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Epicentre Films

Critique / “L’affaire Nevenka” (2024) de Icíar Bollaín

Avec “L’affaire Nevenka”, la réalisatrice espagnole Icíar Bollaín livre un film glaçant sur ce qui fut le premier procès pour harcèlement sexuel contre un homme politique en Espagne. La critique et l’avis de Bulles de Culture sur le film.

Synopsis :

À la fin des années 90, Nevenka Fernández (Mireia Oriol), est élue à 25 ans conseillère municipale auprès du maire de Ponferrada, le charismatique et populaire Ismael Alvarez (Urko Olazabal). C’est le début d’une descente aux enfers pour Nevenka, manipulée et harcelée pendant des mois par le maire. Pour s’en sortir, elle décide de dénoncer ses agissements et lui intente un procès.

L’affaire Nevenka : le premier cas #MeToo en Espagne

Débutant une carrière d’actrice à 15 ans, Icíar Bollaín n’a cessé depuis de conjuguer création artistique et engagement féministe. De “Ne dis rien” (2003) aux “Repentis” (2021), la cinéaste madrilène s’est forgée une réputation de chroniqueuse sociale incisive.

Fin des années 90, Nevenka Fernández, brillante jeune femme de 25 ans, est recrutée comme conseillère municipale par le maire charismatique de Ponferrada, Ismael Álvarez. Ce qui devait être une opportunité professionnelle se transforme rapidement en descente aux enfers. Portée par l’interprétation remarquable de Mireia Oriol, la transformation physique et psychologique de Nevenka est saisissante.

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D’une jeune femme ambitieuse et rayonnante, elle devient progressivement l’ombre d’elle-même, rongée par la peur et l’isolement. L’actrice est particulièrement saisissante dans les scènes où elle doit montrer sa frayeur face à son violeur. Son visage arrive à se tordre d’angoisse dans les moments les plus cruels.

Face à elle, Urko Olazabal compose un prédateur aussi séduisant que toxique, jonglant avec une précision effrayante entre charisme public et manipulation privée. Usant d’un récit classiquement linéaire, Iciar Bollaín réussit à transformer cette chronique sociale en un thriller psychologique.

Le film porte aussi un regard sur une société espagnole profondément patriarcale qui, dans les années 90, déconsidérait la parole des femmes. La scène du procès, reconstituée mot pour mot d’après les archives, est une criante illustration de la manière dont la justice était capable de transformer une victime en accusée

Notre avis ?

Avec “L’affaire Nevenka”, la réalisatrice Icíar Bollaín livre un film glaçant sur ce qui fut le premier procès pour harcèlement sexuel contre un homme politique en Espagne. La cinéaste transforme cette chronique sociale en un thriller psychologique.

En savoir plus :

Antoine Corte

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