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Festival du Film de société Royan 2022

Royan 2022 / Rencontre avec Tiana Rabenja, programmatrice du festival

Dernière mise à jour : décembre 3rd, 2022 at 11:03

A l’occasion du Festival du Film de société à Royan cette semaine, nous avons tenu à rencontrer Tiana Rabenja, programmatrice de l’évènement qui a sélectionné les longs métrages de cette édition.

Un festival en pleine expansion

Le Festival du Film de Royan en est seulement à sa deuxième édition mais les innovations sont déjà nombreuses par rapport à sa première année d’existence. Tiana Rabenja l’évoque : « Cette année, le festival a été rallongé de 2 jours. On a donc davantage d’espaces pour proposer des films. La sélection est beaucoup plus équilibrée. On a des propositions grand public comme Maestro(s) ou Cet Eté-Là. J’ai également pu placer des séances coups de cœur plus dans une veine ‘cinéma d’auteur’ avec notamment Alma viva ou Joyland ».

Parmis les moments forts, la programmatrice a déjà les premières tendances : « le film Sage-homme de Jennifer Devoldère est vraiment une exclusivité. Il n’a été montré qu’à très peu de spectateurs. Je pense que le film va vraiment plaire au public. Il est de très bonne facture. La séance va être un très bel évènement. Il y aura un sage-femme masculin pour débattre après le film. C’est exactement dans la veine de ce Festival du Film de Société de Royan. Il y aura aussi la diffusion de La syndicaliste de Jean-Paul Salomé. Le long métrage avec Isabelle Huppert raconte l’histoire vraie de Maureen Kearney, déléguée CFDT chez Areva, qui, en 2012, est devenue lanceuse d’alerte pour dénoncer un secret d’Etat secouant l’industrie du nucléaire en France. Maureen sera parmi nous. Le moment va être chargé en émotion car le film la replongera dans son combat difficile ».

La sélection, clé du succès d’un festival

La sélection des films dans un festival est tout un art ! Elle est primordiale pour son succès : « J’ai construit la programmation au grès des festivals et des marchés que j’arpentais. J’ai essayé de confectionner le programme autour de trois thématiques fortes : l’héritage, l’identité et la place qu’on te donne dans le monde d’aujourd’hui. Dans cette programmation, je souhaite relever la singularité du film C’est mon homme. Un film d’époque qui est étonnant de retrouver dans un tel festival de société. Et pourtant, il évoque la recherche de l’identité à travers l’amnésie d’un soldat de la première guerre mondiale. J’ai trouvé que la question de la recherche de soi soulevée par le film était très actuelle et pouvait être sujette à débat de société ».

Afin de savoir si un film peut rentrer dans la programmation du festival, Tiana Rabenja se pose des questions : « Que te provoque le film en tant que spectateur ? est-ce qu’il donne envie d’avoir une discussion autour du sujet ? ». La prise en compte du tissu local est importante dans ce type d’évènement. Il faut savoir si le public régional est sensible à la problématique : « Youssef Salem a du succès va à mon sens toucher le public de Royan car ça parle de transmission. Il y a aussi Maestro(s) dans cette même veine. Pour m’enrichir des problématiques locales, j’ai posé énormément de questions aux bénévoles de l’association pour être très en accord avec leurs attentes ».

L’importance des jeunes spectateurs

Le Festival du Film de Royan a également vocation à réunir une part importante de jeunes spectateurs : « Pour le jeune public, on a retenu Dounia et la princesse d’Alep, Ernest et Célestine 2. A cela s’accompagne également la diffusion de films familiaux comme Cet été-là qui aborde plein de sujets sous le regard d’une petite fille de 10 ans. C’est assez solaire même s’il y a des évènements difficiles dans l’histoire. Neneh Superstar en clôture a gagné le prix du public à Mon Premier Festival. L’œuvre évoque les barrières qu’on se met à soi-même. C’est un film très joyeux autour de la danse. La jeune actrice, Oumy Bruni Garrel, est bouleversante. On aura des danseurs lors de la cérémonie de clôture ».

Le Festival du film de société de Royan a débuté depuis mardi. Tiana Rabenja est déjà impatiente de faire le bilan de sa programmation : « J’ai assez hâte d’avoir le retour des spectateurs. Il y a toujours des surprises ! Des petits phénomènes que l’on n’attend pas ».

En savoir plus :

Antoine Corte

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