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Tom Holland en Spider-Man, costume rouge et bleu, soulevant à bout de bras un lourd disque de métal boulonné
Tom Holland dans « Spider-Man: Brand New Day », de Destin Daniel Cretton. © 2026 Sony Pictures Entertainment France SAS / Marvel

Critique / « Spider-Man: Brand New Day » : le tisseur rendu à sa rue

La critique sans spoiler de Bulles de Culture du film « Spider-Man: Brand New Day », quatrième aventure de Tom Holland en Peter Parker, réalisée par Destin Daniel Cretton et sortie en France le 29 juillet 2026. Ramené dans les rues de New York après le sortilège qui l’a effacé de toutes les mémoires, le Tisseur retrouve son échelle humaine, mais pas tout à fait sa liberté face à la mécanique Marvel.


Quatre ans après le sortilège qui l’a effacé de la mémoire de tous, Peter Parker (Tom Holland) revient seul dans un quatrième volet confié à Destin Daniel Cretton. La solitude lui réussit. La mécanique du MCU, un peu moins.

Spider-Man retrouve New York et son statut de héros de quartier

Depuis son entrée au forceps dans l’univers cinématographique Marvel, l’homme-araignée de Tom Holland avançait flanqué de tuteurs, occupé à servir un ensemble plus vaste que lui. “Spider-Man: No Way Home” avait poussé cette logique jusqu’à la commémoration, en convoquant ses prédécesseurs pour un grand salut nostalgique.

Le sortilège qui refermait le film possédait pourtant une vertu : rendre Peter Parker anonyme et le laisser nu. Destin Daniel Cretton, venu de “States of Grace” puis de “Shang-Chi et la légende des dix anneaux”, hérite de cette page blanche et prend la décision de revenir aux fondamentaux.

Il quitte les portails, les multivers et les menaces galactiques pour retrouver le bitume. Le film rend le héros à son échelle d’origine, celle du héros new yorkais par excellence entre braquages de quartier et de police qui l’appelle en renfort faute de mieux.

Il y a dans ce recentrage une évidence que l’on avait presque oubliée, tant les vingt dernières années ont enseigné aux studios que la grandeur se mesurait au nombre de mondes détruits. Les premiers Spider-Man de Sam Raimi, où Tobey Maguire cognait des voyous de rue avant d’affronter quoi que ce soit d’autre, tenaient leur charme de cette modestie de territoire. Daniel Cretton la retrouve sans citation appuyée ni clin d’œil complice.

Destin Daniel Cretton redonne du poids au corps de Spider-Man

La mise en scène en tire son plus beau bénéfice. Les séquences de voltige entre les tours sont de nouveau présentes.

La caméra s’accroche à  l’épaule de Spider-Man, glisse à l’intérieur du masque et épouse ses déséquilibres. Il en résulte des plans qui donnent réellement le vertige. L’homme araignée redevient un corps lancé dans l’espace, soumis aux chocs et à la gravité.

Destin Daniel Cretton n’a pas non plus renoncé au goût chorégraphique éprouvé sur “Shang-Chi”. Les combats tiennent de l’art martial plus que du choc de titans, avec des appuis, des ruptures de rythme et une géographie claire des corps dans l’espace.

Cette matérialité sert un récit dans lequel le héros perd progressivement le contrôle de ses pouvoirs. On comprend vite que cet affaiblissement physique est le véritable sujet du film, bien avant la menace invisible qui lui sert de moteur narratif.

Tom Holland et Zendaya face à la mélancolie de l’oubli

Reste Tom Holland, dont le visage conserve des traits juvéniles alors que le rôle exige désormais un homme. Ce décalage, qui aurait pu handicaper le film, devient son ressort le plus émouvant.

Le comédien joue moins l’adulte qu’il ne joue la fatigue de devoir le devenir. Les meilleures scènes de Spider-Man: Brand New Day le montrent démasqué, en gros plan, face à des proches qui ne le reconnaissent plus.

Les séquelles de la mort de tante May travaillent tout le film en sourdine. Après Tony Stark, elle fut le second mentor du personnage. Le film comprend que perdre deux fois la même figure ne produit pas seulement un chagrin, mais un vide : celui d’un homme qui n’a plus personne devant qui rendre des comptes.

