Ce soir sur France 3, la série à succès Face à face, qui mêle intrigues policières et situations comiques, est de retour pour une troisième saison et dix épisodes inédits. Interview Bulles de Culture des actrices Claire Borotra et Clémentine Justine.
Synopsis
Pour la première fois, Justine (Claire Borotra) savoure une liberté inédite : vivre pour elle-même, sans se soucier des autres. Mais peut-on vraiment aller à l’encontre de sa propre nature ?
De son côté, Vanessa (Constance Gay) apprend qu’elle attend un enfant de Zacharie (Tom Hygreck). Désire-t-elle réellement devenir mère ? Pour la première fois, elle semble prête à lâcher prise et à envisager un futur loin du foyer familial.
Rencontre avec les comédiennes Claire Borotra et Clémentine Justine pour la série Face à face : “Je croise pas mal de gens qui pensent que je suis psychorigide”

C’est lors du Luchon Festival 2025, où Face à face a été sélectionné en compétition officielle, que Bulles de Culture a pu échanger avec les actrices Claire Borotra et Clémentine Justine. Dans la troisième saison de cette série qui plaît au public (3,4 millions de téléspectateur.rice.s en moyenne pour la saison 2), Claire Borotra rendosse son costume de juge d’instruction et reforme son duo de sœurs flics avec Constance Gay, pendant que Clémentine Justine reprend son rôle de lieutenante auprès de cette dernière pour résoudre de nouvelles enquêtes. Rencontre.
Bulles de Culture : votre personnage de Justine Rameau est très cool au début de Face à face saison 3…
Claire Borotra : Elle reste cool un petit peu, mais très vite elle va reprendre son caractère.
Bulles de Culture : Quel plaisir avez-vous de retrouver vos personnage à chaque saison ?
Claire Borotra : D’abord, le plaisir de retrouver une équipe, Strasbourg, des acteurs, des techniciens et des producteurs avec qui on aime travailler. Je ne connaissais pas aussi cette récurrence à faire le point tous les ans : alors, tu as divorcé ? Tu as combien d’enfants ? Tu as retrouvé quelqu’un ? Tu t’es coupée les cheveux, non ? (Rires)
Et j’avoue que le côté psychorigide de Justine ainsi que son autre versant, sa fantaisie un peu à côté de la plaque et avec des réactions disproportionnées, m’amusent beaucoup.
Après, le problème de cette récurrence, c’est que les gens ont tendance à penser que vous êtes le personnage. Je croise donc pas mal de gens qui pensent que je suis psychorigide, dont mes enfants, par exemple. Et je ne le comprends pas du tout parce que je ne suis pas du tout psychorigide.
Bulles de Culture : Quels points communs avez-vous donc avec Justine ?
Claire Borotra : Comme elle, j’ai des principes. La loyauté, l’honnêteté, ce sont des choses sur lesquelles j’ai du mal à transiger. Donc oui, pour ça, je peux lui ressembler. Je suis là aussi pour les gens qui ont besoin de moi, comme elle. Mais son côté psychorigide et hyper coincée, je ne pense pas être comme ça.
Bulles de Culture : Si vous n’êtes pas psychorigide comme Justine, êtes-vous aussi décontractée qu’elle dans les premiers épisodes ?
Claire Borotra : Non quand même pas, on ne va pas aller de l’autre côté du spectre (rires). Je suis au milieu.
Bulles de Culture : Il y a un personnage à vos côtés que j’aime beaucoup, c’est celui du greffier Vladimir Satouri, interprété par Frédéric Schalck ?
Claire Borotra : Il a une poésie, il est sur une autre planète, j’adore. C’est une très belle découverte. Au début, il avait vraiment une phrase par-ci par-là et puis tout le monde est tombé amoureux de ce comédien et de son personnage. On essaie donc au maximum de le développer et de le faire interagir. Surtout que je suis souvent seule dans les scènes de bureau, avec les auditions, les guests, etc. Avoir la complicité de Frédéric Schalck, ce grand garçon à la gentillesse incarnée, tant en tant qu’acteur que dans son rôle, est un véritable atout. C’est un formidable acteur.
