Dernière mise à jour : avril 5th, 2019 à 01:36 am
Avec Asia Argento en réalisatrice, c’est toujours explosif. En 2001, Scarlet Diva évoquait la destruction de l’amour d’une actrice en mal de notoriété. Puis, le sulfureux Le livre de Jérémie abordait la délicat sujet de la prostitution d’une mère pour faire vivre son enfant. L’Incomprise (Incompresa, 2014) ne fait pas exception à la règle. La cinéaste livre un film tabou, aux facettes multiples – un peu à son image -, dans la veine du film classique italien, L’Incompris (1967) de Luigi Comencini.
With Asia Argento as a director, it is always explosive. In 2001, Scarlet Diva told the destruction of love with an actress in search of fame. Then, the sulfurous The Heart Is Deceitful Above All Things talked about the delicate issue of the prostitution of a mother in order to support her child. Misunderstood (Incompresa, 2014) is no exception to the rule. The filmmaker delivers a taboo and multifaceted film like the classic Italian film, The Misunderstood (1967) by Luigi Comencini.
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Interprétation parfaite de l’actrice principale, Giulia Salerno, qui communique dans ses expressions tout autant l’insouciance que l’intelligence. Très présente au cinéma cette année, Charlotte Gainsbourg met son grain de folie habituelle au personnage de la mère. Plus proche de Nymphomaniac de Lars Von Trier que de Samba de Toledano & Nakache, elle est à nouveau scandaleuse et provocante. De façon plus anecdotique, Asia Argento fait une rapide apparition dans une scène de rupture tordante, placée au cœur d’un délicieux jardin romain antique très arboré.
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| Stefano Iachetti |
Pour autant, derrière ce sujet d’un passage à l’âge adulte, il y a la patte singulière d’Argento qui peut gêner. L’enfance sexuée, le suicide, l’abandon et la solitude amoureuse, la réalisatrice tord un peu trop ses protagonistes dans tous les sens, jusqu’à atteindre parfois la caricature masochiste. On aime mais on a terriblement mal devant ces scènes dérangeantes, notamment dans le dernier acte.
Côté technique, on y croit à fond. La photographie, avec un filtre légèrement jauni, laisse ressurgir une Italie des années 1980 avec décors et costumes d’époque. La musique, alternant reprises de tubes méconnues et compositions de la grand-mère de la réalisatrice, donne de l’ampleur à la mise en scène. Elle est “un film dans le film”, comme dirait la cinéaste.
Antoine Corte
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