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Madonna voilée de violet, assise sur une enceinte, pochette de l'album Confessions II
Madonna sur la pochette de « Confessions II », quinzième album studio de la chanteuse, paru le 3 juillet 2026. Crédit : Rafael Pavarotti / Warner Records

Critique / “Confessions II” : Madonna danse avec les loops

Vingt ans après Confessions on a Dance Floor, Madonna retrouve le producteur Stuart Price pour Confessions II, paru le 3 juillet chez Warner. Après un précédent album décevant, la reine de la pop refait appel au pouvoir du disco, qui l’avait réussi par le passé. Il faut dire qu’il opère encore une fois. La critique et l’avis de l’album de Bulles de Culture. 

Confessions II : Madonna a de la suite dans les idées, et dans les jambes

Chez Madonna, la piste de danse n’a jamais été un simple décor. C’est un refuge, autant qu’une médication. En 2005, Confessions on a Dance Floor l’avait remise sur les rails après l’accueil glacial réservé à American Life, disque mal-aimé qui demeure pourtant l’un des plus passionnants de sa carrière. En 2026, le scénario se répète presque à la virgule près. Après la désaffection du public pour Madame X (2019), objet baroque parti entre Lisbonne et Medellin, la chanteuse de 67 ans rappelle Stuart Price, artisan du premier opus, et s’administre une nouvelle cure de disco. Le titre ne s’embarrasse d’aucune fausse pudeur. Confessions II assume son statut de suite, une première en plus de quatre décennies de carrière.

Le disque se présente d’emblée comme le petit frère fier de son aîné. Dès I Feel So Free, longue montée deep house bâtie sur un échantillon du French Kiss de Lil Louis, on reconnaît aisément l’univers de Hung up avec cette voix murmurée qui donne le sentiment d’entrer dans un club dont on connaît déjà le videur. Puis les seize titres s’enchaînent en un mix continu qui ne reprend jamais vraiment son souffle. Stuart Price connaît par cœur la grammaire du dancefloor et la met tout entière au service d’une machine à danser d’une efficacité redoutable. Everything en constitue le point d’incandescence, tempo au sommet, house hoquetante qui ramène l’auditeur au centre exact de la piste, là où plus rien d’autre n’existe.

La Madone reste fidèle à ses tropismes récents. Read My Lips, duo bilingue avec le Colombien Feid porté par une guitare acoustique, détonne au milieu du flux électronique, vestige des sonorités sud-américaines de Madame X qui rompt un instant l’hypnose. L’accroc est réel, mais il rappelle utilement que cette clubbeuse-là a beaucoup voyagé. On ne boudera pas, en revanche, un plaisir légèrement chauvin. Entendre Madonna donner la réplique à Stromae sur My Sins Are My Savior, morceau crépusculaire en partie chanté en français, procure une satisfaction que la raison critique peine à tempérer. Sabrina Carpenter (Bring Your Love) et Martin Garrix (Bizarre) complètent un casting d’invités que la star a la sagesse de ne jamais laisser prendre le volant.

Car c’est bien elle qui confesse, comme le promet le titre de l’album. Sous le vernis hédoniste affleure un album étonnamment intime, où la chanteuse pleure son frère Christopher disparu en 2024 (Fragile) et tend le micro à sa fille Lourdes Leon (The Test). Le rythme effréné ne consent à ralentir qu’à l’extrême fin, notamment avec la douce L.E.S. Girl, ballade à la guitare de moins de trois minutes où la superstar redevient la gamine fauchée du Lower East Side, rouge à lèvres cerise et loyer impayé. Après une heure de transe, cette descente vaut toutes les conclusions.

Notre avis ?

Même s’il manque à l’album un single fort capable de rivaliser avec hung Up et le sample d’ABBA, Confessions II préfère la cohérence du set à l’éclat du hit, choix assumé qui pourra frustrer l’auditeur de passage. Mais on chercherait en vain, depuis vingt ans, un disque de Madonna aussi tenu et dansant. La suite égale rarement l’original. Celle-ci s’en approche suffisamment pour justifier, enfin, un retour de piste.

Antoine Corte

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