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© Frédérique C. / Bulles de Culture

Critique Avignon 2021 / « Il Campiello » par Carlo Boso

Chants, danses, pantomimes, nous sommes en Italie et plus précisément à Venise, pendant le carnaval. Carlo Boso, et sa promotion XIV sortie de l’Académie Internationale des Arts du Spectacle (AIDAS), propose la comédie de Carlo Goldoni : Il Campiello (littéralement, la Petite Place). Douze comédiens enthousiastes servent Goldoni avec brio, dans la Cour des Platanes, pendant le festival OFF d’Avignon 2021. L’avis et la critique théâtre de Bulles de Culture.

Synopsis :

Une petite place à Venise. Non pas la riche Venise du carnaval, mais la ville modeste, où le peuple s’interpelle de fenêtre en fenêtre.

Les fiançailles entre Lucietta (Elisa Ramillon) et le mercier Anzoletto (Erwan Bléteau) se préparent. C’est alors que l’arrivée du Chevalier Astolfi (Valentin  Pulicani), napolitain bourgeois, presque ruiné, va bouleverser la vie de la communauté.

Entre méfiance, jalousie et séduction, les vieilles mères vont tenter de trouver les meilleurs partis pour leurs progénitures. Le destin de chacun en sera changé.

Il Campiello : une œuvre du théâtre populaire européen

Goldoni a écrit Il Campiello en cinq actes en 1756. Il est alors le premier à faire tomber les masques de la Commedia dell’arte. Non à l’improvisation ! Dorénavant, il veut un texte écrit. D’où la véracité de ses personnages et de ses lieux.

Cette « Petite Place », « Il Campiello » est un personnage à part entière de la comédie. Encadrée de plusieurs maisons, les jeunes filles à marier y échangent depuis leurs fenêtres. Goldoni écrit : « La rue c’est chez eux ». Agnese, Orsola, Lucietta et Gasparina s’observent, se jalousent, se disputent.

A l’écart des cortèges festifs des quartiers riches, les précieux masques ne colorent pas cette Venise-là. Carlo Boso met en scène avec sa Compagnie AIDAS des petites gens qui, s’apostrophent, s’aiment ou se chamaillent. C’est jubilatoire !

Ponctué de chants en italien, le cœur de Venise bat la chamade. C’est un vrai tourbillon.

Un voyage en Italie

Carlo Boso sert à merveille l’intrigue d’Il Campiello. Pantomimes, lazzis, chants italiens, danses endiablées, dialogues enlevés, la troupe de l’AIDAS fait preuve d’une énergie communicative. Ils jouent en plein soleil, il est 12h30, 35 degrés au thermomètre mais peu importe. La foi du spectacle les transcende.

Les quatre filles sont aux fenêtres : Gasparina (Cindy Sebastien), Lucietta (Elisa Ramillon), Orsola (Athena Hobeïka), et Agnese (Gaia Mauro).

Les deux vieilles mères sont sur la place : Donna Catte (Jade Blondel) et Donna Pasqua (Guilia de Amicis).

Toute la troupe virevolte sur les tréteaux en plein air. Le dramaturge utilise toutes les ficelles du comique, les chutes, les cascades, les caractères caricaturaux : Gaparina zozote, la vieille Pasqua est sourde : « Service ? », « Quel vice ? »

Mais la critique de Goldoni concernant cette société est acerbe. Et le dramaturge veut mettre en exergue la pauvreté des vénitiens de son temps : « On ne peut pas manger à sa faim tous les jours ! » ou « Vous n’avez plus de dents ! »

Derrière le rire se cache une société où la dot des filles reste un problème et où la violence conjugale est fréquente. Mais le message reste léger et enlevé car la Compagnie AIDAS a su enrober cette glace à l’italienne d’un coulis de générosité.

En savoir plus :

Frédérique C.

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