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Les Films du Losange

Critique / “Ange” de Tony Gatlif

Tony Gatlif signe avec Ange un road-movie musical entre errance et transmission, porté par la voix d’Arthur H et l’énergie des musiques nomades. La critique et l’avis de Bulles de Culture sur le film.

Synopsis :

Ange (Arthur H), voyageur solitaire et ethnologue de profession, doit pour rembourser sa dette, mettre le cap sur les bords de la Méditerranée. Alors qu’il a pris les routes au volant de son vieux van telle n’est pas sa surprise quand il retrouve cachée dans le coffre sa fille de 17 ans dont il vient à peine d’apprendre l’existence.

Ange : la route comme promesse de réconciliation

Tony Gatlif ne change pas de cap. Depuis Les Princes (1983), son cinéma arpente les marges : les Roms, les exclus, les nomades – ces figures sans adresse fixe mais à la mémoire dense. Ange, son vingtième long-métrage, s’inscrit dans cette même veine, mais avec une douceur plus assumée. Tourné à l’automne 2024 dans les Pyrénées-Orientales, le film surgit comme une réponse vitale à l’enfermement pandémique. Le film fait de la musique son moteur narratif. Les scènes chantées ne sont pas des ornements, mais la matière même du récit : entre flamenco andalou, violon klezmer, fanfare tzigane… chaque halte donne lieu à une performance. La caméra s’attarde alors sur les mains qui jouent et les pieds qui dansent.

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Les Films du Losange

Arthur H, dans son premier grand rôle, impose une présence discrète mais magnétique. Son Ange, mi-ethnologue, mi-mystique, parle peu, mais capte l’attention. Suzanne Aubert, en adolescente lucide et intuitive, forme avec lui un duo inattendu, souvent touchant. Le montage suit un rythme organique, parfois déroutant.

Cette liberté de ton a un prix : le scénario, ténu, repose sur les ellipses. La relation père-fille, bien que prometteuse, reste en demi-teinte. Le film préfère les moments suspendus aux grandes confrontations.

Notre avis ?

Entre poésie fragile et narration évaporée, c’est dans cet entre-deux que Tony Gatlif reste ce cinéaste de l’intuition et de la dissonance assumée. Avec Ange, il signe un film libre, à contre-courant du cinéma calibré. Une traversée musicale où le voyage importe plus que la destination, et où le chant devient, encore une fois, un acte de mémoire et de lien.

En savoir plus :

Antoine Corte

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