“On nous laisse la liberté de réajuster parfois notre personnage au tournage”
Bulles de Culture : Et en ce qui concerne le personnage de Claire Sorel, que devient-il dans Face à face saison 3 ?
Clémentine Justine : Il évolue et on voit un peu plus ce qui se passe hors du commissariat. Il y a un peu d’incursion dans sa vie personnelle et du coup, c’est un grand plaisir pour moi de ne plus être que cantonnée aux enquêtes et à mon bureau au commissariat.
Bulles de Culture : Et vous lui ressemblez ?
Clémentine Justine : Je suis beaucoup moins sage, raisonnée et raisonnable qu’elle. Elle temporise beaucoup le commandant Tancelin et je pense que je suis moins pondérée qu’elle.
Bulles de Culture : A quel moment retrouvez-vous votre personnage ?
Clémentine Justine : Une fois que j’ai été costumée, maquillée et coiffée comme elle. Parce qu’on tourne en hiver, à Strasbourg, et donc forcément, j’ai un gros manteau et il y a dans la façon dont mon corps bouge avec ce manteau-là, quelque chose de différent.
Claire Borotra : Moi, je ne sais pas du tout. Les scènes sont écrites avec ce personnage-là, je les joue comme j’imagine que réagirait Justine et c’est tout. Il y a des rôles qui m’ont fait souffrir, comme dans Les randonneuses, où j’ai fait des cauchemars de chimio pendant des mois parce qu’il fallait imaginer que ce qui arrive à mon personnage m’arrive à moi. Mais là, dans Face à face, je suis pragmatique en fait, ça passe par l’écriture et la direction d’acteur.
Clémentine Justine : Mais ce n’est pas que je suis habitée par Claire, mais c’est que pour moi, elle existe à partir du moment où je retrouve sa façon de s’exprimer et le visuel qui va avec.
Bulles de Culture : Concernant l’évolution de vos personnages, est-ce que vous échangez avec les auteur.e.s ?
Claire Borotra : Oui, on échange autour des arches.
Clémentine Justine : Aude Marcle, qui est une des scénaristes, m’a dit que voir les précédentes saisons l’inspire sur sa façon d’écrire et qu’on nourrit son écriture parce qu’on apporte une voix, une façon de s’exprimer, un débit…
Claire Borotra : Et une fois que c’est écrit, on dit ce qu’on imagine être dans la logique de notre personnage ou pas.
Clémentine Justine : Oui et sur le plateau, on réajuste parfois quand on a l’impression que notre personnage ne pourrait pas dire une phrase comme ça. On nous laisse la liberté de le faire.
Claire Borotra : On nous fait confiance, mais il faut faire attention parce qu’on peut aussi se tromper en tant qu’acteur. On n’a qu’un petit bout de la lorgnette et on peut devenir une caricature de notre personnage. Pour moi, l’acteur n’est pas toujours le mieux placé pour dire ce qui va ou pas. C’est un travail d’équipe et c’est un important d’avoir un regard extérieur, global et sur le long terme parce que quelquefois, on peut se perdre.
“Le retour du personnage de Pascal Demolon au commissariat fait partie des moments drôles de la série”

Bulles de Culture : Un des évènements importants de cette saison est la grossesse de Vanessa…
Clémentine Justine : La série, ce sont des histoires de femmes, et la grossesse fait partie des aventures féminines. Pour Vanessa, ça va être un enjeu : est-ce qu’elle le garde ou pas ? Est-ce qu’elle a même accès à ce qu’elle veut ? Est-ce qu’elle est prête à devenir maman alors qu’elle est encore la fille de sa mère ? Cet enjeu fort a été chouette à traiter tous ensemble parce que ça a un impact sur tout le monde.
Bulles de Culture : Et il y aura aussi un grand retour en fin de saison, celui du personnage d’Alain Rameau, incarné par Pascal Demolon ? Cela devenait de plus en plus dur pour lui avant son départ en fin de saison 1…
Claire Borotra : Alain avait quand même un petit peu fauté quand même, il ne faut pas l’oublier. Mais c’est vrai qu’au bout d’un moment, il s’en prenait plein la figure. Mais en même temps, son personnage l’avait cherché.
