Au Théâtre de la Huchette, à Paris, le charme de la langue portugaise d’un seul en scène de et avec Lionel Cecilio nous plonge au cœur de la Révolution des Œillets. Le spectacle La Fleur au fusil est un régal et mérite un plein succès. L’avis et la critique de Bulles de Culture.
Synopsis :
La Fleur au fusil débute à notre époque, quand un jeune Portugais, animateur d’une radio locale, vient faire part à sa grand mère de son mal être et de ses réflexions sur l’absence de sens à sa vie.
La mamie, bien ancrée dans les traditions populaires de son pays, le réconforte et lui prodigue quelques conseils, insistant toutefois sur les notions de liberté et la puissance de l’individu pour mobiliser le groupe.
Car derrière cette mémé bien tranquille, à l’accent portugais trempé, se trouve l’ancienne jeune femme motivée, ardente, déterminée qui a œuvré activement à la Révolution des Œillets.
De la Revolução dos Cravos ou Révolution des Œillets…

Entre 1933 et 1974, Le Portugal a vécu sous la dictature de l’Estado Novo, dirigée par António de Oliveira Salazar puis par son Premier ministre Marcelo Caetano. Ce régime autoritaire s’appuie sur une police politique redoutée (la PIDE). Dans les années 1960-70, les guerres coloniales en Afrique (Angola, Mozambique…) épuisent le pays et alimentent la contestation populaire, à l’image du personnage de Céleste et ses frères dans La Fleur au fusil de Lionel Cecilio, et militaire.
Comme le présente la pièce, Céleste et ses proches vont s’impliquer au péril de leurs vies pour impulser et favoriser une insurrection qui mettra fin à presque 50 ans de dictature. Le 25 avril 1974, le MFA (Mouvement des forces armées), créé par un groupe de jeunes officiers, renverse le régime et instaure un gouvernement militaire, qui ouvre la voie à la démocratie.
A noter, comme le souligne la pièce mise en scène par Jean-Philippe Daguerre, que la Révolution des Œillets n’est un coup d’État classique, le MFA porte un projet de démocratisation, décolonisation et développement. La révolution, pacifique et joyeuse, est saluée par la population, comme le souligne le journaliste du Monde dépêché sur place pour couvrir l’événement.
Quant aux œillets associés à cette date du 25 avril 1974, deux versions circulent :
- certains racontent que les Lisboètes et les soldats en auraient orné leurs fusils après les avoir achetés au marché aux fleurs,
- d’autres relatent que Céleste Martins Caeiro en offrit aux militaires, qui les fixèrent sur leurs armes, faisant de cette fleur un symbole de paix.
Quant aux œillets associées la cette date du 25 avril 1974, selon les versions, les Lisboètes et les soldats en auraient garni leurs fusils, achetés au marché aux fleurs. Une autre raconte que Céleste Martins Caeiro en offrit aux soldats, qui les placèrent sur leurs armes, popularisant ce geste de paix.
Depuis 1974, le 25 avril reste gravé dans la mémoire portugaise comme le “Dia da Liberdade” (“Jour de la liberté”).
… au seul en scène La Fleur au fusil

La Fleur au fusil nous plonge dans ces années tourmentées qui ont mené le Portugal vers la liberté et la démocratie. Tous les personnages du seul en scène sont joués avec brio par Lionel Cecilio : le jeune animateur de radio, mémé Céleste, Céleste jeune femme, ses frères, son amoureux, des militaires, des prostituées, des tenanciers de bar… Le comédien, et auteur de la pièce, impose un rythme soutenu et déploie un talent d’imitateur impressionnant, aussi bien par la voix que par la gestuelle.
Notre avis :
La Fleur au fusil est un seul en scène captivant sur l’un des tournants majeurs de l’histoire du Portugal.
En savoir plus :
- La Fleur au fusil au Théâtre de la Huchette du 11 septembre au 18 novembre 2025. Du mardi au samedi à 21h. Relâches les mercredis
- Auteur : Lionel Cecilio
Artiste : Lionel Cecilio
Mise en scène : Jean-Philippe Daguerre - Durée : 1h15
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