Nouveau focus Bulles de Culture sur les femmes de l’ombre de la série Demain nous appartient. Interview de Marie-Pascale Laurencelle.
Rencontre avec Marie-Pascale Laurencelle pour Demain nous appartient : “S’adapter sur une quotidienne cross-boardée, c’est un vrai défi“
Après les actrices Sixtine Dutheil, Carla Roturier, Jennifer Lauret, Camille Genau et Shirley Bousquet, Bulles de Culture a échangé avec les personnes à l’œuvre dans les coulisses de la série quotidienne Demain nous appartient. Après la codirectrice des arches Cécile Kiegel, la productrice artistique Isabelle Regourd et la cheffe des coaches Dorothée Caby, rencontre avec Marie-Pascale Laurencelle, réalisatrice québécoise sur la série depuis 2022.
Bulles de Culture : Est-ce différent de réaliser une série quotidienne en France et au Québec ?
Marie-Pascale Laurencelle : Une quotidienne, c’est un style de production de fiction à un rythme très soutenu. Au Québec, je tournais 20 minutes de séquences par jour. Ici, j’en tourne entre 12 et 14 minutes par jour parce qu’on est trois équipes à travailler en parallèle.
L’enjeu, c’est la justesse et l’efficacité. Il faut livrer un texte porté par le meilleur jeu possible. Après, il faut adapter son style de réalisation, faire des concessions, trouver rapidement des solutions quand les problèmes surgissent – il y en a toujours, au détour d’un décor ou d’une scène !
Bulles de Culture : Comment faites-vous pour adapter votre vision en fonction de ce qui a déjà été fait ?
Marie-Pascale Laurencelle : S’adapter, surtout sur une quotidienne cross-boardée, c’est un vrai défi : je peux tourner des séquences d’un épisode aujourd’hui, alors que d’autres scènes du même décor, avec les mêmes comédiens, ont été tournées il y a un mois ou le seront dans un mois.
La continuité repose d’abord sur l’équipe artistique et les scriptes. On a une scripte référente, des photos de raccord pour les décors et les costumes, mais il faut aussi veiller aux raccords d’ambiance et de jeu. Les chefs opérateurs suivent, eux, des chartes lumière standardisées par la post-production. On a aussi un producteur artistique en post-production qui a défini des règles pour les décors, et tout le monde doit s’y conformer.
Mais à l’intérieur de ces balises, il y a une vraie place pour la créativité, pour des idées de cadrages, des angles de caméra, des façons de diriger les comédiens… Ce qui rend ce projet vraiment stimulant.
Bulles de Culture : Comme cela se passe-t-il concrètement ? Par exemple, sur l’arche du tremblement de terre à laquelle vous avez contribué…
Marie-Pascale Laurencelle : C’est beaucoup de discussions en amont. Là, pour l’arche du séisme, c’est Alexis Charrier qui a mis en place les grosses séquences extérieures. Donc c’est lui qui a donné le rythme. Moi, j’ai fait des séquences intérieures, où le tremblement de terre est moins visible.
Par exemple, j’ai tourné au Spoon une séquence de ravitaillement située le lendemain du séisme : on y voit des cagettes de sandwichs destinées aux secouristes. Pour assurer une continuité visuelle entre les lieux, ces mêmes cagettes devaient aussi apparaître sur les plateaux d’Alexis, même si nos séquences étaient tournées dans le désordre
Il faut donc réfléchir en amont à l’impact de chaque séquence sur les autres. C’est le rôle des coordonnateurs artistiques, qui ont une vision d’ensemble du projet.
Bulles de Culture : Comment transforme-t-on Le Spoon, un lieu si emblématique de la série ?
Marie-Pascale Laurencelle : On bouge un peu le mobilier, on rajoute une table pour mettre des sandwichs, des petites bouteilles d’eau, des cagettes. On l’ouvre aux secours, mais il garde son esprit : lieu de rencontres, lieu de chaleur et de réconfort. Il ne perd pas sa vocation.
Retrouvez l’interview complète dans le podcast Show devant de notre partenaire, la radio Esprit Occitanie.
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En savoir plus :
- Demain nous appartient est diffusé sur TF1 du lundi au vendredi à 19h10
- La série est proposée en streaming et en replay sur TF1+
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