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Critique / « Une fois que tu sais » (2021) d’Emmanuel Cappellin

Une fois que tu sais est le premier long métrage documentaire d’Emmanuel Cappelin. Le film revient sur la crise écologique à travers le théorie de la collapsologie (l’effondrement). Pour cela, le réalisateur fait appel à l’expertise de scientifiques spécialisés, comme Jean-Marc Jancovici, Susanne Moser, Richard Heinberg… Le documentaire sort dans les salles de cinéma le 22 septembre 2021. L’avis et la critique de Bulles de Culture.

Synopsis :

Confronté à la réalité du changement climatique et à l’épuisement des ressources, le réalisateur Emmanuel Cappellin prend conscience qu’un effondrement de notre civilisation industrielle est inévitable. Mais comment continuer à vivre avec l’idée que l’aventure humaine puisse échouer ? En quête de réponses, il part à la rencontre d’experts et de scientifiques tels que Pablo Servigne, Jean-Marc Jancovici ou Susanne Moser. Tous appellent à une action collective et solidaire pour préparer une transition la plus humaine possible.

Une odyssée qui touche à l’intime et transforme notre regard sur nous-même et sur le monde pour mieux construire l’avenir.

Une fois que tu sais : la collapsologie en ligne directrice

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Jusqu’à présent en retrait sur les questions écologiques, le cinéma se met enfin à évoquer massivement les problèmes climatiques. Après la création d’une sélection spéciale au Festival de Cannes intitulée  » le cinéma pour le climat », nombreux documentaires sur le sujet débarquent sur les écrans en cette fin d’année. Entre Bigger Than Us (le 22 septembre), I am Gretta (le 29 septembre), le public aura l’embarras du choix pour se sensibiliser aux enjeux écologiques. Parmi ces long métrages documentaires, Une fois que tu sais se concentre sur la collapsologie, concept inventé par Pablo Servigne s’appuyant sur la théorie d’un effondrement futur de nos sociétés modernes lié aux problèmes climatiques. Emmanuel Cappellin explique « Avec son livre Comment tout peut s’effondrer, Pablo Servigne a joué un vrai rôle pour me permettre de trouver les mots, et d’assumer pleinement mes convictions. Les termes qu’il a proposé – effondrement, collapsologie, transition écologique, résilience collective…-résumaient tout ce que je pensais déjà !« .

Pour le documentariste, Une fois que tu sais est le résultat de ses multiples voyages aux quatre coins du monde pour filmer des personnages sujettes aux premières conséquences du changement climatique. Au cours de son périple, celui qui est le chef opérateur régulier de Yann Arthus Bertrand, qui soutient d’ailleurs directement le projet, fait des rencontres fracassantes qui vont lui donner l’envie de faire un film. Scientifique de formation, Emmanuel Cappellin filme d’éminents spécialistes pour poser les pièces de son puzzle.

Un choix impossible entre aujourd’hui et demain

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Une fois que tu sais soigne ainsi son enquête à travers des témoignages édifiants de climatologues. Ceux qui s’intéressent à l’écologie connaissent déjà l’ingénieur Jean-Marc Jancovisi qui, sans langue de bois, fait un lien entre croissance et énergie, prônant notamment que l’épuisement des ressources naturelles va faire chuter nos sociétés modernes en recherche perpétuelle de croissance. Le documentaire choisit des passages marquants de conférences donnés par le climatologue, lorsqu’il explique à son auditoire le choix impossible entre la surexploitation des ressources pour construire des logements pour tous ou laisser aujourd’hui à la rue une partie de la population mondiale pour éviter l’épuisement des matières premières.

Le long métrage va également chercher dans l’intime . L’émotion est palpable lors de la rencontre entre Emmanuel Cappellin et l’écrivain Richard Heinberg, également fondateur de Post Carbon institute. L’américain livre un témoignage, teinté d’amertume. « Une fois que tu sais, tu ne peux plus être le même » prononce-t-il. L’engagement individuel est tellement fort chez Richard Heinberg qu’il confie à la caméra ne pas avoir voulu d’enfant pour ne pas faire souffrir une génération future qui aura hérité d’un triste fardeau en devant prendre des mesures drastiques pour sauver la planète.

Un enjeux local pour trouver des solutions

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Le réalisateur fait le choix de se concentrer également sur la vision locale. Une fois que tu sais filme Pablo Servigne donnant une conférence dans la salle communale du village du réalisateur à Saillans dans la Drôme.  Emmanuel Cappellin se confie sur l’importance de cette dimension locale pour trouver des solutions : « le local, c’est là que les choses redeviennent possibles, qu’on a une prise sur nos relations sociales, sur comment on se nourrit, on se chauffe ou on se déplace. On peut se sentir écrasés par cette crise environnementale, mais c’est en revenant à une juste échelle, humaine, qu’on avance à petit à petit« .

Le message de Pablo Servigne est d’une clarté cinglante, si on ne fait rien, on court à la catastrophe mais si on fait quelque chose, on n’est pas sûr de réussir. Les politiques, les entreprises, les sociétés ont longtemps mis sous le tapis ces problématiques environnementales. A l’instar d’Act up dans la lutte contre le sida, Une fois que tu sais montre que le poids des démarches citoyennes est sur le point de réveiller une conscience collective à travers des actions coups de poing obligeant le pouvoir public à se saisir du problème. Le sauvetage de la planète semble en marche, clôturant le documentaire non sur une note d’espoir mais sur un appel à la mobilisation générale.

Notre avis ?

Une fois que tu sais tient sa force dans une ligne thématique très travaillée, qui s’appuie constamment sur un discours scientifique étayé. Ce premier film n’en oublie pas les rouages de l’émotion pour donner plus de forces à son propos. Moins abordable pour un jeune public au regard des données scientifiques qui y sont partagées, le film appelle à des échanges suite à la projection.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 22/09/2021
  • Distribution France : Nour Films
Antoine Corte

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