Avec Once Upon a Time in Gaza, les frères Nasser poursuivent leur fresque cinématographique d’un territoire perdu. Stylisé et primé à Cannes, leur film oscille entre hommage cinéphile et satire, sans toujours trouver son équilibre. La critique et l’avis de Bulles de Culture.
Avec Once Upon a Time in Gaza, les frères Tarzan et Arab Nasser poursuivent leur mélancolique entreprise de mise en récit d’une ville dont ils ont été arrachés. Les deux cinéastes palestiniens vivent en exil depuis plus d’une décennie, contraints de recomposer, par fragments, les contours d’un territoire devenu mémoire. Leur filmographie, de Dégradé (2015) à Gaza Mon Amour (2020), explore cette tension féconde entre attachement viscéral et impossibilité du retour.
Leur troisième long-métrage, présenté à Un Certain Regard et récompensé du prix de la mise en scène, prolonge cette démarche. Tourné intégralement en Jordanie, Once Upon a Time in Gaza propose d’emblée une stylisation appuyée. Les rues de Gaza prennent des allures de western urbain, saturées de poussière.

L’esthétique s’inscrit dans le style d’un néo-polar auquel il est rajouté une pointe d’humour noir dans les dialogues. Seulement, à mi-parcours, un basculement brutal opère. Le récit se transforme en une totale satire de la propagande islamiste. Ce changement de registre, loin d’offrir une profondeur nouvelle, expose au contraire la fragilité d’architecture du film.
Le film oscille alors sans trouver d’ancrage, perdant peu à peu son centre de gravité. Les références ne manquent pas : Sergio Leone, Tarantino, les frères Coen… Mais plutôt que de nourrir une esthétique singulière et un ton particulier, celles-ci semblent plaquées sans recherche, ni subtilité. L’hommage tourne vite à l’imitation.
Notre avis ?
Aussi, derrière ce vernis soigné, une grande absence se fait sentir, celle d’une incarnation véritable. Le territoire de Gaza devient finalement pour les frères réalisateurs une simple projection cinématographique reconstituée à distance et esthétisée à l’excès, mais sans aucune puissance d’un point de vue narratif.
En savoir plus :
- Date de sortie : 25/06/2025
- Distributeur France : Dulac Distribution
Bulles de Culture Sur Bulles de Culture, chaque jour, la culture sort de sa bulle !
