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La Fiancée du poète photo film 2023 avis critique (1)
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Interview/ Esteban : un artiste aux multiples facettes

Michael Bensoussan, mieux connu sous ses pseudonymes d’Esteban et David Boring, est un artiste aux multiples facettes qui a su conquérir le public français à travers ses talents d’acteur et de chanteur. En ce mois d’octobre, le groupe auquel il appartient, les Naïve New Beaters, s’apprête à sortir le premier clip issu de leur nouvel album, dont la sortie est programmée pour 2024. Par ailleurs, le comédien tient également l’un des rôles principaux dans le film ‘La Fiancée du Poète‘ réalisé par Yolande Moreau, à l’affiche depuis le 11 octobre.

Une double actualité pour Esteban !

Bulles de Culture : Vos deux personnages, Esteban, l’acteur, et David, le musicien, sont-ils en réalité les mêmes personnes ?

Esteban : Non, il y en a un qui kiffe la musique et l’autre qui est un peu plus branché cinoche. C’est quand même globalement les mêmes. Mais bon, ils n’ont pas la même fonction. Comme ça, ça me permet, moi, de faire le tri dans mon cerveau. Quand je dois aller faire de la musique, je m’appelle David. En tournage au cinéma, ok, je suis Esteban.

Bulles de Culture :  Et les deux sont-ils Michael ?

Esteban : Michael, c’est une autre personne. Lui, il n’existe pas trop. Il est un peu en dehors des radars. Il remplit des papiers administratifs. Il paye ses impôts. Il fait des choses un peu plus ennuyeuses.”

on m’a attribué le rôle du ‘rappeur dans un groupe un peu à l’américaine’

Bulles de Culture : Quelle était votre ambition en créant le groupe de musique Naïve New Beaters ?

Esteban : C’était un moment où je n’avais pas trop de travail et où je ne faisais pas trop d’études non plus. Je me disais ‘C’est cool, on traîne avec des amis qui font de la musique’. Mais j’avais conscience que je ne chantais pas très bien, que je jouais également mal de la guitare et du piano. En revanche, je parlais bien anglais. Alors, on m’a attribué le rôle du ‘rappeur dans un groupe un peu à l’américaine’. Il me fallait alors un nom de scène qui claque, qui envoie de la paillette. David Boring, je trouvais ça assez classe.

Bulles de Culture : Comment Esteban a commencé dans le métier ?

Esteban : Après le premier album des Naïve, le réalisateur Vincent Dietschy m’a proposé un rôle dans un court-métrage, “La vie parisienne“. J’y interprétais un sex addict en pleine période d’abstinence. Je cherchais alors un pseudonyme un peu sulfureux. Dans ma tête, Esteban incarnait l’archétype de l’étalon mexicain, et étant donné que beaucoup de gens pensaient que je viens d’Amérique du Sud, cela semblait parfait !

Bulles de Culture : Vos rôles de musicien et d’acteur se rejoignent néanmoins dans les clips des Naïve New Beaters !

Esteban : Oui, c’est vrai. Dès les premiers clips, tous les membres du groupe ont souhaité y jouer un rôle, et moi particulièrement, j’adorais ça ! J’en ai même réalisé quelques-uns. Les clips sont des exercices créatifs qui combinent l’acting, la musique et la réalisation, ce qui en fait un format très gratifiant.

Bulles de Culture : À quoi peut-on s’attendre pour le retour des Naïve New Beaters ?

Esteban : On est un peu dans un mood « crâneur un peu chelou ». Comme si on était des statues grecques, mais dans un univers de science-fiction bizarre. On a une volonté de s’inscrire dans le futur, tout en gardant un œil sur le passé. Je dirais qu’on a également conservé notre éclectisme. Alors que l’album précédent, “Fun Hours“, mettait l’accent sur le plaisir, cette fois-ci, on se tourne vers quelque chose de plus émotionnel. Il y a toujours de l’énergie et de la fête, mais une touche plus introspective.

Yolande est quelqu’un de très sympathique, mais elle peut être aussi très taquine

Bulles de Culture : Pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Yolande Moreau pour “La Fiancée du Poète” ?

Esteban : C’était hyper chelou. Il y avait déjà une certaine pression, car vous êtes là à la base pour vous vendre. En plus, je devais apprendre un morceau de Johnny Cash et jouer de la guitare en même temps. C’était un double défi. Yolande est quelqu’un de très sympathique, mais elle peut être aussi très taquine. Après ma performance, elle a été très directe : “Tu es complètement à côté de la plaque là.” Elle cherchait en effet à apporter une dimension plus sérieuse au rôle de ce réfugié sans papier, tandis que je le percevais un peu plus comique. À l’origine, je n’avais pas été sélectionné, mais j’ai été rappelé un mois avant le tournage.

Bulles de Culture : Dans le film, il règne une atmosphère chaleureuse, avec les personnages vivant ensemble dans une région peu peuplée. Le tournage avait-il un peu l’ambiance d’une colonie de vacances ?

Esteban : Oui, surtout parce que la maison avait un rôle majeur dans le film. On aurait presque pu la créditer comme un acteur à part entière. Le tournage avec Yolande était calme et agréable. J’avais même emmené mon chien, qui embêtait les chats des environs. Il y avait aussi un framboisier. Chaque matin, un acteur était désigné pour aller cueillir des framboises pour tout le monde. On a vécu cette expérience un peu comme une colocation.

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Antoine Corte

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