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(c) 2024 Jesse Hope

Critique / “Rebuilding” (2025) de Max Walker-Silverman

Dans son second long métrage, Max Walker-Silverman transpose l’incendie de la maison de sa grand-mère en une méditation sur la résilience au cœur du Colorado. Une fable contemplative où Josh O’Connor incarne avec sobriété un rancher meurtri, malgré un sentimentalisme parfois appuyé et une dramaturgie qui peine à monter en tension. La critique et l’avis de Bulles de Culture

Synopsis :

Dans l’Ouest américain, dévasté par des incendies ravageurs, Dusty (Josh O’Connor) voit son ranch anéanti par les flammes. Il trouve refuge dans un camp de fortune et commence lentement à redonner du sens à sa vie. Entouré de personnes qui, comme lui, ont tout perdu, des liens inattendus se tissent. Porté par l’espoir de renouer avec sa fille et son ex-femme, il retrouve peu à peu la volonté de tout reconstruire.

Rebuilding : quand les cendres rallument l’humanité

Avec Rebuilding, son deuxième long métrage après A Love Song (2022), Max Walker-Silverman confirme l’ancrage de son cinéma dans les paysages du Colorado. À 32 ans, ce natif des Rocheuses transforme une expérience intime – l’incendie qui ravagea la maison de sa grand-mère – en fable méditative sur la reconstruction.

Le film trouve une résonance saisissante avec les incendies récents de Los Angeles, rappelant combien les sociétés demeurent vulnérables face aux dérèglements climatiques. Le réalisateur choisit cependant d’évacuer tout discours militant pour privilégier une approche contemplative, où la beauté des liens humains supplante l’ampleur de la catastrophe.

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(c) 2024 Jesse Hope

Le cinéaste confie à Josh O’Connor le rôle de Dusty. L’acteur britannique, révélé par The Crown et récemment remarqué dans Challengers, se glisse dans la peau de ce rancher meurtri avec une sobriété saisissante. Sa retenue devient langage, rendant tangible la douleur sourde d’un homme qui n’a plus que le silence pour compagnie.

Max Walker-Silverman filme ce monde défait avec une délicatesse qui rappellent les codes du slow cinema. Les repas partagés, les silences collectifs et les gestes solidaires prennent valeur de rituels. Cette économie narrative, volontairement minimale, peut toutefois laisser sur sa faim. Le film souffre aussi d’un certain sentimentalisme, notamment dans la représentation idéalisée de la communauté de fortune. La dramaturgie reste en deçà d’une véritable montée en tension. A l’inverse, les paysages magnifiques du Colorado deviennent les témoins muets de cette reconstruction morale.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 17/12/2025
  • Distribution France : KMBO
Antoine Corte
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