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En Fanfare film 2024 photo
©2023-Agat Films & cie - FRANCE 2 CINEMA

Interview / “En Fanfare”: Benjamin Lavernhe, Pierre Lottin et Sarah Suco

Le réalisateur Emmanuel Courcol (Un triomphe ; Cessez le feu) sort son nouveau film “En Fanfare” le 27 novembre au cinéma, une comédie dramatique où l’humour et l’émotion se croisent dans une histoire familiale marquée par la musique. Le long métrage raconte l’histoire d’un chef d’orchestre renommé qui découvre qu’il a été adopté et qu’il a un frère, modeste employé de cantine scolaire et musicien amateur dans une fanfare du nord de la France. Leur rencontre bouleverse leurs vies, et, malgré leurs différences, l’amour de la musique les rapproche. Nous avons rencontré trois des acteurs principaux : Benjamin Lavernhe, Pierre Lottin et Sarah Suco, pour discuter de leur expérience sur ce projet.

Interview de Benjamin Lavernhe, Pierre Lottin et Sarah Suco

Bulles de Culture : Avant de travailler sur ce film, est-ce que vous connaissiez le phénomène des fanfares dans le Nord ? Comment vous êtes-vous immergés dans cet univers si particulier ?

Pierre Lottin : Non, je ne connaissais pas du tout cet univers. J’avais une vague connaissance de l’existence de fanfares, mais je ne mesurais pas l’importance qu’elles avaient dans cette région. C’est en préparant le film qu’on s’est plongé dedans en rencontrant des gens du Nord. On a été frappés par leur générosité et leur passion pour la musique.

Benjamin Lavernhe : Comme Pierre, je connaissais un peu le principe des fanfares, surtout en milieu municipal, mais je n’avais pas conscience de la profondeur historique derrière tout ça. On a découvert que ces fanfares minières existent depuis plus d’un siècle, avec des traditions bien ancrées, des uniformes, des fanions, et des défilés. C’était touchant de voir cet héritage traverser les générations. Et puis, tourner dans une salle où des fanfares répétaient déjà il y a 150 ans, ça vous relie à une histoire incroyable. Le tournage a été une véritable immersion, d’autant plus qu’on a été chaleureusement accueillis par les habitants du coin.

Sarah Suco : Oui, ils nous ont tellement bien accueillis ! En quelques minutes, ils nous donnaient des conseils sur la manière de tenir nos instruments. Il y avait une telle simplicité et une vraie transmission de savoir-faire. On s’est vraiment senti intégrés dans cet univers.

En Fanfare film 2024 photo
©2023-Agat Films & cie – FRANCE 2 CINEMA

Bulles de Culture : Ce film a une tonalité assez complexe, entre comédie, drame et dimension sociale. Comment avez-vous perçu le scénario à votre première lecture ?

Sarah Suco : Quand j’ai lu le scénario, j’ai tout de suite été séduite par l’histoire. Il est très bien écrit. Ce qui m’a frappée, c’est à quel point c’était fluide. Les dialogues étaient tellement bien construits qu’on sentait déjà la richesse des personnages. En découvrant un nouveau projet, on sait immédiatement si on va devoir tout réécrire ou si ça va fonctionner naturellement. Sur En Fanfare, tout marchait parfaitement. J’étais honorée de participer à ce projet, et l’idée de tourner avec Benjamin [Lavernhe] et Pierre [Lottin] a vraiment fini de me convaincre.

Benjamin Lavernhe : Pareil pour moi. Dès les premières pages, j’ai ressenti une vraie empathie pour les personnages. Il y avait cette énergie, ce mélange de légèreté et de profondeur qui est rare. L’écriture est tellement forte qu’on se projette directement dans ce qu’on va vivre sur le tournage. Et puis, diriger un orchestre, c’était une promesse folle que je ne pouvais pas refuser.

Pierre Lottin : Pour ma part, j’ai d’abord vu l’aspect comique. On a essayé d’y apporter de l’humour, même dans des scènes qui n’étaient pas forcément prévues pour ça. Mais il y a aussi une vraie profondeur sociale, et le film sait jongler entre les deux. Emmanuel Courcol a su trouver l’équilibre entre la comédie et le drame, et c’est ce qui rend ce film si particulier.

Bulles de Culture : Le film traite aussi du déterminisme social. Comment avez-vous abordé ce thème à travers vos personnages ?

Pierre Lottin : Le film montre bien comment, en fonction de son milieu d’origine, on n’a pas les mêmes chances. Mon personnage, Jimmy, n’a pas eu la même éducation que celui de Benjamin [Lavernhe], et ça se ressent dans leurs parcours. C’est clairement plus difficile de s’en sortir quand on part avec moins d’avantages.

Sarah Suco : Oui, mais en même temps, quand tu pars d’en bas, ça te donne parfois une force que ceux qui sont déjà en haut n’ont pas. Ça crée des opportunités différentes. Pour le personnage de Pierre [Lottin], c’est une chance d’avoir ce talent musical, même si au départ, il n’a pas les moyens de l’exploiter.

Benjamin Lavernhe : C’est intéressant de voir comment le destin joue avec ces deux frères. Mon personnage a eu toutes les cartes en main pour réussir, mais celui de Pierre [Lottin] a un talent brut que personne n’a pris au sérieux avant que son frère n’intervienne. Cela pose la question : est-ce qu’il est trop tard pour lui de rêver d’une autre vie ? C’est une réflexion sur l’injustice du destin, mais aussi sur le fait de se donner les moyens d’exploiter son potentiel.

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Antoine Corte

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