoureuse l’une de l’autre.

Pleines de vulnérabilité et de force à leur manière, elles sont alors confrontées à des dilemmes moraux. Ce que Konstantin Bojanov préfère raconter dans ses films. Et la structure de The Shameless, son nouveau bébé, s’inspire de celle de Vol au-dessus d’un nid de coucou.

Notre avis ?

Fuir pour sauver une jeune fille dont on tombe amoureuse ou rester pour se venger du viol brutal qu’on a subi ? Face à la domination masculine, l’héroïne de The Shameless nous impressionne par son courage et sa détermination. Un film singulier.

En savoir plus :

Luigi Lattuca
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