Clémentine Justine : Et ce qui est intéressant, c’est qu’on va le retrouver face un nouvel antagoniste, le commissaire en place [NDLR : joué par Amir El Kacem], qui a un tout autre style et est d’une autre génération.
Bulles de Culture : Y a-t-il eu des scènes particulières à jouer pour vous dans cette troisième saison ?
Claire Borotra : Je me souviens d’avoir pris beaucoup de plaisir à jouer la complicité avec Kamel Belghazi [NDLR : qui joue Karim, l’ami d’enfance de Justine]. J’ai des souvenirs d’une séquence avec des pop-corn qu’on se balance et que j’ai pris beaucoup de plaisir à tourner. Moi, j’aime quand ça vit, que ça tourne, qu’on n’est pas en champ/contre-champ, qu’il ne faut pas mettre tel micro quand vous vous engueulez et que vous ne devez pas chevaucher sur ce que dit l’autre. Cela m’ennuie profondément sur un plateau. Aussi, quand on peut se parler par-dessus, que j’ai vraiment le sentiment d’être dans la vie, je prends beaucoup de plaisir à le faire.
Avec Constance Gay, ce sont les scènes à la maison, où on est toutes les deux. Les relations entre ces deux sœurs sont vraiment chouettes à raconter et à jouer. Il se passe un truc, on s’amuse, on prend du plaisir à les faire. Et j’espère que c’est ça qui passe aussi pour les téléspectateurs. On n’a pas vu tant que ça des frères et sœurs en fiction et j’adore le fait qu’elles se comportent comme des enfants de 5 ans. Ça permet à cette part d’enfance de continuer et je me dis qu’à 75 ans, elles continueront à se comporter comme quand elles en avaient 10. C’est touchant.
En tant qu’acteur, c’est très amusant de pouvoir continuer à s’engueuler, à être complètement immature, à cacher un truc derrière son dos… Ça fait partie des choses vraiment drôles à jouer.
Bulles de Culture : Et pour vous ?
Clémentine Justine : Le développement de l’amitié entre Claire Sorel et Vanessa Tancelin est intéressant. Parce que si on savait que cette amitié existait en tant que collègues qui passent beaucoup de temps ensemble, là, on la voit et c’était très agréable de la faire exister. On les voit se parler, partager des choses et elles vont même avoir un lien très fort et assez jolie. Ce sera une histoire de femmes, de sororité, mais à un autre endroit. Ce n’est pas une sororité génétique, mais d’amitié, de soutien.
J’aime aussi le retour d’Alain Rameau au commissariat, qui fait partie des moments drôles de la série. Parce que, du coup, Claire se retrouve entre deux commissaires qui ont des styles radicalement différents, et c’était très chouette à jouer.
“Je ne sais pas s’il y aura une saison 5”
Bulles de Culture : Vous avez tourné un Face à face saison 4. Y aura-t-il une saison 5 ?
Claire Borotra : Je ne sais pas, on verra. On a déjà de la chance d’avoir tourné avant d’être diffusé parce que souvent, on attend la diffusion avant la mise en production. Là, la chaîne y a cru suffisamment pour nous faire tourner sans attendre l’audimat. C’est une belle preuve de confiance.
Clémentine Justine : Parce que tous les personnages sont très attachants. Ces deux sœurs, on a envie d’être avec elles.
Claire Borotra : Et c’est vrai aussi que les enquêtes sont à hauteur humaine. Chacun de nous n’est pas entouré de psychopathes ou de meurtriers, et ça fait donc du bien de voir des problèmes de garde d’enfants…
Et ce qui est très intéressant aussi, c’est la pédagogie qui est faite autour des articles de loi. C’est quelque chose de singulier qui change un peu et qui fait qu’on comprend un peu mieux le code pénal. Enfin, nous, pendant le tournage, pas toujours (rires). J’aime bien les scènes où je donne des cours à la fac parce que ça permet de faire encore un peu plus de pédagogie autour du droit, en s’attaquant à des articles un peu plus ardus et du coup, de mieux les faire comprendre aux téléspectateurs.
En savoir plus
- Face à face saison 3 sur France 3 à partir du mardi 15 avril 2025 à 21h10
- Les saisons 1 à 3 de la série sont proposées en streaming gratuit et en replay gratuit sur France.tv
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