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Madeleine Collins d'Antoine Barraud affiche film cinéma

Critique / « Madeleine Collins » (2021) : un film à « couches » qui accouche sans forcer

Dernière mise à jour : février 22nd, 2022 at 10:15

Actuellement en salles, Madeleine Collins d’Antoine Barraud, avec Virginie Efira, parle d’avoir deux identités sociales. Le film a été présenté comme « une œuvre hitchcockienne » mais cela en fait-il un long-métrage réussi ? L’avis et la critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Judith (Virginie Efira) mène une double vie entre la Suisse et la France. D’un côté Abdel (Quim Gutiérrez), avec qui elle élève une petite fille, de l’autre Melvil (Bruno Salomone), avec qui elle a deux garçons plus âgés. Peu à peu, cet équilibre fragile fait de mensonges, de secrets et d’allers-retours se fissure dangereusement. Prise au piège, Judith choisit la fuite en avant, l’escalade vertigineuse.

Qui es-tu, Madeline Collins ?

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Virginie Efira et Bruno Salomone dans le film « Madeleine Collins » © Paname Distribution / UFO Distribution

Madeleine Collins, c’est presque un nom de code. Une James Bond Girl ? Non. Une espionne ? Non. Mais quelqu’un de retors qui s’amuse à sauter dans un train deux fois par semaine pour vivre avec deux familles différentes, pour former deux couples différents et qui agit avec sang-froid.

Incarnée par Virginie Efira, cette héroïne — qui n’existe pas en tant que telle car aucun personnage ne se nomme Madeline Collins dans le film — peut bénéficier de la lumière naturelle de l’actrice. Les motivations, la schizophrénie n’en deviennent que plus ténues, plus ambigües au fil des scènes.

Une telle expérience de réalisation est comme un puzzle, un jeu de patience où il faut assembler différents éléments afin de dessiner une image logique, unique et traversée par un seul raisonnement de notre part. Mais en construisant ce puzzle, on se force à prendre en main chaque élément car on sait qu’il n’y a qu’une solution à la fin. Et le jeu ne peut être qu’incomplet.

Pas assez éblouissant

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Virginie Efira dans le film « Madeleine Collins » © Paname Distribution / UFO Distribution

Le pari n’est, hélas, pas totalement réussi. Disons que Madeline Collins manque de force et va moins loin qu’un autre film auquel Virginie Efira a pensé en lisant le scénario : Gone Girl de David Fincher. Ici, le traitement est un peu trop timide pour en faire un grand thriller comme le cinéma français en a finalement peu.

On aime l’explication de fin, mais pas la dernière image. Est-elle là pour nous faire ressentir la perte intérieure de l’héroïne ? Nous aurions pourtant voulu comprendre, surtout après une curieuse scène d’ouverture, qui n’est au final jamais rattachée au film.

Notre avis ?

Le film Madeline Collins démarre pourtant sur les chapeaux de roue mais même si l’intrigue est bien ficelée, les névroses ne sont pas traitées de manière hitchokienne et on reste dans quelque chose d’assez français qui n’ose pas franchir le pas.

Un peu plus de noirceur et de mordant aurait pu davantage réveiller le spectateur qui reste attentif juste pour voir le miroir se briser. L’affiche du film semblait pourtant promettre quelque chose de plus troublant et d’inquiétant.

En savoir plus :

Luigi Lattuca
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