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Le crépuscule et l'aube ken follett avis critique

Critique / « Le crépuscule et l’aube » (2020) de Ken Follet

Le crépuscule et l’aube de Ken Follet est le prequel du livre à succès Les Piliers de la terre. On ne présente plus l’écrivain qui est un des plus célèbres auteurs de romans dans le monde. Plus de 170 millions d’exemplaires de ses 36 livres ont été vendus dans 80 pays en 33 langues. Le plus lu reste Les Piliers de la terre, saga romanesque sur fond de construction de cathédrales au XIIe siècle publié en 1990, il y a donc plus de 30 ans. Il publie une suite Un monde sans fin en 2008 suivi d’Une colonne de feu en 2017. La critique et l’avis sur l’ouvrage. 

Cet article vous est proposé par un rédacteur-invité, le chroniqueur Gilles M..

Synopsis :

Au début du roman, nous sommes en 997 dans un petit village d’Angleterre, le port de Combe. Comme dans un générique de film, les vikings attaquent, tuent, pillent et bousculent en quelques secondes le destin de quelques familles de pauvres paysans. La famille d’Edgar, jeune homme bien sous tous rapports, précurseur en quelque sorte de Leonard de Vinci dans une version plus rurale puis de Mac Gyver, doué pour construire des bateaux, des bâtiments, des ponts, un ingénieur doué et génial avant que il n’existe des écoles pour les ingénieurs, est ruinée. Elle se voit cependant confier quelques champs difficilement exploitables dans un village voisin Dreng’s Ferry. Mais  entre l’aubergiste Dreng qui maltraite son  personnel et vole les clients, le brigand « Masque de fer»  détroussant dans la forêt voisine, la rivière voie d’accès des vikings à moins que cela ne soit des gallois hostiles, sans compter le monastère local qui tombe en ruine, l’ambiance dans le village est plutôt malsaine !
De  l’autre côté de La Manche l’unique fille du comte de Cherbourg, Ragna, une jeune femme  de bonne famille  plutôt douée et déterminée connait ses premiers émois amoureux. Elle va être emmenée en Angleterre pour se marier avec un noble de passage, Wilwulf, qui supervise le territoire ou Edgar a atterri.

Les années 1000 : une époque agitée

Quelle époque ! Il y a bien un début d’ordre social avec un roi déléguant son pouvoir localement à un shérif  mais tous deux semblent en grande partie impuissants par rapport aux nobles locaux et au clergé complices pour s’enrichir en  exploitant les paysans.

C’est donc plutôt la sauvagerie à tous les étages. Les prisonnières de guerre sont transformées en esclaves domestiques ou sexuelles, les femmes sont souvent battues ou violées, les maris bafouent leurs épouses, les querelles entre hommes se règlent par des assassinats, les condamnés sont soumis à d’atroces tortures. Aux guerres intestines s’ajoutent les menaces aux frontières nécessitant régulièrement des campagnes guerrières. Et surtout, c’est un fantastique milieu à intrigues, à machinations et à mensonges.

Le crépuscule et l’aube : des personnages emblématiques

De cette fange, Ken Follet se plait à faire émerger de belles figures éprises de justice et d’humanité mais bien sur fortement contrariées dans leurs projets d’émancipation et de progrès par tous les méchants du roman. Outre Edgar et Ragna déjà cités, mentionnons aussi Aldred un moine idéaliste, ayant de véritables convictions spirituelles dans un clergé  gangréné par l’ambition.

Du coté des méchants, le lecteur a encore plus de choix ! Dans le village, le doyen Degbert et son frère le tavernier Dreng sont licencieux, avares, cupides. A un niveau hiérarchique plus élevé, la bêtise brutale et gratuite de Wigelm, la tyrannie rusée, machiavélique de l’évêque Wynstan sont spectaculaires !   

Le savoir-faire de Ken Follett pour élaborer un page turner

Ken Follett est un maître incontesté du roman historique. Le contexte historique est particulièrement documenté. L’abondance de détails sur la vie quotidienne de l’époque facilite l’immersion du lecteur dans cette époque du haut moyen âge plutôt mal connue.

Les héros sont attachants. L’auteur n’hésite pas à nous faire partager leurs passions, leurs envies et même leurs désirs dans des scènes d’intimité.

Mais il y aussi un rythme efficace dans le roman. Les récits dans les  différents lieux s’entrelacent ménageant le suspens. La technique narrative se rattache à l’écriture du cinéma et des séries : description détaillées des scènes d’action, psychologie des personnages sans surprises et découpage s’accélérant  jusqu’au dénouement.

Chaque problème résolu, parfois par des moyens radicaux, de nouveaux événements ou conspirations imprévus surgissent, empêchant le lecteur de reprendre son souffle !  

Il faudra bien pourtant envisager un certain apaisement au bout des 850 pages. Le pont construit par Edgar rebaptise le nom du village de Dreng’s Ferry en King’s Bridge. L’action des Piliers de la terre se met en place !  

En l’an 1006, l’intelligence et le camp du bien semblent  l’emporter. Souhaitons leur bonne chance pour la suite car la route est longue ! 

 

En savoir plus  :

  • Le crépuscule et l’aube, Ken Follet, Éditeur Robert Laffont, août 2020, 1.000 pages, à partir de 24.50 euros
Bulles de Culture - Les rédacteur.rice.s invité.e.s

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