Après La Déesse des mouches à feu (2020), Anaïs Barbeau-Lavalette choisit d’adapter au cinéma Chien Blanc, le roman éponyme autobiographique de Romain Gary sorti en 1970. La critique et l’avis sur le film dans le cadre de sa sortie en vidéo.
Synopsis :
En 1968, suite à l’assassinat de Martin Luther King, la défense des droits civiques est en deuil mais la lutte se poursuit. Alors que l’auteur Romain Gary et son épouse Jean Seberg ont pris part à ce combat, l’accueil d’un chien abandonné qui a été éduqué à attaquer les Afro-Américains les poussent à revoir leurs perspectives quant au changement de société.
Chien Blanc : les luttes pour l’égalité des droits civiques
La précédente adaptation pour le cinéma date de 1982 et avait été réalisée par Samuel Fuller sous le titre français Dressé pour tuer (White Dog). Ici, la cinéaste québecoise met en avant l’autobiographie de l’écrivain pour mieux questionner la responsabilité d’artistes et intellectuels dans la dynamique de la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains aux USA.
Cette problématique est chère à la réalisatrice qui n’a cessé, depuis ses débuts à l’âge de 20 ans au cinéma, de s’investir dans différentes sujets sociaux du nord au sud du vaste continent américain notamment avec des films documentaires. L’adaptation de l’ouvrage de Romain Gary lui était donc parfaitement approprié avec l’enjeu de rappeler que les luttes pour l’égalité des droits civiques pour toutes et tous est encore une réalité d’une grande actualité comme Anaïs Barbeau-Lavalette tient à le rappeler avec les dernières scènes qui viennent servir de conclusion au film.

Il est possible que l’ouvrage de Romain Gary ait été pris par la réalisatrice avec un tel poids qu’elle n’a pas pu, hélas, en proposer sa lecture personnelle, trop soucieuse d’être fidèle au roman. C’est en ce sens que la mise en scène de la cinéaste se révèle un peu trop sage dans la reconstitution. Le récit souffre du statut de « film d’époque » où les personnages semblent engoncés dans leurs mouvements et leurs dialogues.
De même les interprétations sont également justes de la part des acteurs et actrices mais sans fulguration, avec des séquences qui se succèdent sans trop de surprises. La musique orchestrale rajoute également un peu trop de solennité alors que le film aurait mérité plus de sobriété. Il minnque au scénario une confrontation historique et sociale pour interroger davantage la contemporanéité du roman de Romain Gary. Il n’en reste pas moins que le film est une curiosité à découvrir et à réfléchir avec le monde actuel qui voit en France comme ailleurs le retour de la xénophobie décomplexée dans l’espace public. Un film à partager en salle dans un espace citoyen d’échanges.
Cet article vous est proposé par le chroniqueur Cédric Lépine
En savoir plus :
Chien blanc
d’Anaïs Barbeau-Lavalette
Fiction
96 minutes. Canada, 2022.
Couleur
Langues originales : français, anglais
Avec : Denis Ménochet (Romain Gary), Kacey Rohl (Jean Seberg), K.C. Collins (Keys), Peter James Bryant (Red), Jhaleil Swaby (Ballard Jones), Chip Chuipka (Jack Carruthers), Laurence Lemaire (Diego Gary), Melissa Toussaint (Nicole), Michaëna Benoit (Jamie), Pascal Tshilambo (Karim), Véronique Verhoeven (Celia)
Sortie en salles (France) : 22 mai 2024
Sortie France du DVD : 3 décembre 2024
Format : 2,35 – Couleur
Langues originales : anglais, français – Sous-titres : français.
Éditeur : Destiny Films
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