Après un passage à la Quinzaine des cinéastes durant le Festival de Cannes, Les Filles désir sort le 16 juillet au cinéma. La critique et l’avis sur cette chronique marseillaise.
Synopsis :
Marseille en plein été. À 20 ans, Omar et sa bande, moniteurs de centre aéré et respectés du quartier, classent les filles en deux catégories : celles qu’on baise et celles qu’on épouse. Le retour de Carmen, amie d’enfance ex-prostituée, bouleverse et questionne leur équilibre, le rôle de chacun dans le groupe, leur rapport au sexe et à l’amour.
Les Filles désir : un film ancré dans les quartiers populaires de Marseille
Après huit années de gestation collective, la réalisatrice Prïncia Car signe avec Les Filles désir un premier long-métrage ancré dans les quartiers populaires de Marseille. Présenté à la Quinzaine des cinéastes, le film s’appuie sur un dispositif participatif – casting non professionnel, écriture en atelier, improvisation sur le plateau – pour esquisser le portrait d’une bande de jeunes hommes confrontés au retour d’une figure féminine à la fois fantasmée, dérangeante et affranchie. Prïncia Car ne cherche ni l’effet, ni l’élégance. Elle cadre à hauteur d’épaule, suit les gestes et les crispations d’une jeunesse loquace, souvent brutale. Le naturalisme y est frontal sans effet de style.

On pense à L’Esquive d’Abdellatif Kechiche ou à Bande de filles de Céline Sciamma. Mais cette énergie, précieuse, peine à se structurer. Les thèmes s’accumulent – masculinité blessée, sexualité bridée par les dogmes, … – sans que le film ne prenne le temps d’en creuser aucun. Il flotte dans la narration une forme d’indécision constante. Pendant une grande partie du récit, le regard reste rivé sur les garçons. Les personnages féminins, bien que désignés dès le titre comme le centre névralgique, restent longtemps relégués à la marge. Ce déséquilibre narratif confine leur parole à une périphérie silencieuse. L’émancipation promise n’irrigue pas le récit, elle en surgit presque en post-scriptum.
Notre avis ?
Les Filles désir laisse ainsi l’impression d’un film en suspens. Sincère dans sa démarche, il propose davantage une matière à travailler qu’une forme pleinement aboutie. Un premier geste de cinéma où la promesse, indéniable, l’emporte sur l’accomplissement. Un désir de film, plus qu’un film de désir.
En savoir plus :
- Date de sortie France : 16/07/2025
- Distribution France : Zinc Films
