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Festival Angoulême 2022 passion(e) cinéma

Interview / Francesco Ranieri Martinotti pour le documentaire « Passion(e) cinéma »

Dernière mise à jour : septembre 1st, 2022 at 12:26

Présenté au Festival du Film Francophone d’Angoulême et au prochain Festival de Venise, le documentaire Passion(e) cinéma évoque ce lien indéfectible entre le cinéma français et le cinéma italien. Son réalisateur, Francesco Ranieri Martinotti, a interviewé des grands noms (Valeria Bruni Tedeschi, Mathieu Almaric, Monica Bellucci) évoquant cette résonnance entre les deux cultures cinématographiques. Bulles de Culture a rencontré Francesco Ranieri Martinotti. Notre interview.

Bulles de Culture : Comment l’idée vous est-elle venue de faire un documentaire qui traite des relations entre cinéma italien et cinéma français ? 

Francesco Ranieri Martinotti : Je dirige un festival sur le cinéma français à Florence depuis 14 ans. Cet évènement est un lieu de rencontres artistiques et humaines entre les artistes français et italiens. Ils y trouvent beaucoup de connexions. Le producteur de Passion(e) cinéma a eu l’idée de recréer ce lien dans un documentaire.

Bulles de Culture : Comment avez-vous choisi les intervenants ? 

Francesco Ranieri Martinotti : C’est un documentaire avec un petit budget. Il y avait beaucoup de droits à acquitter sur les extraits des films cités dans Passion(e) cinéma. J’ai donc fait appel à des artistes que je connaissais et avec qui on avait déjà parlé de la résonnance entre cinéma français et cinéma italien.

Bulles de Culture : En plus de votre travail de metteur en scène, vous avez également un énorme travail d’archiviste sur Passion(e) cinéma.

Francesco Ranieri Martinotti : Absolument ! J’avais des idées précises et des films en tête. La digitalisation rend plus facile l’accès aux archives. La difficulté est de trouver des choses plus rares, moins utilisées pour ne pas tomber dans l’uniformisation.

Bulles de Culture : Comment expliquez-vous l’ancrage de la Nouvelle vague pour les cinéastes italiens ? 

Francesco Ranieri Martinotti : La Nouvelle Vague a été inspirée par le néo-réalisme italien avec cette déstructuration productive, cette liberté des réalisateurs. C’est pour cela que les italiens aiment beaucoup à mon sens ce courant français. Aujourd’hui, nous n’avons plus de courant comme autrefois.

« On ne peut pas imaginer que le fanfaron de Dino Risi a inspiré le film américain Easy rider de Dennis Hopper »

Bulles de Culture : Avez-vous été surpris par certaines influences italiennes citées dans votre film ? 

Francesco Ranieri Martinotti : Oui. Par exemple, on ne peut pas imaginer que le fanfaron de Dino Risi a inspiré le film américain Easy rider de Dennis Hopper. J’ai découvert des influences du cinéma italien bien au-delà du films français, mais au niveau international.

Bulles de Culture : Vous parlez également d’économie du cinéma dans le film, notamment avec le mécanisme vertueux du cinéma français qui consacre une partie de son billet d’entrée au développement de nouvelles œuvres françaises. 

Francesco Ranieri Martinotti : Comme le dit très bien Grégory Montel dans Passion(e) cinéma « le cinéma italien a toujours un côté politique« . Effectivement, j’ai mis du politique dans mon documentaire avant tout car je suis le président de la plus ancienne association des auteurs d’Italie fondée en 1952. Je me suis occupé des questions du système d’aides au financement du cinéma. J’ai lu que la France avait créé le système de la chronologie des médias pour protéger son cinéma. Les Français sont dans le respect des principes généraux dictés par Malraux en aidant tout le cinéma, pas seulement les gros films mais également les petits projets et surtout les courts-métrages. Nous avons perdu totalement la culture du court-métrage en Italie. Je milite pour que nous puissions la retrouver.

Bulles de Culture : Vous êtes pourtant très clair sur un renouveau du cinéma italien depuis quelques années…

Francesco Ranieri Martinotti : Il y a toujours eu des talents, et ce dans tous les pays. Il y a des moments où les talents ne peuvent plus se montrer. En Italie, nous sommes en train d’avoir un phénomène de fuite des talents. Nous avons certes des grands créateurs italiens mais ces derniers ont besoin de quitter l’Italie pour obtenir une reconnaissance. Je peux citer notamment l’exemple de Matteo Garonne ou Paolo Sorrentino, découverts à Cannes, ou Luca Guadagnino qui s’est développé aux Etats-Unis.

Entretien réalisé le 26 août 2022 à Angoulême

En savoir plus :

  • Passion(e) cinéma produit par par Enrico Castaldi et Iterfilmin en coproduction avec Legato Films
  • Prochainement
Antoine Corte

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