Zendaya, dont le rôle repose entièrement sur l’absence de souvenir, donne à ces retrouvailles impossibles une gravité que le blockbuster contemporain ne cultive plus guère. Leur relation ne repose plus sur la complicité, mais sur la distance entre celui qui se souvient et celle qui ignore tout de leur histoire.

Zendaya, en chemise blanche, debout derrière Tom Holland en costume de Spider-Man assis à un établi éclairé
Zendaya et Tom Holland dans « Spider-Man: Brand New Day », de Destin Daniel Cretton. © 2026 Sony Pictures Entertainment France SAS / Marvel

Notre avis sur Spider-Man: Brand New Day : un renouveau encore prisonnier du MCU

L’ensemble aurait pu constituer un grand film intime. Le studio ne l’a pas voulu tout à fait.

Deux heures vingt-cinq, c’est le prix à payer pour loger dans la même intrigue un Punisher très en verve, un Bruce Banner de passage et une galerie d’antagonistes qui ressemble davantage à une vitrine qu’à une menace véritable.

Jon Bernthal amuse, personne n’en disconviendra. Mais son personnage passe son temps à renvoyer à des aventures vues ailleurs, sur un service de streaming, ce qui contredit frontalement le plus beau geste du film : permettre au spectateur d’entrer dans l’histoire de Spider-Man sans avoir étudié au préalable l’organigramme du MCU.

Jon Bernthal en Frank Castle ouvrant le feu avec un fusil, Tom Holland en Spider-Man courant derrière lui dans un intérieur dévasté
Jon Bernthal et Tom Holland dans « Spider-Man: Brand New Day », de Destin Daniel Cretton. © 2026 Sony Pictures Entertainment France SAS / Marvel

Le dernier tiers s’étire, multiplie les résolutions et dilue une tension patiemment construite. Quant à la mue adulte annoncée, elle s’arrête à mi-chemin. Le film se montre moins drôle que naguère sans oser pleinement la noirceur qu’il promettait, comme si le respect dû au personnage interdisait de le brusquer vraiment.

Ces réserves n’empêchent pas de mesurer ce qui fait de Spider-Man la valeur la plus sûre de Marvel. On peut n’avoir vu ni les séries, ni la moitié des films du MCU, et entrer dans celui-ci sans trop d’effort.

Les fondamentaux du personnage, la culpabilité, le quartier, la double vie et le devoir sans récompense, résistent à toutes les stratégies éditoriales qu’on lui impose.

Spider-Man: Brand New Day ne réinvente pas grand-chose, mais il rappelle, avec une élégance dont le genre s’était déshabitué, qu’un héros n’a pas besoin d’un univers entier pour exister. Une rue lui suffit.

En savoir plus :

  • Réalisation : Destin Daniel Cretton
  • Avec : Tom Holland, Zendaya, Jon Bernthal, Mark Ruffalo, Sadie Sink
  • Genre : action, aventure, fantastique
  • Durée : 2 h 25
  • Sortie française : 29 juillet 2026
  • Notre avis : 7/10

Spider-Man: Brand New Day, les questions fréquentes

Quelle est la durée de Spider-Man: Brand New Day ?

Le film dure 145 minutes, soit deux heures et vingt-cinq minutes.

Y a-t-il une scène post-générique ?

Oui, une seule, et elle arrive tout à la fin, après le défilement complet du générique technique. Aucune séquence n’est placée à mi-crédits, contrairement à l’habitude du studio.

Quelle est la date de sortie en France ?

Le film est sorti dans les salles françaises le mercredi 29 juillet 2026, distribué par Sony Pictures.

Qui a réalisé Spider-Man: Brand New Day ?

Destin Daniel Cretton, réalisateur de « States of Grace », de « La Voie de la justice » et de « Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux ». Il succède à Jon Watts, auteur des trois précédents volets.

À partir de quel âge voir le film ?

Le ton est nettement plus sombre que celui des épisodes précédents, avec un traitement frontal du deuil et quelques scènes de tension soutenue. Il convient plutôt à partir de dix ans.

Faut-il avoir vu No Way Home avant ?

Ce n’est pas indispensable, le film rappelle l’essentiel en quelques minutes. Connaître le dénouement du volet précédent, où Peter Parker disparaît de la mémoire de ses proches, éclaire toutefois sa situation de départ.

Quelle note pour Spider-Man: Brand New Day ?

Sept sur dix. Le meilleur film consacré au personnage depuis son arrivée dans l’univers Marvel, freiné par sa durée et par les obligations de franchise.

Antoine Corte

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